I - L’EXPLOITATION DU SEL DU LAC ASSAL

 

I - Présentation et caractéristiques du sel du Lac Assal

 

La salinité du Lac Assal est de 35g/litre soit 10 fois plus que la teneur en sel de la mer Rouge. Le Lac présente une partie solide, la banquise, d’une superficie de 52 km2 avec une épaisseur maximale de 60 m, et une partie saumure de 54 km2 de surface avec une profondeur qui peut atteindre jusqu’à 40 m.

 

Le Lac recèle  trois caractéristiques de sel : la saumure, la banquise et le sel cristallisé de forme cubique. Les éléments organiques nécessaires pour le sel de cuisine à savoir le sodium (Na) et le chlore (Cl) sont présents dans la banquise  à 98% du poids et dans le sel cristallisé à 99 %.

 

 II – La production et la commercialisation du sel

 

1.    La production

 

L’exploitation à grande échelle du Lac a commencé il y a quatre ans suite au conflit entre l’Ethiopie et l’Erythrée pour satisfaire la demande de l’Ethiopie.

 

L’exploitation du sel est passée d’une production artisanale à une production semi-industrielle. Au départ, 24 sociétés ont émergé sur ce marché (avec des licences provisoires) mais seules 13 sociétés exploitent régulièrement le Lac dont quatre grandes sociétés qui s’accaparent 90 % de l’exploitation.

 

Ces sociétés disposent des moyens de production tels que des bulldozers, des camions, des hangars, des machines à coudre pour ensacher. Il s’agit de :

 

-         Sté de sel de Djibouti (production moyenne 40000 tonnes/ an)

 

-         Sté Saline de Djibouti (production moyenne 16000 tonnes / an)

 

-         Sté d’exploitation du Lac (production moyenne 37000 tonnes / an)

 

-         Sté Moussa Ali (production moyenne annuelle 20000 tonnes / an) 

 

Actuellement, le seul client important de Djibouti reste l’Ethiopie avec des besoins en sel estimés à 250 000 tonnes par an. L’usage qui en est fait est divers (cuisine, tannerie, industrie,…).

 

 L’évolution de la production de ces industries extractives  a permis de créer environ 2000 emplois par an.

 

Par ailleurs l’exploitation du sel a permis l’implantation des petits commerces et des familles à proximité du site, ce qui constitue des retombées sociologiques non négligeables.

 

2.    La commercialisation

 

La tonne de sel (sous forme des sacs de 50 Kg) se vendait à 50 dollars en 1998. La concurrence et le maque d’organisation des sociétés ont fait chuter le prix actuellement à 24 dollars la tonne.

 

Les producteurs du sel supportent la redevance d’exploitation du sel qui s’élève à 500 FD par tonne dont 100 FD seraient reversés au Ministère de l’Energie et de Ressources Minières 

 

        Au bout de quatre ans l’investissement dans le secteur est resté faible, notamment à cause des petites entreprises qui investissent très peu et qui n’hésitent pas à baisser les prix car elles ne supportent pas des charges fixes. Cette situation empêche les grandes sociétés à investir. 

 

Cependant une réglementation s’impose (décret en cours) afin d’organiser ce marché et permettre aux grandes sociétés d’acquérir des moyens appropriés à la  production du sel allant du lavage au conditionnement du produit.

 

3 - La compétitivité du sel djiboutien

 

Les principaux pays exportateurs du sel vers l’Ethiopie sont :

 

·        le Yémen : l’Ethiopie importe du sel iodé du Yémen au prix de 48 dollars la tonne, donc n’est pas compétitif par rapport au sel djiboutien.

 

·        l’Erythrée : Il reste un concurrent sérieux si les relations unissant les deux pays se normalisent. La concentration du sel à Djibouti est plus forte, et les coûts d’extraction faibles. Cependant le sel djiboutien devra rester compétitif notamment en diminuant le coût de la main d’œuvre par rapport à celui de l’Erythrée.

 

·        L’Inde et la Jordanie exportent vers l’Ethiopie mais dans une moindre mesure. 

 

III – Contraintes et avantages du sel du Lac Assal

 

   1 – Les contraintes

 

Le sel djiboutien tel qu’il est n’est pas adapté à la consommation puisqu’il est récupéré sur la banquise qui n’est pas épargnée des déchets. En outre ce sel n’est pas iodé et il est mal conditionné, il est actuellement utilisé dans le domaine industriel.

 

Vu le manque de traitement et de conditionnement, ce sel ne peut être exporté vers les pays européens.

 

Par ailleurs des contraintes d’ordre environnementales subsistent :

 

-         coexistence des activités différentes sur la même zone (tourisme et exploitation du sel)

 

-         Manque d’eau et d’électricité

 

-         Manque des besoins élémentaires pour les travailleurs : eau potable, sanitaires,…

 

-         Manque de cadre juridique spécifique qui  régit le secteur 

 

2 – L’analyse coûts et avantages

 

a ) Pour les producteurs

 

Avantages

 

Coûts

 

-Salinité importante du Lac

-Coûts d’extraction plus faibles

-Guerre entre Ethiopie-Erythrée

-Reconstitution de sel à hauteur de 6 millions de tonnes / an.

 

 

 

-Investissements importants nécessaires

-Coûts de transport élevés

-Recherche de nouveaux marchés

-Respect de l’environnement

-Formation du personnel

-Accès à l’eau et l’électricité

-Accès au financement

  

b ) Pour l’Etat

 

Avantages

 

Coûts

 

-Rentrées des devises

-Collecte de redevances

-Création d’emplois

 

-Construction d’infrastructures sanitaires

-Branchements eau et électricité

-Mise en place d’une réglementation

-Encourager l’investissement

 

 

  

Extraction du sel du Lac Assal par société

                    

                                                                                            en tonnes

N° permis

Nom de la Société

1999

2000

2001

2002

1

Sté sel de Djibouti

35 751

33 038

43 873

52 233

2

Sté Saline de Djibouti

21 347

16 698

19 322

10 148

3

Sté du Lac

32 792

37 603

41 531

38 220

4

 Sté Ardoukoba-Née

11 378

6 500

 

2 250

5

Sce Djib-Salt

4 627

 

95

 

6

Cop de sel de Djibouti

206

1 636

5 904

 

7

Sté Moussa Ali

12 862

9 071

24 129

34 247

8

Sté Mahad

2 598

4 899

2 751

5 849

10

Sté Kalou

5 316

5 130

11 366

3 309

12

Sté Read Sea

 

2 328

558

 

13

Sté National de sel

 

148

 

 

16

Sté Mont Garbi

323

2 516

1 278

4 025

21

Sce Zecca Prefabrication

 

2 800

 

 

22

Sté Promotion Minière

85

779

 

745

23

Sté Mont Goda

 

12 689

12 182

5 000

24

Sté Général de sel

 

99

10 111

2 953

-

Oumouna

 

 

 

3 284

 

Total général en tonne

127 283

135 933

173 100

162 263

 

Exportations en millions FD

543,7

580,7

739,5

693,2

 

Redevances en millions FD

63, 6

68

86,5

81,1

 

Source : Ministère de l’Energie et des Ressources minières. 

 

 

   La production du sel au cours du 1er trimestre 2003 

 

 

1er trimestre 2001

1er trimestre 2002

1er trimestre 2003

 

Production en tonnes

Redevance

En FD

Production en tonnes

Redevance

En FD

Production en tonnes

Redevance

En FD

Ste. Sel de Djibouti

14 935

7 467 700

-

-

-

-

Ste Saline de Djibouti

4 356

2 178 100

911

455 500

1 249

624 500

Ste. Du Lac Assal

13 534

6 766 775

-

-

6 184

3 092 000

Ste. Ardoukoba-Née

-

-

967

483 500

-

-

Cop. Sel de Djibouti

3 841

1 920 725

-

-

-

-

Ste. Moussa Ali

4 105

2 052 500

9 692

4 846 000

8 111

4 055 500

Ste. Mahad

654

327 000

373

186 500

3 897

1 948 500

Ste. Kalou

3 164

1 582 225

120

60 000

1 031

515 500

Ste. Read Sea

518

259 000

-

-

-

-

Ste. Mont Garbi

-

-

2 363

1 181 500

-

-

Ste. Mont Goda

5 747

2 873 375

-

-

3 917

1 958 500

Ste. Générale de Sel

1 701

850 250

2 452

1 226 000

-

-

Ste. d'Exploitation du Sel

-

-

6 444

3 222 000

12 767

6 383 500

Ste. d'Exploitation du Lac

-

-

4 849

2 424 500

-

-

Ste. Promotion Minier

-

-

183

91 500

-

-

Ste. Oumouna

-

-

-

-

1 705

852 500

 

 

 

 

 

 

 

Total

52 555

26 277 650

28 354

14 177 000

38 861

19 430 500

  

La production de sel au cours du premier trimestre 2003 s’est élevée à   38 861 tonnes alors que celle du 1er trimestre 2002 s’est établie à 28 354 tonnes, soit une hausse annuelle de 37%.

 

Les entreprises ont extrait 49 370 tonnes de sel au 4ème trimestre 2002, soit une baisse de 21,3% sur une période de 3 mois. Cette situation pourrait s’explique par l’irrégularité de la présence des différentes sociétés sur le site.