LA GESTION DE LA DETTE

1) la dette directe de l’État

 

          a)  Remboursement du service de la dette extérieure et intérieure

 

En 2004, l’État a régulièrement remboursé les échéances courantes et a même pris en charge certains arriérés de l’année précédente et des échéances de certains établissements publics. Ainsi, l’État a réglé pour le compte de l’ONED les échéances de la BAD pour un montant de 94 millions de FD. Il a également réglé l’intégralité des échéances de la dette de l’Aéroport de Djibouti vis-à-vis du FSD, du Fonds Abu-Dhabi et du Koweït pour un montant total de 237 millions de FD.

 

Le tableau ci-dessous ventile ces paiements en FD par débiteurs et par créanciers :

 

 

 

L’ Aéroport

 

                 En FD

Créancier

Échéance

Principal

Intérêt

Total

 

 

 

 

 

 

30/06/2004

67 872 000

4 978 800

72 850 800

FSD

31/12/2004

67 872 000

4 372 214

72 244 214

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

01/01/2004

30 798 000

7 783 800

38 581 800

KFAED

01/07/2004

30 798 000

6 652 200

37 450 200

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Abu Dhabi

30/04/2004

0

1 182 000

1 182 000

 

30/06/2004

15 446 400

3 849 600

19 296 000

TOTAL

 

212 786 400

24 446 400

237 232 800

 

 

 

 

 

 

 

L’ONED

 

 

Créancier

Échéance

Principal

Intérêt

Total

 

 

 

 

 

 

BAD

01/01/2004

23 222 981

16 359 573

39 582 554

 

01/07/2004

38 421 858

16 272 668

54 694 526

TOTAL

 

61 644 839

32 632 241

94 277 081

 

Ceci traduit une grande performance de l’État en matière de remboursement de la dette publique extérieure.

 

En effet, au titre des amortissements des échéances courantes de l’État, le Service a mandaté un cumul de 724 187 837 FD sur une projection initiale de 743 491 540 FD. Au chapitre des intérêts courants, le mandatement a concerné un cumul de 357 820 630 FD sur une prévision d’environ 415 533 490 FD.

 

 

          2) Évolution du service de la dette

                           

                   a) le service de la dette extérieure

 

Le service de la dette (amortissement + intérêts) a enregistré un taux de croissance de 18% de 2003 à 2004 en passant de 915 Millions  à 1085 millions FD. Cette croissance s’explique par trois facteurs principaux.

 

Premièrement, de nouveaux prêts dont les intérêts et les commissions courent immédiatement après la signature et les premiers décaissements ont été contractés. Deuxièmement, des engagements (accords) des années antérieures ont vu la période de grâce (différée d’amortissement) arriver à terme, les amortissements de ces prêts sont entrés en maturité. Enfin pour d’autres, les montants des amortissements sont devenus plus conséquents. En effet, certains accords prescrivent un amortissement sur la base d’un pourcentage de l’engagement jusqu’à une certaine période  et sur la base de 3% au-delà. C’est le cas des prêts BAD dont la maturité a atteint sa vitesse de croisière.  

 

 

La baisse du service de la dette des bailleurs bilatéraux, avec une baisse de 10% de 2003 à 2004 en passant de 241 à 215 millions FD, s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs. Dans l’ensemble, Djibouti n’a pas contracté de nouveaux prêts bilatéraux. L’encours des anciens prêts bilatéraux diminue et par conséquent les intérêts décroissent. Toutefois, l’Etat a contracté en 2002 un emprunt sans intérêt garanti par la Chine pour l’acquisition d’un scanner de conteneurs, l’incidence financière de ce dernier prêt est absorbée par la tendance générale de fléchissement de cette catégorie de dette. 

                                                                        

En outre, deux emprunts contractés auprès du Fonds Saoudien, respectivement destinés aux projets de forage de points d’eau en milieu rural et à l’Education Nationale, ne sont pas encore entrés en maturité, n’entraînant pas ainsi de charges financières.

 

Enfin, le prêt de l’Iran pour le financement d’un complexe parlementaire et d’un centre commercial n’a encore pas fait l’objet de décaissement alors que le projet de cimenterie à Ali-Sabieh financé par un prêt contracté auprès de l’Inde (10 M $US) a déjà démarré.

 

  

Pour la dette multilatérale, on note une tendance à la hausse du service de la dette. Ainsi, les charges des emprunts sont passées de 674 millions FD en 2003 à 867 millions FD en 2004, soit une croissance de 29%. Les principaux créanciers en 2004 sont l’IDA et la BAD avec respectivement 44% et 38% du montant total des mandats suivi de loin par la BID (12%) et l’OPEP (4%).

 

   

b) Le service de la dette intérieure

 

            En 2002, l’Etat a contracté un prêt auprès du Port dont le service annuel s’élève à environ 48 millions FD en 2002 et environ 96 millions FD pour les années suivantes. En 2003, les intérêts d’un premier prêt BCI et d’un prêt BIS ont commencé à courir. Ce qui explique une tendance à la hausse du service de la dette intérieure de 2002 à 2003 de l’ordre de 850%.

           

En 2004, l’Etat a totalement amorti le prêt BIS mais a contracté un nouveau prêt  auprès de la BCI-MR. Ce qui tend à expliquer la hausse de 16% du service de la dette intérieure de 2003 à 2004. Les prêts contractés auprès des établissements bancaires sont des prêts de court terme destinés à combler le déficit de trésorerie.

 

Le service de la dette intérieure pour 2004 totalise un montant de 530 604 986 FD ventilé comme suit :

 

Créancier

Principal

Intérêt

Total

BCI MR

337 159 533

97 326 423

434 485 956

PORT

96 119 030

0

96 119 030

         

 

          2) La dette avalisée

 

Il s’agit des prêts contractés par les établissements publics ou parapublics directement auprès des bailleurs (multilatéraux/bilatéraux) et garantie par l’État. L’État s’engage à honorer les échéances du prêt si l’organisme public fait défaut.

 

a) Remboursement du service de la dette

 

Le total du service de la dette des établissements publics pour l’exercice 2004 s’est élevé à 2 335 035 527 FD dont 1 915 617 498 FD en amortissement et 419 418 028 FD en intérêt. Grâce aux efforts financiers conjugués de l’État et des Établissements Publics concernés, un règlement périodique des échéances a été assuré.

 

Néanmoins, on enregistre au 31/12/2004 un montant en arriérés de 196 716 911 FD, correspondant aux échéances de juin et décembre 2004 du prêt du Fonds Saoudien à la charge de la SID. Toutefois, une demande de rééchelonnement de ce prêt est introduite auprès de ce bailleur, laquelle demande a eu un accord de principe du Fonds.

 

b) Évolution du service de la dette

 

Le service de la dette des établissements publics a connu une légère hausse de 6% de 2003 à 2004 en passant de 2,2 Milliards FD à 2,33 Milliards FD. Cette hausse est due essentiellement au commencement du paiement des intérêts des prêts contractés par l’EDD et la SID. En effet, l’EDD  a contracté un nouveau prêt auprès du FADES et la SID auprès du Fonds de Abou Dhabi. Ces deux nouveaux emprunts sont destinés à financer respectivement l’acquisition de nouveaux groupes électrogènes pour la centrale de Boualos et la construction de mille logements sociaux (cité Hodane).

 

Les principaux créanciers sont des bailleurs bilatéraux tels que l’Italie (27%), le Koweit (26%) et l’Arabie saoudite (19%), suivi de loin par les bailleurs multilatéraux FADES (6%), FAD (5%). Ainsi, contrairement au service de la dette directe, le service de la dette avalisée est en majeure partie (80%) à destination des bailleurs bilatéraux.