REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
P
ÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTIÉtablissement d'Enseignement Supérieur
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I
NSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI
Collection "Études de métiers"
TRANSPORT CÔTIER
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- SOMMAIRE -
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I. DEFINITION DE LA PROFESSION ................................................
II. LE MARCHE ..................................................................................
III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................
IV. EXPLOITATION ...........................................................................
V. REGLEMENTATION .....................................................................
VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL .....................................................
CONCLUSION .................................................................................. |
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I. DEFINITION DE LA PROFESSION
A) Activités
Un transporteur est un prestataire de service (personne physique ou morale) qui s’engage à assurer le transport d’un point à un autre de biens ou personnes, moyennant contrepartie financière, selon un contrat, explicite ou non.
Le transport côtier, visé dans cette étude, est le transport maritime de personnes. On ne s'intéressera donc pas ici au transport de marchandises, qui utilise parfois les mêmes moyens de transport (notamment dans le cas de bagages accompagnés).
Par ailleurs, sur le plan géographique, on se limitera au transport à l’intérieur de la République de Djibouti, et plus précisément au transport qui a pour point de départ ou d'arrivée le port de l'Escale.
D'une façon générale, à Djibouti, ce transport côtier de personnes est assuré par trois grands types de bateaux :
- la vedette
- le boutre,
- le bac
B) Aptitudes
Elles sont diverses :
Compétences commerciales et de gestion (organisation, planning des rotations)
Compétences techniques de pilotage (permis de conduire), de mécanique et d’entretien
Compétences en matière de communication (accueil, vente)
Sens des responsabilités en matière de sécurité et capacité de réaction rapide et positive en cas de problèmes
Fondamentalement, pour faire ce métier, il faut aimer et bien connaître la mer, ce qui ne peut s'improviser.
II. LE MARCHE
la demande
1. Typologies
a) les besoins :
Il existe deux grandes catégories de demande : l'une est stable, pouvant faire l'objet de lignes régulières, l'autre est occasionnelle et donc irrégulière.b) La clientèle : De façon classique, on distingue la clientèle touristique de la clientèle professionnelle.
Le tableau suivant résume ces classifications, ainsi que les destinations :
|
BESOINS |
CLIENTELE |
DESTINATION |
|
Transport Régulier |
principalement locale et professionnelle |
- Tadjourah - Obock |
|
Transport à la demande |
- touristique
- professionnelle (missions…) |
- Tout site ou destination touristique, Tadjourah, Obock, Sables Blancs, 7 Frères, Goubet, toute plage des îles Musha et Maskali - Tadjourah et Obock |
La vitalité du secteur dépend donc principalement :
de la fluctuation de la demande en transport touristique vers les principaux sites de Djibouti. Cette demande concerne d'abord la clientèle expatriée résidant à Djibouti, clientèle relativement stable.
de l’augmentation des besoins de transport de la population de Tadjourah et d’Obock, liés aux efforts de développement de ces districts.
de son positionnement comme concurrent du transport routier : on constate une augmentation importante de la demande de transport passagers en vedette pour des raisons professionnelles, par exemple des missions d'une journée à Tadjourah et Obock, évitant ainsi un long transport par la route.
2. Variations saisonnières :
De façon générale, le transport côtier est en baisse d’activité de juin à septembre car cette période présente des particularités climatiques plus rudes rendant le transport plus dangereux et difficile. D’autre part, les mois d’été correspondent à une période de vacances ralentissant certaines activités professionnelles et réduisant de ce fait les besoins en transport régulier de certaines clientèles. Beaucoup d’expatriés quittant Djibouti pendant la saison chaude, on assiste également à une baisse durant cette période.
On constate donc que :
Le bac et les boutres, moins rapides et plus stables continuent à fonctionner normalement.
Les vedettes sont plus touchées, à la fois par les conditions de navigation et la baisse de la demande touristique
Par ailleurs, comme pour la pêche, la navigation est parfois impossible, la mer étant trop démontée, réduisant et perturbant ainsi l'activité.
B) L’OFFRE :
1. Les moyens de transport
Trois types de bateaux se partagent le marché du transport côtier :
Les vedettes (15 à 40 personnes)
Les boutres (de 35 à 80 personnes)
Le bac (80 personnes + véhicules ou totalité en passagers)
NB : Ne sont cités ici que ceux qui sont en règle avec les Affaires Maritimes.
a) Les vedettes
|
SOCIÉTÉ OU NOM DU PROPRIÉTAIRE |
CONTACT |
EMBARCATIONS |
CAPACITÉ |
|
DOLPHIN |
35 03 13 |
Corto Maltese |
15 |
|
Chaparpas |
19 |
||
|
KASSED AL KARIM |
Escale |
Même nom |
25 |
|
LA HAIFA |
Escale |
Même nom |
20 |
|
LA SIRENE |
35 54 05 |
La Sirène de l’Escale |
35 |
|
La Sirène d’Obock |
15 |
||
|
LES SABLES BLANCS |
35 45 20 |
Sables Blancs 1 |
35 |
|
Sables Blancs 2 |
35 |
||
|
SOCIETE MARITIME DU NORD |
35 35.11 |
Les 7 Frères 1 |
35 |
|
Les 7 Frères 2 |
45 |
||
|
YOUSSOUF TRAVEL |
35 15 14 34 02 39 (portable) |
Ville d’Obock 1 |
35 |
|
Ville d’Obock 2 |
20 |
Seules la Société Maritime de Nord, Dolphin et la Société Touristique des Sables Blancs sont enregistrées en tant que sociétés, les autres entreprises sont donc des entreprises individuelles.
Notons la situation particulière de Monsieur Palandri dont le bateau circule sous le statut de navigation de plaisance tout en pratiquant des activités commerciales de transport et de dépose de plongée sous-marine..
b) Les boutres
Autrefois à voile et aujourd'hui motorisés, les boutres sont d'origine yéménite. Les savoir-faire se perdent à Djibouti pour la construction et l'entretien. Cependant, un boutre a été construit récemment (2000) à Tadjourah par des Yéménites avec l'aide d'artisans djiboutiens et des élèves du Collège technique de la Mission catholique.
Le tableau indique la capacité maximale passagers, sans transport conjoint de marchandises :
|
NOM DU PROPRIÉTAIRE |
CONTACT |
NUMÉROS D’IMMATRICULATION |
CAPACITÉ PASSAGERS |
|
ALBARAKA (Abdou Kamil) |
35 37 53 |
DJ 062 B |
60 |
|
AL MAIMOUN |
42 40 31 |
DJ 010 B |
80 |
|
FATHA AL KHAIR |
35 48 19 (Abdallah) |
DJ 001 B |
80 |
|
KALMAAMIS 2 |
|
DJ 058 B |
60 |
|
LOUBATALE |
DJ 009 B |
70 |
|
|
DJ 006 B |
70 |
||
|
SAHALA 2000 |
|
DJ 027 B |
65 |
Nota : La capacité en nombre de passagers indiquée dans le tableau est la capacité officiellement autorisée.
c) Le bac
|
SOCIÉTÉ |
PROPRIÉTAIRE |
CONTACT |
NOM DU BAC |
CAPACITÉ |
|
PORT AUTONO- ME DE DJIBOUTI |
Etat djiboutien |
35 23 31 |
Bac de l’Unité |
300 à 400 (sans marchandise) |
2. Transport côtier et produits touristiques
Le produit de base de cette étude (transport régulier ou la demande) se limite au seul transport de passagers de point à point.
On constate néanmoins que le transport côtier est très souvent l’une des composantes de produits touristiques complexes, incluant des prestations d’hébergement, de restauration, des visites :
Campements de bord de mer : Sables Blancs et Ambabo
Campements du nord : Dittilou, Bankoualé, Randa
Prestations du Sheraton Beach Club sur l’île Moucha
Restauration et visites dans le cadre de sorties maritimes d’une journée.
D'autres, comme Dolphin, mettent le bateau à disposition de clients pour des prestations complémentaires gratuites (plongée en apnée) ou payantes (plongée avec bouteilles, ski nautique...).
3. Les prix
Les prix indiqués dans les tableaux suivants indiquent les seuls prix de transport :
a) Vedettes
Transport régulier :
On ne peut parler de transport régulier que pour les ports de Tadjourah et Obock qui sont desservis selon un planning horaire relativement régulier. Seule la société de la Sirène de l’Escale exploite la ligne régulière deux fois par semaine, les mercredi et dimanche (départ vers 12 h 00 de Djibouti et retour dans l’après-midi).
Les vedettes des 7 Frères, compte tenu de l’augmentation du prix du carburant, ont cessé leur activité de transport régulier.
|
DESTINATIONS |
DISTANCES |
PRIX PAR PERSONNE (ALLER) |
|
Djibouti - Tadjourah |
40 km |
1 000 DJF |
|
Djibouti - Obock |
50 km |
1 000 DJF |
Tous les passagers (nationaux, résidents expatriés et touristes) paient le même prix.
Transport à la demande :
Il semble actuellement l’activité la plus développée. L’augmentation du prix de l’essence (septembre 2000) ne semble pas avoir été répercutée sur les prix par tous les propriétaires de vedettes :
|
DESTINATIONS |
DISTANCES |
PRIX PAR PERSONNE (ALLER RETOUR) |
|
Djibouti - Tadjourah |
40 km |
4 000 à 4 500 |
|
Djibouti - Obock |
50 km |
5 000 à 5 500 |
|
Djibouti – Les Iles |
20 km |
3 000 à 3 500 |
|
Djibouti – Sables Blancs |
35 km |
4 000 à 4 500 |
|
Djibouti - Goubet |
80 km |
6 000 |
Le coefficient de remplissage minimal requis semble tourner autour de 40 % et 60% selon les capacités et les transporteurs.
b) Boutres
Transport régulier :
AL BARAKA (DJ 062B) assure du transport régulier de personnes couplé avec du transport de marchandises :
Samedi : Djibouti Tadjourah
Jeudi : Djibouti – Obock
FATHA AL KHAIR assure tous les vendredis un départ à 09 h 00 de l’Escale à destination des îles. Retour dans l’après-midi.
|
DESTINATIONS |
DISTANCES |
PRIX PAR PERSONNE (ALLER) |
|
Djibouti - Tadjourah |
40 km |
500 DJF |
|
Djibouti - Obock |
50 km |
600 DJF |
|
Djibouti – les îles |
20 km |
1 500 à 2 500 (aller retour) |
Transport à la demande :
Tous les boutres assurent du transport de groupes à la demande. FATHA AL KHAIR a un contrat permanent de transport pour le Club de Plongée des FFDJ, les samedi et dimanche.
c) Bac
Transport régulier :
Le bac assure des services réguliers à jours et horaires fixes au départ de l’Escale.
Le PAID n'envisage pas actuellement le doublement du bac, l'actuel suffisant aux besoins de Tadjourah et Obock.
|
DESTINATIONS |
JOURS |
PRIX |
PRIX PAR VÉHICULE |
|
|
aller |
tourisme |
tout terrain |
||
|
Djibouti-Tadjourah |
Samedi - jeudi |
600 DJF |
2 500 |
4 500 |
|
Djibouti - Obock |
Dimanche - mercredi |
600 DJF |
2 500 |
4 500 |
Transport à la demande :
Le Port offre la possibilité de louer la totalité du bac pour un transport sur Tadjourah et Obock : le prix est de 200 000 DJF la traversée. Cependant, cette prestation est rarement demandée.
4. La concurrence
Prix
Qualité / sécurité :
Notons que les FFDJ ont en interne leurs propres vedettes pour le transport des personnes ; par exemple, le service Loisirs du DA 188 propose aux militaires français et leurs familles des rotations sur les îles tous les week-end.
Enfin, beaucoup d'entreprises relèvent du secteur informel et ne sont pas en règle au regard de toute la réglementation de la profession. On peut considérer qu'il a alors concurrence déloyale.
III. LES MOYENS DE PRODUCTION
A) Les ressources humaines
1. L'organisation
Pour les vedettes, les fonctions et postes de travail sont les suivants :
La navigation :
- Le pilote : c’est le plus qualifié, il doit posséder un permis de conduire bateau.
- Le co-pilote assiste le pilote pendant la traversée et veille aux manoeuvres lors du départ et à l’arrivée.
- Le gardien doit garder et surveiller le bateau pendant la nuit.
L’accueil et la vente :
Sont assurés par le pilote et le co-pilote : encaissement du montant des passages, installation des passagers et des bagages, distribution des gilets de sauvetage.
Pour les boutres, la réservation et la gestion sont en général assurées par le propriétaire ; le pilote n'a pas nécessairement de permis et est aidé par un équipage pus nombreux.
Pour le bac, le personnel dépend du PAID : 1 pilote, 2 matelots et 3 mécaniciens ; 2 employés affectés à la réservation et l'émission des billets.
2. Le recrutement
L’expérience professionnelle (connaissance du milieu marin) est demandée. Les employés et les apprentis sont en majorité des étrangers (éthiopiens) recrutés en raison de leurs faibles exigences salariales. Les propriétaires régularisent la situation des employés et financent éventuellement l'obtention du permis de conduire.
B) Les matériels de transport
1. Les coques
La suppression des entrepôts fictifs en avril 1999 fait que Djibouti n'offre plus la possibilité de stocks de matériels. L'acheteur a, de ce fait, deux possibilités :
- faire appel à un importateur (Marill en général),
- se rendre à Dubaï pour négocier directement son achat sur place.
On observe aussi un certain marché de l’occasion, commun avec le marché de la plaisance.
2. Les moteurs
|
PUISSANCE |
PRIX (DJF) |
|
Moteur 200 chevaux |
6 000 000 DJF |
|
Moteur 150 chevaux |
3 500 000 DJF |
|
Moteur 25 chevaux |
600 000 DJF |
La marque la plus courante est YAMAHA (Établissements Marill). La concentration sur cette marque facilite l'approvisionnement en pièces de rechange.
3. Autres matériels
- radio : non obligatoire, la plupart des vedettes en sont équipées,
- GPS : "global positioning system",
- gilets de sauvetage,
- accastillage : Marill-Plaisance et Technopro détiennent ce marché.
La taxe à l’importation (TIC) est de 33%. Tous les importateurs d’équipements neufs utilisent l’exemption de taxe sur 5 ans prévue par le Code des investis-sements.
C) Les équipements portuaires
Seules Djibouti-ville, Tadjourah et Obock offrent des équipements portuaires permettant l’embarquement et le débarquement des passagers à quai pour les vedettes, les boutres et le bac.
Djibouti-ville
Les ports de Tadjourah et Obock
Toutes les autres destinations (plages en général) ne présentent aucun équipement.
Les boutres, compte tenu de leur tirant d’eau, ne peuvent s’approcher des plages. Embarquement et débarquement se font au moyen d’une échelle pour accéder à une petite barque permettant de se rapprocher de la côte
Les vedettes, selon la marée, peuvent s’approcher plus ou moins près du bord de la plage. Elles ne peuvent proposer à leurs passagers que de sortir de la vedette en sautant soit sur la plage, soit dans l’eau (profondeurs variées selon la marée).
IV. EXPLOITATION
A) Chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires est très variable et se situe, d’après l’enquête réalisée, dans les fourchettes suivantes, par semaine :
|
TYPE DE BATEAU |
CHIFFRE D'AFFAIRES |
|
Vedettes. |
80 000 à 150 000 DJF |
|
Boutres |
100 000 à 200 000 DJF |
|
Bac. |
20 000 à 300 000 DJF |
Le chiffre d’affaires est proportionnel à la capacité du moyen de transport et à son taux de remplissage. Il varie selon les lignes exploitées et la densité de la clientèle. Comme dit plus haut, l’état de la vedette joue un rôle important : les vedettes neuves attirent plus de clients.
Nous avons déjà mentionné le caractère saisonnier de l'activité avec une baisse du chiffre d’affaires en été et les grandes vacances scolaires.
Par ailleurs, pour les vedettes, l'essentiel du chiffre d’affaires est assuré le week end.
B) Charges :
Carburant
La consommation est évidemment fonction du volume d’activité et représente la part la plus importante des charges.
Voici la consommation de carburant pour les boutres et les vedettes aller/retour :
|
DESTINATIONS |
CONSOMMATION (A/R) en Litre |
COÛT DU CARBURANT |
KILOME-TRAGE |
|||
|
|
Boutre |
Vedette |
Boutre |
Vedette |
|
|
|
Djibouti-Tadjourah |
140 |
200 |
12 880 |
36 000 |
40 |
|
|
Djibouti-Obock |
160 |
300 |
14 720 |
54 000 |
50 |
|
|
Djibouti-Sables Blancs |
120 |
200 |
11 040 |
36 000 |
35 |
|
|
Djibouti-Moucha/Maskali |
100 |
150 |
9 200 |
27 000 |
20 |
|
|
Djibouti-Goubet |
180 |
300 |
16 560 |
54 000 |
70 |
|
|
Djibouti-7 Frères |
220 |
500 |
20 240 |
90 000 |
80 |
|
Prix au litre : 92 DJF pour le gazole (boutre) et 180 DJF pour l'essence (vedette).
Entretien
Plusieurs ateliers se partagent le marché de l'entretien et des réparations des moteurs : Ahmed Awad, Marill, Palandri, François Nautic, Hamdi (Roberto), Bleu marine. Pièces de rechange, nettoyages, vidange sont estimées par les pilotes à au moins 20 000 DJF par mois.
Assurance
Les coûts annuels de l’assurance varient avec les différentes compagnies (Assurance Générale de France et Ethiopian Insurance Corporation sont les principaux assureurs dans ce secteur), avec la nature des risques couverts, la puissance fiscale de la vedette et évidemment le nombre des places offertes :
vedette de (15 places) : 250 000DJF
vedette de (40 places) : 400 000DJF
Charges portuaires
Contrairement aux abonnés du Club Nautique, boutres et vedettes ne paient aucune redevance au PAID pour l’anneau et le stationnement à L’Escale ou dans tout autre port.
Charges de personnel
Le pilote salarié : il touche un salaire mensuel de 60 000 à 80 000 DJF
Le co-pilote : il touche 1 500 DJF par jour
Le gardien : il touche un salaire mensuel de 15 000 DJF et il bénéficie de 1 000 DJF par embarcation.
Impôts et taxes
Voir ci-dessous : réglementation
Les charges exceptionnelles
Il s’agit des amendes lors des contrôles de la Gendarmerie Maritime. La taxation varie selon les vedettes et les boutres plus ou moins en règle : (assurance, permis de conduire pour les vedettes), vignettes et surcharges pour les boutres et vedettes, conformité et nombre des gilets de sauvetage.
V. REGLEMENTATION
A) Immatriculation
Boutres et vedettes doivent êtres immatriculés. Voici les éléments nécessaires pour constituer le dossier :
facture d’achat
pièce d’identité
statuts société
attestation paiement contributions
contrat d’assurance
Les Affaires Maritimes délivrent alors une autorisation de navigation sur laquelle figurent le nombre de places autorisé, les caractéristiques de la coque (longueur, largeur) et du(es) moteur(s) (marque, puissance, série, carburant).
Les boutres portent une immatriculation (DJ + numéro +B), les vedettes portent un nom.
B) Permis de conduire
Il est délivré à la suite d’un examen ayant lieu tous les premiers dimanches de chaque mois :
Conditions d’inscription : pièce d’identité, certificat médical, formulaire d’inscription.
Natures des épreuves :
Épreuves écrites : (une heure) questions concernant la navigation (balises, chenal, feux…), la législation (environnement, règles de fonctionnement, de sécurité). Si admissibilité : Épreuves pratiques de navigation au départ de l’Escale, d'une durée de 20 à 25 minutes, sur le bateau du candidat ou sur celui d'un autre.
Coût : timbre de 5 000 DJF.
Le jury est présidé par le directeur des Affaires maritimes, il se compose d’une commission nommée sur décision du même directeur.
Formation : aucune formation n’est organisée officiellement par les Affaires Maritimes. Toute formation pratique et théorique est assurée à titre privé. La formation théorique est assurée par des fonctionnaires des Affaires Maritimes, mais à titre privé. Trois fonctionnaires se partagent cette tâche.
C) Exploitation
Visite technique : elle est obligatoire chaque année en présence du propriétaire. Elle valide chaque année le rôle d’équipage. Sur présentation du renouvellement du contrat d’assurance.
Titre de transport
Tarifs
Capitainerie
D) Fiscalité
Dès le début de leur activité, les propriétaires payent la patente, sauf dans le cas d’exemption pendant les cinq premières années de fonctionnement (Code des Investissements). La patente se calcule comme suit :
- au titre du droit fixe : une taxe déterminée de 50 000 DJF et une taxe variable de 300 DJF par place,
- au titre du droit proportionnel : 20 % de la valeur locative des locaux.
Les vedettes payent une taxe calculée sur la puissance du moteur, 700 DJF par cheval, au titre de la vignette.
La visite technique annuelle est obligatoire et est assurée par le Affaires Maritimes, elle est taxée à 6 000 DJF.
VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL
A) Tutelle
Le Ministère des Transports et des Télécommunications, par le biais de la Direction des Affaires Maritimes a ce secteur en charge C'est donc lui qui élabore et contrôle la réglementation spécifique décrite plus haut.
B) Organisation syndicale
Il n’existe aucune organisation professionnelle, mais les transporteurs disent souhaiter créer un syndicat. Il est évident qu’un syndicat leur permettrait d’acquérir un réel label de qualité et de pouvoir discuter avec les autorités de problèmes tels que l’augmentation du coût du carburant (obtention de détaxe).
CONCLUSION
La concurrence est relativement faible dans ce secteur du transport côtier et il existe des opportunités de création d’entreprise, ce qui développerait également les activités annexes (entretien, réparation, gardiennage).
La rentabilité d'une affaire de transport côtier dépend du nombre et de la fréquence des rotations effectuées. Les embarcations sont en permanence sous-employées et tout ce qui peut accroître l'activité est favorable :
Choisir une vedette
Contractualiser
Communiquer
Gérer efficacement
Enfin, à plus long terme,
Protéger la nature
Cette étude a été réalisée avec la collaboration de
Ahmed Daoud Omar et Fatouma Mohamed Farahet
le financement de l'Office National du Tourisme de Djibouti.