SYNTHÈSE

 

L’ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

 

I. L’Économie mondiale : une forte croissance mais amorce de ralentissement

 

Sur sa lancée de 2003, l’économie mondiale a connu une forte croissance en 2004 : près de 5% après 4% en 2003. Elle a encore bénéficié de la vigueur des États-unis et de l’Asie, Chine en tête. L’activité a aussi été dynamique en Amérique latine en Europe de l’Est, et en Russie. Le Japon a tiré profit de cet environnement. La Zone euro a également connu une reprise, mais modeste et tirée par les exportations.

 

Cependant, un ralentissement, certes inégal, s’est amorcé à l’été. Parmi les grands pays ou régions, il touche surtout le Japon et la zone euro, qui peinent à trouver une dynamique autonome fondée sur les créations d’emplois et la consommation. Les causes du ralentissement sont diverses : le renchérissement des matières premières, dont le pétrole bien sûr ; l’épuisement de la reprise cyclique du stockage, qui freine le commerce mondial et les productions industrielles ; les mesures adoptées par Pékin pour refroidir le crédit et l’investissement en Chine sur ce dernier point, l’année 2004 a bien mis en lumière l’influence croissante  de la Chine, liée à l’expansion vertigineuse de son commerce et à la voracité en matières premières de son développement.

 

Pétrole : nouvelles tensions

 

En 2001 les prix des hydrocarbures avaient chuté avec la nette dégradation de la conjoncture mondiale. Puis les cours se sont vivement redressés en 2002,et se sont maintenus en 2003 au-dessus de 25$ par baril, pour le Brent de la Mer du Nord. En 2004 les tensions se sont accentuées, jusqu’à un pic de plus de 50$ baril en octobre.

 

En effet, dans ce contexte de vive croissance, la demande mondiale de pétrole a été très soutenue, notamment en Chine, face à une offre quasi saturée et vulnérable. De sérieux risques ont pesé sur la production : sabotages d’oléoducs en Irak, déboires politico-financiers du géant pétrolier russe Youkos, troubles sociaux (Nigeria, Venezuela ). L’OPEP a bien tenté de limiter ces tensions en relevant ses quotas, mais sans grands effets. Heureusement, les tensions se sont un peu apaisées en fin d’année. La remontée de stocks de produits pétroliers aux États-unis a rassuré les opérateurs quant aux approvisionnements pour l’hiver. Et le baril du Brent est revenu aux environs de 40$.

  

II. L’Activité économique dans les principaux pays industrialisés

 

AUX ÉTATS-UNIS 

 

Après dix ans de forte croissance, l’économie américaine avait nettement ralenti fin 2000, pour basculer dans la récession au 2ème semestre 2001. En 2002, elle a connu un rebond éphémère. Plus vigoureuse, la reprise de 2003 s’est confirmée en 2004 : en moyenne annuelle, le PIB a progressé de 4,4% après 3% l’année précédente.

 

La consommation est restée soutenue, encore dopée en début d’année par des allégements fiscaux puis par une nouvelle baisse, préoccupante, du taux d’épargne. Par ailleurs, la construction résidentielle a conservé une bonne, dynamique, grâce à la faiblesse des taux d’intérêt. De leur côté, les entreprises ont poursuivi simultanément leurs efforts d’investissement et l’assainissement de leur situation financière. En fin d’année, les enquêtes d’activités sont restées bien orientées tant dans les services que dans l’industrie. En revanche, si le marché du travail s’est enfin amélioré en 2004, il a tout de même déçu. Les créations d’emplois ont été bien moins fortes que ne le laissait présager la vigueur de la croissance. Enfin et heureusement, malgré la flambée du prix du pétrole, l’inflation est restée sous contrôle, permettant à la Réserve de remonter ses taux directeurs à un rythme modéré.

 

Dans la Zone Euro      

 

Zone euro : une croissance modeste et encore fragile

 

En chute depuis 2000, la croissance de la zone euro s’est enfin redressée en 2004 : +1,8% après +0,5% en 2003. Mais après un bon au 1er semestre, elle a faibli à l’été. Tirée surtout par l’extérieur, la reprise a souffert du renchérissement du pétrole et du ralentissement des exportations, accentué par la hausse de l’euro. En fin d’année, les enquêtes d’activité n’annonçaient qu’une croissance encore molle. Faute d’un redémarrage de la demande intérieure, l’Allemagne a été particulièrement touchée par l’essoufflement du moteur externe. En France en revanche, la consommation a été plus dynamique que prévu. Au total, le PIB a progressé de 2,1% dans l’Hexagone; et de 1,8% seulement en Allemagne. Le handicap majeur pour la zone euro est que l’emploi peine encore à redémarrer, d’où une progression limitée des revenus et de la consommation et une persistance du chômage qui pèse sur la confiance des ménages. Quant à l’investissement des entreprises, il n’a renoué que modestement avec la croissance en 2004.

 

Du côté des prix, avec l’envolée du cours du pétrole, l’inflation a campé au-dessus du plafond de 2% fixé par la BCE. Cependant, l’inflation sous-jacente n’a pas dérapé, l’effet inflationniste du pétrole n’ayant guère contaminé les prix finaux et encore moins les salaires.    

 

L’ÉVOLUTION DE L’ÉCONOMIE NATIONALE

 

Le taux de croissance réel du PIB   au cours de l’année 2004 est estimé à 3,2%  contre un taux de 3,5% réalisé en 2003.

 

Ce léger  fléchissement s’explique par la baisse enregistrée dans le secteur de transports et notamment le trafic portuaire qui a connu dans l’ensemble un recul de 19% de ses activités.

 

A cela, s’ajoute un taux d’inflation qui a atteint 3% en 2004, alors que  les années antérieures ce taux ne dépassait guère le seuil de 2%.

 

De manière succincte, les évolutions sectorielles de l’économie nationale en 2004 par rapport à l’année dernière se présentent comme suit :

 

ü      La chaîne de transports marquée par le recul de l’activité portuaire

 

·        le trafic portuaire a enregistré dans l’ensemble une baisse en volume de 19% suite à la diminution du trafic à l’entrée (-15%) qui représente à lui seul plus de 85% des activités du port.

 

·         Le transport aérien a par contre connu des résultats satisfaisants notamment dans les mouvements d’avions (+10%) et le trafic de passagers (+17%). Cependant  le fret a diminué de 20% au cours de cette période.

 

·        Le trafic du chemin de fer Djibouto-éthiopien continue de subir une contre performance dans ses activités puisqu’il accuse une baisse de 25% dans les marchandises et 68% dans le transport des passagers.

 

·        Avec un total de 120 657 mouvements de camions, le transport routier entre Djibouti et l’Ethiopie connaît un recul de 6%.

  

ü     Le secteur de la production

 

La production d’eau courante de l’ONED est restée quasiment stable (-0,1%), tandis que la production d’énergie électrique de l’EDD a enregistré une hausse de 4,3%. Par ailleurs, ces deux entreprises publiques ont vu leur consommation facturée progresser respectivement de 3% et de 9% au cours de cette année.

 

ü      La création d’activités et l’emploi

 

Avec 393 activités nouvelles, la création d’activités a progressé de 43% alors que la cessation a chuté de 88% au cours la même période.

 

Quant au marché de l’emploi, on note une création de 883 emplois contre 817 suppressions, soit une création nette de 66 emplois.

  

ü     L’inflation et la masse monétaire

 

Le niveau général des prix  mesuré par l’indice des prix la consommation a augmenté de 3,1% en 2004 contre 1,8% en 2003. cette hausse s’explique par l’effet conjugué du renchérissement de l’Euro par rapport au dollar américain et la flambée du prix de pétrole sur le marché mondial.

 

La masse monétaire totale qui se situe à 92, 673 milliards FD s’est accrue de 13% en un an. Cette hausse a pour origine la progression de la monnaie fiduciaire (+11%),des dépôts à vue en franc djiboutien (+10%) et des dépôts en devises (+28%). Les contreparties de la masse monétaire ont été marquées par la hausse (habituelle) des avoirs extérieurs des banques commerciales (+27%) et une très faible hausse du crédit intérieur (+ 1,3%).

 

 ü     Le budget de l’État

 

Sur le plan budgétaire, les recettes totales encaissées ont connu une hausse de 10,8% et les dépenses totales réalisées ont progressé de 10,2%.

 

 Le solde budgétaire base engagement (recettes totales moins dépenses totales) accuse un déficit qui s’établit à 2,129 milliards FD (1,8%du PIB), par contre le solde budgétaire intérieur (recettes intérieures diminuées des dépenses courantes) dégage un excédent de 2,986 milliards FD, lequel est en hausse de 82% comparé à celui de l’année 2003.