REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTI
Établissement d'Enseignement Supérieur
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INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTICollection "Études de métiers"
CAMPEMENT________________________________________________________________________________________
- SOMMAIRE -
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I. DEFINITION DE LA PROFESSION ...............................................
II. LE MARCHE .................................................................................
III. LES MOYENS DE PRODUCTION................................................
IV. EXPLOITATION ..........................................................................
V. REGLEMENTATION.....................................................................
VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL ....................................................
CONCLUSION .................................................................................. |
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I - DEFINITION DE LA PROFESSION
A) Activités
Il s’agit d’une offre d’hébergements touristiques, situés en brousse, en montagne et en zone littorale. Leur construction est en général traditionnelle. Nous nous intéresserons dans cette étude aux types d’hébergement communément appelés campements, gîtes et abris de camping.
Tentons d’abord de définir ces termes :
Un campement touristique est une entreprise commerciale privée proposant des services d’hébergement et de restauration ainsi que des activités liées à l’environnement dans lequel il est situé (mer, montagne ou brousse).
Un gîte est également un hébergement commercial touristique, situé dans un environnement caractérisé, mais où seuls sont fournis les services d’hébergement avec éventuellement des aménagements permettant de faire la cuisine. On distingue deux sortes de gîtes, le gîte d’étape destiné à servir d’abri à des voyageurs ou randonneurs le temps d’une nuit et le gîte de séjour utilisé par des personnes pour un week end ou plus.
Un abri de camping, appelé aussi " faré ", est une installation provisoire donc démontable à tout moment, construite dans des zones précisées, située en bord de mer et louée à l’année à des particuliers.
Les campements sont des entreprises privées, alors que les gites et les abris de camping sont à Djibouti des structures sous le contrôle de l’Office National du Tourisme de Djibouti (ONTD). Les gîtes sont actuellement fermés, mais l’ONTD a des projets de réouverture. Les abris ne relèvent pas du secteur commercial, sauf pour la location du terrain.
Cette étude sera donc particulièrement centrée sur les campements.
B) Aptitudes
Les types de services offerts étant variés, les aptitudes le sont aussi :
Communication (accueil, information) et commercialisation,
Techniques d’hébergement (réservation, entretien, respect hygième et propreté) et de restauration (cuisine et service),
Gestion, comptabilité,
Guidage : connaissance du terrain et du pays, des sites, de la faune et la flore, des traditions et capacité à les exprimer.
II. LE MARCHE
La demande
Les besoins
L’utilisation des campements, gîtes et abris de camping relève, à Djibouti, de types de tourisme liés à trois espaces naturels : la montagne, la brousse et la mer. Les besoins de sortir de chez soi sont liés à la culture des loisirs et sont très variés :
découverte en brousse et en montagne : déplacements (4x4, randonnées pédestres, caravane de sel), besoin de fraîcheur, d’authentique,
pratique de sports liés à la mer : sports de plage, sports nautiques, plongée sous-marine (apnée et bouteilles), farniente.
Les attractions possibles, recherchées selon les centres d’intérêts et les sensibilités, dans les zones où se trouvent les campements sont très riches :
paysages et curiosités géologiques (montagnes, lacs, volcans, chutes, déserts….),
faune et flore terrestres et fonds sous-marins,
arts et traditions populaires ,
patrimoine architectural, traditionnel de brousse, gravures rupestres.
Typologie de la clientèle
La clientèle des campements :
Les clients qui pratiquent ces types de tourisme et qui fréquentent ces hébergements sont :
les expatriés et les étrangers qui résident à Djibouti, militaires français en majeure partie et civils, européens et nord américains.
les touristes en provenance de l’étranger, par l’intermédaire de voyagistes, les individuels et ceux qui rendent visite à leur famille.
On constate que cette clientèle se déplace plutôt en groupe qu’individuellement.
La population djiboutienne même aisée n’est que très rarement adepte de ce genre d’activités. Elle a souvent une attache dans une ville ou un village de l’intérieur et n’ a pas le goût de la découverte d’autres régions de son propre pays. Il est vrai aussi que la majorité des Djiboutiens ne peut se permettre financièrement de passer des week-end dans les campements. On constate, néanmoins, que les Djiboutiens consommateurs de ce type de services, sont en général des personnes ayant fait des études à l’étranger et qui se rendent dans les campements en compagnie d’expatriés.
La clientèle des abris de camping :
Elle est essentiellement d’origine expatriée résidente à Djibouti. On trouve cependant quelques Djiboutiens aisés qui en possèdent.
La fréquentation :
Les propriétaires de campements ne semblent pas tenir de réelles statistiques de fréquentation. Les variations de la fréquentation peuvent s’analyser comme suit :
les week-end
deux saisons
Une des grandes contraintes reste l’autorisation d’accès aux différents sites.
Au début de la création des campements dans les années 85, la fréquentation a été normale selon les critères ci-dessus. De 1990 à 1994, arrêt total de l’activité à cause de la guerre civile dans le Nord. La reprise, à partir de 1995, a été à nouveau interrompue en 1998 par les problèmes de sécurité dans le Nord, qui ont eu pour conséquence l’interdiction par les autorités françaises de la fréquentation de la zone du nord par leurs ressortissants. Si l’on observe une reprise pour les civils à partir de 1999, les militaires français stationnés à Dijbouti ne sont toujours pas autorisés à se rendre dans le Nord ; par contre les campements du Sud leur sont ouverts.
On constate aussi une baisse de fréquentation des expatriés depuis la baisse marquée des monnaies européennes par rapport au franc djiboutien (1998), baisse qui a entamé leur pouvoir d’achat.
B) L'offre
1. Le potentiel touristique
Le Plan stratégique pour le développement du tourisme à Djibouti (OMT/PNUD) met l'accent sur un tourisme axé sur toutes les richesses naturelles et culturelles du pays et liées à l’écotourisme :
a) Les sites naturels à découvrir (dépressions inondables et littoral, îles, steppes et zones désertiques, montagnes et hauts plateaux) sont nombreux et de toute beauté, sans oublier les sites archéologiques (gravures rupestres, tumulus, villages préhistoriques, fossiles).
b) Pour découvrir les richesses géologiques, de nombreux circuits sont possibles, à condition d’être bien équipé en véhicule tout terrain : circuit du rift Assal-Ghoubet, dépression de Sakalol, horst d’Ali Sabieh, Trois frontières, lac Abbé, déserts du Hanle et Gaggade, Moussa Ali, plateau de Dahla et toute la zone côtière de la Mer Rouge…
c) A Djibouti, plusieurs zones représentatives de la biodiversité mondiale ont une très grande valeur d'attraction pour les amateurs d’écotourisme :
- la forêt du Day pour la faune et la flore de montagne,
- le lac Abbé et Allol pour la faune et la flore des zones humides,
- Doumeira, Ras Syan et les Sept Frères pour son avifaune,
- Douda près de Djibouti pour son avifaune,
- Godoria, Khor Angar et les îles Musha et Maskali pour les mangroves,
- Les Sept Frères, le Ghoubet et les îles Mùsha et Maskali pour les récifs coralliens et les tombants.
d) Plus précisément, la biodiversité marine à Djibouti est aussi d’une extrême richesse, comme l’indique le tableau ci-dessous :
LA BIODIVERSITÉ MARINE À DJIBOUTI
|
Récifs coralliens |
Plus de 80 espèces de madréoporaires hermatypiques |
|
Faune ichtyologique |
192 espèces répertoriées récemment, 140 espèces de poissons récifaux |
|
Tortues |
Tortue verte, tortue caret |
|
Conchyliologie |
Espèces nombreuses - au moins 35 espèces de porcelaine |
|
Mammifères |
11 espèces de cétacés, y compris le dugong |
Source : Plan d'action nationale pour l'environnement - PANE - 1998
e) Sites aménageables
: Sur les 372 km de côtes que compte Djibouti, un certain nombre de sites ont été identifiés pour recevoir des investissements touristiques pouvant intégrer d’éventuelles créations de campements.LES SITES À AMÉNAGER
|
Sites |
Accessibilité |
Plage |
Plongée débutant |
Plongée confirmé |
Surface aménageable |
|
Khor Ambado |
xxx |
xx |
x |
- |
5 ha |
|
Les 3 plages |
|
xx |
xx |
- |
3 ha |
|
Ghoubet |
xxx |
xx |
xxx |
xxx |
3 ha |
|
Sables blancs |
xxx |
xxx |
xxx |
- |
4 ha |
|
Khor Angar |
- |
xxx |
xxx |
xxx |
4 ha |
|
7 Frères |
- |
- |
- |
xxx |
- |
|
Musha/Maskali |
xx |
x |
xx |
xx |
- |
Source : Plan stratégique pour le développement du tourisme, vol.1 - Bilan et orientations - 02/1999
2. Les entreprises et leur localisation
Les campements
Les premiers campements touristiques ont été ont été construits dans les années 80. Comme on l’a souligné plus haut, leur activité s’est trouvée arrêtée de 90 à 94. On a constaté un fort développement depuis la fin de la guerre, malheureusement ralenti par une nouvelle longue période d’insécurité dans le Nord.
Le tableau page suivante liste par ordre alphabétique tous les campements, au nombre de douze, de la République de Djibouti.
Comme le montre la carte ci-après (page 8), les campements sont localisés dans deux zones précises :
Région de Tadjourah : Monts Goda/Forêt du Day et bord de mer (6)
Région du lac Abbé (3)
Les autres sont situés dans des zones plus isolées (3) : Goubet A Kharab, région d’Obock et d’Ali Sabieh.
LISTE DES CAMPEMENTS
|
NOMS |
ZONE |
LOCALISATION |
RESPONSABLE |
CONTACT |
|
AMBABO |
District de Tadjourah En bord de mer |
Kalaf |
Ali Aboubaker |
35-76.75 |
|
AS BOLÉ |
District de Dikhil En brousse (au bord du lac Abbé) |
Lac Abbé |
Ougouré Hassan |
35-11-99 |
|
ASSAMO |
District d’Ali Sabieh En montagne |
Ali Sabieh |
Daher |
35-13-11 |
|
BANKOUALÉ |
District de Tadjourah En montagne |
Bankoualé |
Houmed |
35-41-15 |
|
CAMPEMENT DE LA CHUTE DE LA MARIÉE |
District de Tadjourah En montagne |
Randa |
Houmed |
35-41-15 |
|
CAMPEMENT DE TOHA |
District de Tadjourah En montagne |
Monts Goda |
Abakari |
35-47-64 |
|
DANKALELO |
District de Dikhil En bord de mer |
Plage du Goubet |
Gadid |
35-10-03 |
|
DITTILOU |
District de Tadjourah En montagne |
Monts Goda |
Baraguoyta |
35-66-18 |
|
GODORIA |
District d’Obock En bord de mer |
Obock |
Idriss Ahmed |
|
|
KATOUNBATEH |
District de Dikhil A la sortie d’As Eyla |
As Eyla |
Ahmed Ali |
35 03 17 |
|
KOUTABOUYA |
District de Dikhil En brousse |
Entre As Eyla et lac Abbé |
Gadid |
35-10-03 |
|
LES SABLES BLANCS |
District de Tadjourah En bord de mer |
Tadjourah |
Omar Houssein |
35-45-20 42-41-30 |
b) Les gîtes
Les premiers gîtes sont apparus en 1974 à Djibouti et sont gérés par l’Office National du Tourisme à Djibouti (ONTD). Il ne fonctionnent plus depuis quelques années et il n’en reste plus que trois qui seraient à réhabiliter :
|
ZONE |
NOMS |
LOCALISATION |
|
District de Dikhil |
As Eyla |
Lac Abbé |
|
District d’Ali Sabieh |
Ali Sabieh |
Ali Sabieh |
|
District de Djibouti |
Plage d’Arta |
Arta |
L’ONTD a l’intention de réactiver ces gîtes :
Celui d’Ali Sabieh serait attribué à Jeunesse et Sports, pour abriter des entraînements d’équipes nationales.
Celui d’As Eyla devrait être mis en gérance avec un contrat de 3 ans. Les travaux seraient assurés par le gérant, pas de loyer pendant 6 mois.
LOCALISATION DES CAMPEMENTS ET GITES
|
CAMPEMENTS |
GITES | |
|
1. Assamo 2. Katounbateh 3. Koutabouya 4. As Bole 5. Dankalelo 6. Ambabo |
7. Sables Blancs 8. Dittilou 9. Toha 10. Bankoualé 11. Chute de la Mariée 12. Godoria |
|
Les prestations
a) Les prestations de base
- hébergement, restauration
- services de guidage pour randonnée, sorties et circuits, soit au départ de Djibouti, soit au départ du campement.
b) Prestations complémentaires :
transport : certains campements proposent le transport en 4x4 ou en minibus ainsi que la traversée en bac jusqu’à Tadjoura ;
animation : soirées danses et chants traditionnels,
promenades à dos de chameau et en barque,
sorties de plongée, fourniture de matériels de plongée et de pêche,
vente d’objets artisanaux (vannerie), vente de fruits, légumes et miel produits dans les jardins du Nord.
c) Inventaire des prestations offertes
Cet inventaire est présenté ci-après sous forme de tableau récapitulatif.
Remarque sémantique : La plupart de ces campements se trouvant en pays afar, le mot " daboïta " et non " toukoul " (mot d’origine asiatique introduit par les Français) sera utilisé dans le tableau suivant pour signaler un abri traditionnel. Le mot " paillote " sera utilisé pour toute construction circulaire dont la base est en bois ou en pierre et le toit couvert de palmes de palmier doum.
PRESTATIONS DES CAMPEMENTS
|
CAMPEMENTS |
HEBERGEMENT |
RESTAURATION |
ACTIVITES/SERVICES | |
|
Types |
Nbre lits | |||
|
AMBABO |
10 paillottes Douche Toilettes |
30 |
1 restaurant 30 places |
Découverte de la palmeraie Baignade et plongée Pêche de nuit en bord de mer Soirée animation |
|
AS BOLE |
Daboïtas Paillottes 2 douches 2 WC |
40 |
1 restaurant 40 à 60 places |
Visite guidée lac Abbé Promenades à dos de chameau Location de 4x4 avec chauffeur Soirée animation |
|
ASSAMO |
Non opérationnel actuellement (paillotes) | |||
|
BANKOUALE |
3 daboïta 13 paillottes |
80 |
2 restaurants 120 places |
Randonnées à pied (1 à plusieurs jours) Animation Possibilité de location de 4x4 (à la journée) Vente de miel (projet en cours de réalisation) |
|
CAMPEMENT DE LA CHUTE DE LA MARIEE |
8 daboïta 1 douche 1WC |
40 |
1 restaurant 40 places |
Randonnées à pied (un à plusieurs jours) Animation Possibilité de location de 4x4 |
|
CAMPEMENT FAMILIAL DE TOHA |
2 paillottes 1 douche 1 WC |
8 |
8 à 10 personnes repas pris avec la famille |
Randonnées à pied Possibilité de caravane |
|
DANKALELO |
16 daboïta 2 douches 2WC |
80 |
1 restaurant 100 places |
Visite du lac Assal, Goubet Promenade en mer |
|
DITTILOU |
20 paillottes douches 3 WC |
60 |
3 restaurants 60 à 100 places |
Randonnées circuits " verts " Possibilité de caravane Soirée animation |
|
GODORIA |
Non opérationnel actuellement (paillottes) | |||
|
KATOUNBATE |
8 Pailottes 5 daboïta 1 Douche 1 WC |
60 |
1 restaurant 100 places |
Visite guidée lac Abbé, Assa Koma, plateau de Dakha Promenade à dos de chameau Soirée animation |
|
KOUTABOUYA |
28 paillotes 2 douches 2 WC |
80 |
1 restaurant 120 places |
Visite guidée lac Abbé, Promenade à dos de chameau Soirée animation |
|
SABLES BLANCS |
8 paillotes 4 douches 4 WC |
120 |
Repas pris dans les paillottes 120 repas |
Transport navette depuis Djibouti Baignade, Jeux de plage Plongée Animation enfants (environnement) |
Les prix
Les tarifs sont pratiquement identiques dans tous les campements. Ils semblent avoir été fixés par un des premiers propriétaires de campement et on constate que chaque nouveau propriétaire s’aligne sur ces tarifs à quelques exceptions près.
Les prix de base en DJF par personne sont les suivants :
|
TYPE DE SERVICE |
PRIX |
REMARQUES |
|
Hébergement |
2 000 |
Toit, lit, draps et couvertures + douche et WC |
|
Repas (déjeuner ou dîner) |
2 000 |
Trois plats Eau incluse |
|
Petit déjeuner |
1 000 |
Boisson chaude, galette traditionnelle, miel |
|
Service d’un guide (journée) |
1 000 |
Au départ du campement |
Remarques :
- Pour quelques campements les prix de repas vont jusqu’à 3000 DJF (pour les mêmes prestations).
- Les prestations d’animation (chants et danses) sont, selon le cas, gratuites ou payantes (300 à 500 DJF par personne).
- Les campements du Sud (région du lac Abbé) imposent l’utilisation des services d’un guide de la région au départ de Djibouti ou de Dikhil (5000 DJF par jour pour le groupe).
- Certains campements du Nord et du Sud proposent des tarifs de location de 4x4 avec chauffeur :
20 000 à 25 000 DJF pour la journée pour certains campements du nord au départ de Tadjourah.
40 000 à 45 000 DJF la journée au départ de Djibouti pour le Nord ou la région du lac Abbé.
- Des formules forfaitaires de un à plusieurs jours sont parfois proposées. Dans ce cas les propriétaires adoptent le système du prix global.
5. La communication :
Certains de ces campements font de la publicité sous deux formes :
Dépliants distribués soit directement à la clientèle, soit par des agences de voyages (campement des Sables Blancs, Ambabo, Koutabouya, Bankoualé)
Affiches dans les lieux communément fréquentés par la clientèle dominante.
L’affichage est néanmoins peu utilisé et on constate que la publicité se fait beaucoup de bouche à oreille. Aucun de ces campements ne possède son propre site internet, ni n’est présenté dans un site à vocation touristique.
6. La concurrence :
Il n’existe pas de concurrence liée à la localisation (Nord par rapport au Sud). Par contre, entre campements de même zone et de même activité, on peut observer une certaine concurrence qui va jouer sur l’accueil et la qualité des services puisque tous les prix pratiqués sont quasiment identiques.
On constate qu’il existe une clientèle attirée par les types de tourisme définis plus haut mais qui ne fait pas appel aux campements. Il s’agit des amateurs de bivouac. Cette formule est proposée par une agence de voyages (AECVETA) et par les clubs Loisirs des Forces Françaises Stationnées à Djibouti (FFDJ), par exemple le " Club Nomado " du DA 188. Pour ce type de sorties, un certain auto-équipement est nécessaire. Les moyens de transport sont personnels (nécessité de 4x4) et le matériel de cuisine, de literie et les tentes sont mis à la disposition des participants.
III. LES MOYENS DE PRODUCTION
A) Ressources humaines.
1. Organisation
L’effectif du personnel est très fluctuant et dépendra du nombre de clients à accueillir et de la taille du campement. Les emplois sont variés et liés à chacun des services : le gérant qui en général assure l’accueil, le personnel d’entretien et de service, le personnel de cuisine et de ravitaillement, les guides. Quatre à dix personnes travaillent en moyenne dans un campement. Le gérant, le personnel de cuisine, de ravitaillement, de même que les guides sont djiboutiens, le personnel d’entretien souvent éthiopien (dans le nord en particulier).
Le personnel djiboutien est toujours d’origine familiale ou tribale.
Le travail à temps partiel (principalement le week-end) est fréquemment utilisé pour s’adapter à la demande.
Le chef d’entreprise exerce souvent d’autres fonctions parallèlement à la gestion de son entreprise : fonctionnaire, enseignant, commerçant, agent de voyages etc. L’activité est alors considérée comme un complément qui fait vivre la famille.
2. Rémunération
Le personnel est peu qualifié et la plupart du temps non instruit. La famille n’est en général pas rémunérée. Si elle l’est, le salaire est de 200 à 500 DJF par week end. Les salaires sont de l’ordre de 5 000 DJF par mois ou 200 DJF par jour pour le personnel d’entretien. Ces salaires très faibles s’expliquent en partie par les avantages en nature : le personnel est nourri et logé.
Le personnel n’est en général pas déclaré à l’OPS.
B) Locaux et équipements
1. Le site et son aménagement
Dans les campements, la surface peut avoisiner le demi-hectare, les gîtes ont en moyenne 200 m² de surface, tandis que pour les abris de camping, l’ONTD fixe leur surface à 100 m² .
En pays afar, le droit au sol relève du droit coutumier et les campements existants ont tous été construits par des promoteurs sur le territoire de leur tribu.
Un campement se divise en général en trois zones :
Parties communes réservées à l’accueil, à la restauration (grande(s) case(s) pour les repas) et l’animation,
La zone d’hébergement, toujours de type traditionnel, composée selon le campement d’un certain nombre de daboïtas ou de paillottes ainsi que les blocs sanitaires (douches et toilettes),
Parties utilitaires : cuisine et bâtiments de stockage et d’entretien, logement du personnel, groupe électrogène.
Tous les campements ont adopté la construction traditionnelle, daboïta et la paillote. Le coût de la construction d’un daboïta peut s’évaluer à environ 25 000 à 30 000 DJF. Les matériaux se trouvent localement (palmier doum, bois). La moitié du coût correspond à la création des tresses et le reste se répartit entre la construction et la recherche des matériaux. Les femmes assurent la construction et la fabrication des tresses, les hommes la recherche des matériaux.
Notons au campement de Dittilou la construction récente de maisons traditionnelles de type tadjourien dites " tagorri ari " : construction rectangulaire, avec utilisation du bois de génévrier et des palmes de palmiers dattiers.
2. Les équipements
hébergement :
|
MATERIEL DE COUCHAGE |
PRIX MOYEN |
|
Sommier nomade (4 places) |
7 000 |
|
Matelas mousse |
2 200 |
|
Drap |
1 000 |
|
Couverture |
8 000 |
|
Oreiller |
1 000 |
|
Moustiquaire (Indispensable zone lac Abbé) |
1 000 |
restaurant : mobilier tables et chaises, couverts, vaisselle,
cuisine : matériel de préparation, matériel de cuisine, matériel de plonge, éventuellement réfrigérateur.
groupe électrogène pour la production d’électricité. Un seul campement (Bankoualé) utilise l’énergie solaire.
Pour ce qui est du coût global d’installation, d’après notre enquête, on constate qu’avec un budget d’environ 350 000 DJF on peut créer un campement composé de quatre daboïta (4 personnes par daboïta), d’une cuisine, d’un restaurant, d’une douche et d’un WC et de tout le matériel de couchage, de cuisine et de restauration nécessaire.
IV. EXPLOITATION.
Chiffres d’affaires
Nombre de clients
Il est difficle à apréhender, peu de gérants tenant des statistiques et il est surtout très variable selon les campements.
On constate que le campement des Sables Blancs a été le plus fréquenté ces dernières années, avec 2 000 à 2 500 clients par an et ce pour plusieurs raisons : il est le campement le mieux équipé du bord de mer, son site naturel est particulièrement intéressant pour la plongée sous-marine (tombant remarquable) et son accès par la mer n’a pas été touché par les interdictions dont il est fait mention plus haut.
Les campements de Dittilou et Bankoualé qui ont le meilleur taux de fréquentation du nord (plus de 2 000 clients par an) ont vu leur clientèle de résidents militaires et civils chuter depuis deux années.
Les campements du sud Koutabouya, As Bolé et Katounbateh ont eu une fréquentation régulière néanmoins faible. En effet, leur utilisation est liée essentiellement à la visite du lac Abbé.
Les autres campements ont des taux de fréquentation très faibles. Assamo (Trois Frontières) et Godoria (Obock) ne sont pas entretenus et donc non opérationnels. Ils ont été gênés eux aussi dans leur développement par des interdictions d’accès dans leurs zones pour raisons de sécurité.
2. Estimation d’un chiffre d’affaires moyen
Sur la base de 30 week-end et de 35 jours de vacances scolaires par an, on obtient un taux de fréquentation maximal de 25 % (pour la plupart ce taux est plutôt de l’ordre de 10 %).
A ce taux déjà faible de jours d’utilisation des campements, s’ajoute un taux de remplissage qui ne dépasse pas en moyenne 40 % de la capacité d’hébergement.
On a alors, en tenant compte d’une dépense moyenne de 6 000 DJF par personne, un chiffre d’affaires annuel d’environ et 9 millions DJF pour un campement d’une capacité de 40 personnes. Encore un fois, il s’agit d’une hypothèse haute.
B) Charges.
Du fait de leur éloignement des centres urbains, certaines charges sont élevées :
L’eau
L’électricité
Les matières consommables
L’accès au campement
La rentabilité des campements est donc surtout assurée par le caractère dérisoire du coût de la main d’œuvre et les prix relativement élevés demandés aux clients.
C) Gestion
1. Réservation
Les modes de réservation diffèrent selon les campements :
La plupart des campements assure directement ses réservations à un numéro de téléphone privé.
Réservation par l’agence de voyages propriétaire du campement : La Caravane de Sel pour Dittilou,
Certains campements donnent leur offre en réservation exclusive à des agences de voyages : le Goubet pour les Sables Blancs
Certains campement, tout en assurant une réservation directe au numéro direct du propriétaire, peuvent également se réserver par des agences de voyages : Goubet et AECVETA pour les campements de Bankoualé et de la Chute de la Mariée.
N.B : dans les deux derniers cas, des commisssions sont rétrocédées aux agences de voyages.
2. Conditions de paiement
Les paiements se font en espèces ou par chèque essentiellement en DJF. Néanmoins les chèques et les espèces en monnaies étrangères peuvent être acceptés.
Tous les campements demandent des arrhes de 20% à la réservation et le solde au moment de la consommation du service.
Les conditions d’annulation prévoient le remboursement des arrhes si annulation plus de 48 heures avant le départ. Pas de remboursement dans les 48 heures. Les conditions d’annulation semblent négociables.
V. REGLEMENTATION.
Autorisations
Pour les campements
Mais en pratique, toutes les entreprises sont des entreprises individuelles qui relèvent du secteur informel, sauf les campements des Sables Blancs (SARL), de Dittilou (agence de voyage " Caravane du sel ") et d’Ambabo (activité d’une coopérative).
Le régime foncier relève du droit afar. Tout campement, dès que l’acquisation du terrain est réglée, se construit sans normes particulières. On note que les premiers campements construits avec les conseils de spécialistes français de l’écotourisme servent en général de modèle.
Pour les abris de camping
Cette autorisation peut être refusée pour des motifs de protection de l’environnement ou pour permettre à l’ONTD de réaliser sur les emplacements considérés des aménagements appelés à remplacer les constructions qui y sont déjà installées. Les utilisateurs de ces constructions doivent se conformer aux règlements en vigueur en matière d’hygiène et de protection de l’environnement sous peine d’une amende de 36 000 DJF portée à 300 000 DJF en cas de récidive.
B) Fiscalité
L’exploitation d'un campement touristique est soumise, en principe, à la patente de classe 8, c'est à dire :
- au titre du droit fixe : 35 000 DJF
- au titre du droit proportionnel : 10 % de la valeur locative annuelle des locaux
Pour les abris de camping, une redevance doit être payée à l’ONTD chaque année (240 000 DJF pour les îles et 120 000 DJF pour les autres lieux).
VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL.
A) Organisation professionnelle
Il n’existe ni syndicat ni association de propriétaires de campements. Le fait que les prix soient alignés et les formules et les produits reproduits prouvent néanmoins des contacts entre eux. Certains gérants de campement s’échangent des clients, ce qui constitue un début d’association.
Il n’y a pas non plus de tutelle administrative dans ce type d’activité. L’ONTD pourrait sans aucun doute jouer un rôle important de sensibilisation des propriétaires à leur rôle dans la protection de l’environnement. On peut observer une réelle prise de conscience de certains dans ce domaine. Les textes réglementaires sont nombreux en la matière, mais relativement peu appliqués. Sensibilisation évidente aussi à assurer auprès de tous les personnels des campements.
B) Formation
Actuellement, seul le BTS Tourisme de l’Institut Supérieur des Affaires assure une formation dans ce secteur et prépare, entre autres, à l’accueil, au guidage et à la gestion d’un établisement touristique.
C’est surtout dans le domaine de l’accueil et du guidage que les besoins sont importants : communication en langue française, connaissances du milieu naturel et culturel, techniques de guidage et " gestion " des besoins du groupe. A ce sujet, il paraît important que les guides, de même que les promoteurs en général, connaissent mieux les attentes du milieu émetteur (curiosité, connaissance de l’autre, de ses particularités, recherche d’authentique). Ce dernier aspect de la formation ne peut passer que par l’intérêt premier, la connaissance, la reconnaissance de la valeur et de la richesse par les Djiboutiens de ce qui leur appartient.
C) Bibliographie
- Approcher la rentabilité d'activités touristiques en milieu rural (gîtes...) TRAME, (Tête de réseaux pour l'appui méthodologique aux entreprises), 9, rue de la Baume, 75008 Paris, tél. 01.44.95.08.00.
- Ouvrir un gîte rural ou des chambres d'hôtes, Ed. Défis 1997, librairie de gestion Défis entreprise, 204 Bd Raspail 75014 Paris.
CONCLUSION
Le secteur des campements est actuellement en évidente " sur-offre " quantitative sur tout le territoire, en sur-offre également dans des secteurs géographiques précis. Ils sont également en sous-occupation importante et donc peu rentabilisés.
Les campements se trouvent actuellement face à un évident problème de clientèle :
La réouverture des campements du Nord à la clientèle dominante actuelle, à savoir les militaires français stationnés à Djibouti, permettra une amélioration de la fréquentation.
Il n’en reste pas moins qu’il paraît important que les campements, comme tout le tourisme djiboutien pris dans son ensemble, s’ouvre à une clientèle de tourisme international à la recherche d’authentique et de richesses naturelles et culturelles d’une extrême originalité. Les relations devraient être plus poussées avec les agences de voyages qui drainent ce type de clientèle.
Une ouverture commerciale vers une clientèle djiboutienne pourrait augmenter la fréquentation. Pour cela, une sensibilisation auprès des Djiboutiens visant à leur appropriation de leur patrimoine est nécessaire. Une politique ciblant le milieu scolaire sous forme de sorties, voire classes de nature pourraient amener les nouvelles générations à découvrir leur pays.
D’évidentes améliorations de la qualité des produits et des services tendant vers un meilleur rapport qualité/prix permettraient sans aucun doute une plus grande fréquentation. Sans perdre aucunement l’authenticité des formes traditionnelles d’hébergement, le confort et l’hygiène (douches et WC) pourraient être perfectionnés avec des méthodes et techniques pratiques et simples.
Ces types d’hébergement sont directement liés à des formes de tourisme d’aventure et d’écotourisme très appréciées de la clientèle des pays développés émetteurs de tourisme. Djibouti offre encore un tourisme vrai et une politique concertée, tant dans les aspects d’aménagement, de protection de l’environnement que commerciaux, permettrait un développement de ce secteur. La mise en place d’un code déontologique serait, sans aucun doute, un facteur important de développement du secteur touristique, de création d’emplois, d’entrées de devises, de responsabilisation des populations, mais aussi un garde-fou à la banalisation, au risque d’uniformisation et à la disparition de l’authentique.
Cette étude a été réalisée avec la collaboration de Iswan Saïd Salem et Mohamed Hassan Akal et le financement de l'Office National du Tourisme de Djibouti.
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