REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTI

Établissement d'Enseignement Supérieur

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INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI

Collection "Études de métiers"

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- SOMMAIRE -

I. DEFINITION DE LA PROFESSION ...............................................

A) Activités

B) Aptitudes

II. LE MARCHE .................................................................................

A) La demande

1. Les besoins

2. Typologie de la clientèle

3. La fréquentation

B) L'offre

1. Le potentiel touristique

2. Les entreprises et leur localisation

3. Les prestations

4. Les prix

5. La communication

6. La concurrrence

III. LES MOYENS DE PRODUCTION................................................

  1. Ressources humaines

    1. Organisation

    2. Rémunération

  1. Locaux et équipements

1. Le site et son aménagement

2. Les équipements

IV. EXPLOITATION ..........................................................................

  1. Chiffre d'affaires

    1. Nombre de clients

    2. Estimation du chiffre d’affaires moyen

  1. Charges

  2. Gestion

    1. Réservation

    2. Conditions de paiement

V. REGLEMENTATION.....................................................................

A) Autorisations

B) Fiscalité

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL ....................................................

A) La tutelle

B) Formation

C) Bibliographie

CONCLUSION ..................................................................................

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I - DEFINITION DE LA PROFESSION

A) Activités

Il s’agit d’une offre d’hébergements touristiques, situés en brousse, en montagne et en zone littorale. Leur construction est en général traditionnelle. Nous nous intéresserons dans cette étude aux types d’hébergement communément appelés campements, gîtes et abris de camping.

Tentons d’abord de définir ces termes :

Les campements sont des entreprises privées, alors que les gites et les abris de camping sont à Djibouti des structures sous le contrôle de l’Office National du Tourisme de Djibouti (ONTD). Les gîtes sont actuellement fermés, mais l’ONTD a des projets de réouverture. Les abris ne relèvent pas du secteur commercial, sauf pour la location du terrain.

Cette étude sera donc particulièrement centrée sur les campements.

B) Aptitudes

Les types de services offerts étant variés, les aptitudes le sont aussi :

II. LE MARCHE

  1. La demande

  1. Les besoins

L’utilisation des campements, gîtes et abris de camping relève, à Djibouti, de types de tourisme liés à trois espaces naturels : la montagne, la brousse et la mer. Les besoins de sortir de chez soi sont liés à la culture des loisirs et sont très variés :

Les attractions possibles, recherchées selon les centres d’intérêts et les sensibilités, dans les zones où se trouvent les campements sont très riches :

  1. Typologie de la clientèle

  1. La clientèle des campements :

Les clients qui pratiquent ces types de tourisme et qui fréquentent ces hébergements sont :

On constate que cette clientèle se déplace plutôt en groupe qu’individuellement.

La population djiboutienne même aisée n’est que très rarement adepte de ce genre d’activités. Elle a souvent une attache dans une ville ou un village de l’intérieur et n’ a pas le goût de la découverte d’autres régions de son propre pays. Il est vrai aussi que la majorité des Djiboutiens ne peut se permettre financièrement de passer des week-end dans les campements. On constate, néanmoins, que les Djiboutiens consommateurs de ce type de services, sont en général des personnes ayant fait des études à l’étranger et qui se rendent dans les campements en compagnie d’expatriés.

  1. La clientèle des abris de camping :

Elle est essentiellement d’origine expatriée résidente à Djibouti. On trouve cependant quelques Djiboutiens aisés qui en possèdent.

  1. La fréquentation :

Les propriétaires de campements ne semblent pas tenir de réelles statistiques de fréquentation. Les variations de la fréquentation peuvent s’analyser comme suit :

Une des grandes contraintes reste l’autorisation d’accès aux différents sites.

Au début de la création des campements dans les années 85, la fréquentation a été normale selon les critères ci-dessus. De 1990 à 1994, arrêt total de l’activité à cause de la guerre civile dans le Nord. La reprise, à partir de 1995, a été à nouveau interrompue en 1998 par les problèmes de sécurité dans le Nord, qui ont eu pour conséquence l’interdiction par les autorités françaises de la fréquentation de la zone du nord par leurs ressortissants. Si l’on observe une reprise pour les civils à partir de 1999, les militaires français stationnés à Dijbouti ne sont toujours pas autorisés à se rendre dans le Nord ; par contre les campements du Sud leur sont ouverts.

On constate aussi une baisse de fréquentation des expatriés depuis la baisse marquée des monnaies européennes par rapport au franc djiboutien (1998), baisse qui a entamé leur pouvoir d’achat.

B) L'offre

1. Le potentiel touristique

 Le Plan stratégique pour le développement du tourisme à Djibouti  (OMT/PNUD) met l'accent sur un tourisme axé sur toutes les richesses naturelles et culturelles du pays et liées à l’écotourisme :

a) Les sites naturels à découvrir (dépressions inondables et littoral, îles, steppes et zones désertiques, montagnes et hauts plateaux) sont nombreux et de toute beauté, sans oublier les sites archéologiques (gravures rupestres, tumulus, villages préhistoriques, fossiles).

b) Pour découvrir les richesses géologiques, de nombreux circuits sont possibles, à condition d’être bien équipé en véhicule tout terrain : circuit du rift Assal-Ghoubet, dépression de Sakalol, horst d’Ali Sabieh, Trois frontières, lac Abbé, déserts du Hanle et Gaggade, Moussa Ali, plateau de Dahla et toute la zone côtière de la Mer Rouge…

c) A Djibouti, plusieurs zones représentatives de la biodiversité mondiale ont une très grande valeur d'attraction pour les amateurs d’écotourisme :

- la forêt du Day pour la faune et la flore de montagne,

- le lac Abbé et Allol pour la faune et la flore des zones humides,

- Doumeira, Ras Syan et les Sept Frères pour son avifaune,

- Douda près de Djibouti pour son avifaune,

- Godoria, Khor Angar et les îles Musha et Maskali pour les mangroves,

- Les Sept Frères, le Ghoubet et les îles Mùsha et Maskali pour les récifs coralliens et les tombants.

d) Plus précisément, la biodiversité marine à Djibouti est aussi d’une extrême richesse, comme l’indique le tableau ci-dessous :

LA BIODIVERSITÉ MARINE À DJIBOUTI

Récifs coralliens

Plus de 80 espèces de madréoporaires hermatypiques

Faune ichtyologique

192 espèces répertoriées récemment, 140 espèces de poissons récifaux

Tortues

Tortue verte, tortue caret

Conchyliologie

Espèces nombreuses - au moins 35 espèces de porcelaine

Mammifères

11 espèces de cétacés, y compris le dugong

Source : Plan d'action nationale pour l'environnement - PANE - 1998

e) Sites aménageables : Sur les 372 km de côtes que compte Djibouti, un certain nombre de sites ont été identifiés  pour recevoir des investissements touristiques pouvant intégrer d’éventuelles créations de campements.

LES SITES À AMÉNAGER

Sites

Accessibilité

Plage

Plongée débutant

Plongée confirmé

Surface aménageable

Khor Ambado

xxx

xx

x

-

5 ha

Les 3 plages

 

xx

xx

-

3 ha

Ghoubet

xxx

xx

xxx

xxx

3 ha

Sables blancs

xxx

xxx

xxx

-

4 ha

Khor Angar

-

xxx

xxx

xxx

4 ha

7 Frères

-

-

-

xxx

-

Musha/Maskali

xx

x

xx

xx

-

Source : Plan stratégique pour le développement du tourisme, vol.1 - Bilan et orientations - 02/1999

2. Les entreprises et leur localisation

  1. Les campements

Les premiers campements touristiques ont été ont été construits dans les années 80. Comme on l’a souligné plus haut, leur activité s’est trouvée arrêtée de 90 à 94. On a constaté un fort développement depuis la fin de la guerre, malheureusement ralenti par une nouvelle longue période d’insécurité dans le Nord.

Le tableau page suivante liste par ordre alphabétique tous les campements, au nombre de douze, de la République de Djibouti.

Comme le montre la carte ci-après (page 8), les campements sont localisés dans deux zones précises :

LISTE DES CAMPEMENTS

NOMS

ZONE

LOCALISATION

RESPONSABLE

CONTACT

AMBABO

District de Tadjourah

En bord de mer

Kalaf

Ali Aboubaker

35-76.75

AS BOLÉ

District de Dikhil

En brousse (au bord du lac Abbé)

Lac Abbé

Ougouré Hassan

35-11-99

ASSAMO

District d’Ali Sabieh

En montagne

Ali Sabieh

Daher

35-13-11

BANKOUALÉ

District de Tadjourah

En montagne

Bankoualé

Houmed

35-41-15

CAMPEMENT DE LA CHUTE DE LA MARIÉE

District de Tadjourah

En montagne

Randa

Houmed

35-41-15

CAMPEMENT DE TOHA

District de Tadjourah

En montagne

Monts Goda

Abakari

35-47-64

DANKALELO

District de Dikhil

En bord de mer

Plage du Goubet

Gadid

35-10-03

DITTILOU

District de Tadjourah

En montagne

Monts Goda

Baraguoyta

35-66-18

GODORIA

District d’Obock

En bord de mer

Obock

Idriss Ahmed

 

KATOUNBATEH

District de Dikhil

A la sortie d’As Eyla

As Eyla

Ahmed Ali

35 03 17

KOUTABOUYA

District de Dikhil

En brousse

Entre As Eyla et lac Abbé

Gadid

35-10-03

LES SABLES BLANCS

District de Tadjourah

En bord de mer

Tadjourah

Omar Houssein

35-45-20

42-41-30

b) Les gîtes

Les premiers gîtes sont apparus en 1974 à Djibouti et sont gérés par l’Office National du Tourisme à Djibouti (ONTD). Il ne fonctionnent plus depuis quelques années et il n’en reste plus que trois qui seraient à réhabiliter :

ZONE

NOMS

LOCALISATION

District de Dikhil

As Eyla

Lac Abbé

District d’Ali Sabieh

Ali Sabieh

Ali Sabieh

District de Djibouti

Plage d’Arta

Arta

L’ONTD a l’intention de réactiver ces gîtes :

LOCALISATION DES CAMPEMENTS ET GITES

CAMPEMENTS

GITES

1. Assamo

2. Katounbateh

3. Koutabouya

4. As Bole

5. Dankalelo

6. Ambabo

7. Sables Blancs

8. Dittilou

9. Toha

10. Bankoualé

11. Chute de la Mariée

12. Godoria

G1. Ali Sabieh

G2. As Eyla

G3. Plage d’Arta

  1. Les prestations

a) Les prestations de base

- hébergement, restauration

- services de guidage pour randonnée, sorties et circuits, soit au départ de Djibouti, soit au départ du campement.

b) Prestations complémentaires :

c) Inventaire des prestations offertes

Cet inventaire est présenté ci-après sous forme de tableau récapitulatif.

Remarque sémantique : La plupart de ces campements se trouvant en pays afar, le mot " daboïta " et non " toukoul " (mot d’origine asiatique introduit par les Français) sera utilisé dans le tableau suivant pour signaler un abri traditionnel. Le mot " paillote " sera utilisé pour toute construction circulaire dont la base est en bois ou en pierre et le toit couvert de palmes de palmier doum.

 

PRESTATIONS DES CAMPEMENTS

 

CAMPEMENTS

HEBERGEMENT

 

RESTAURATION

 

ACTIVITES/SERVICES

Types

Nbre lits

 

 

AMBABO

10 paillottes

Douche

Toilettes

30

1 restaurant

30 places

Découverte de la palmeraie

Baignade et plongée

Pêche de nuit en bord de mer

Soirée animation

 

 

AS BOLE

Daboïtas

Paillottes

2 douches

2 WC

40

1 restaurant

40 à 60 places

Visite guidée lac Abbé

Promenades à dos de chameau

Location de 4x4 avec chauffeur

Soirée animation

ASSAMO

Non opérationnel actuellement (paillotes)

 

 

 

BANKOUALE

3 daboïta

13 paillottes

80

2 restaurants

120 places

Randonnées à pied (1 à plusieurs jours)

Animation

Possibilité de location de 4x4

(à la journée)

Vente de miel (projet en cours de réalisation)

 

CAMPEMENT DE LA CHUTE DE LA MARIEE

8 daboïta

1 douche

1WC

40

1 restaurant

40 places

Randonnées à pied (un à plusieurs jours)

Animation

Possibilité de location de 4x4

 

CAMPEMENT FAMILIAL DE TOHA

2 paillottes

1 douche

1 WC

8

8 à 10 personnes repas pris avec la famille

Randonnées à pied

Possibilité de caravane

 

DANKALELO

16 daboïta

2 douches

2WC

80

1 restaurant

100 places

Visite du lac Assal, Goubet

Promenade en mer

 

DITTILOU

20 paillottes

douches

3 WC

60

3 restaurants

60 à 100 places

Randonnées circuits " verts "

Possibilité de caravane

Soirée animation

GODORIA

Non opérationnel actuellement (paillottes)

 

 

KATOUNBATE

8 Pailottes

5 daboïta

1 Douche

1 WC

60

1 restaurant

100 places

Visite guidée lac Abbé, Assa Koma, plateau de Dakha

Promenade à dos de chameau

Soirée animation

 

 

KOUTABOUYA

28 paillotes

2 douches

2 WC

80

1 restaurant

120 places

Visite guidée lac Abbé,

Promenade à dos de chameau

Soirée animation

 

 

SABLES BLANCS

8 paillotes

4 douches

4 WC

120

Repas pris dans les paillottes

120 repas

Transport navette depuis Djibouti

Baignade, Jeux de plage

Plongée

Animation enfants (environnement)

  1. Les prix

Les tarifs sont pratiquement identiques dans tous les campements. Ils semblent avoir été fixés par un des premiers propriétaires de campement et on constate que chaque nouveau propriétaire s’aligne sur ces tarifs à quelques exceptions près.

Les prix de base en DJF par personne sont les suivants :

TYPE DE SERVICE

PRIX

REMARQUES

Hébergement

2 000

Toit, lit, draps et couvertures + douche et WC

Repas (déjeuner ou dîner)

2 000

Trois plats Eau incluse

Petit déjeuner

1 000

Boisson chaude, galette traditionnelle, miel

Service d’un guide (journée)

1 000

Au départ du campement

Remarques :

- Pour quelques campements les prix de repas vont jusqu’à 3000 DJF (pour les mêmes prestations).

- Les prestations d’animation (chants et danses) sont, selon le cas, gratuites ou payantes (300 à 500 DJF par personne).

- Les campements du Sud (région du lac Abbé) imposent l’utilisation des services d’un guide de la région au départ de Djibouti ou de Dikhil (5000 DJF par jour pour le groupe).

- Certains campements du Nord et du Sud proposent des tarifs de location de 4x4 avec chauffeur :

- Des formules forfaitaires de un à plusieurs jours sont parfois proposées. Dans ce cas les propriétaires adoptent le système du prix global.

5. La communication :

Certains de ces campements font de la publicité sous deux formes :

L’affichage est néanmoins peu utilisé et on constate que la publicité se fait beaucoup de bouche à oreille. Aucun de ces campements ne possède son propre site internet, ni n’est présenté dans un site à vocation touristique.

6. La concurrence :

III. LES MOYENS DE PRODUCTION

A) Ressources humaines.

1. Organisation

2. Rémunération

Le personnel est peu qualifié et la plupart du temps non instruit. La famille n’est en général pas rémunérée. Si elle l’est, le salaire est de 200 à 500 DJF par week end. Les salaires sont de l’ordre de 5 000 DJF par mois ou 200 DJF par jour pour le personnel d’entretien. Ces salaires très faibles s’expliquent en partie par les avantages en nature : le personnel est nourri et logé.

Le personnel n’est en général pas déclaré à l’OPS.

B) Locaux et équipements

1. Le site et son aménagement 

Dans les campements, la surface peut avoisiner le demi-hectare, les gîtes ont en moyenne 200 m² de surface, tandis que pour les abris de camping, l’ONTD fixe leur surface à 100 m² .

En pays afar, le droit au sol relève du droit coutumier et les campements existants ont tous été construits par des promoteurs sur le territoire de leur tribu.

Un campement se divise en général en trois zones :

Tous les campements ont adopté la construction traditionnelle, daboïta et la paillote. Le coût de la construction d’un daboïta peut s’évaluer à environ 25 000 à 30 000 DJF. Les matériaux se trouvent localement (palmier doum, bois). La moitié du coût correspond à la création des tresses et le reste se répartit entre la construction et la recherche des matériaux. Les femmes assurent la construction et la fabrication des tresses, les hommes la recherche des matériaux.

Notons au campement de Dittilou la construction récente de maisons traditionnelles de type tadjourien dites " tagorri ari " : construction rectangulaire, avec utilisation du bois de génévrier et des palmes de palmiers dattiers.

2. Les équipements

MATERIEL DE COUCHAGE

PRIX MOYEN

Sommier nomade (4 places)

7 000

Matelas mousse

2 200

Drap

1 000

Couverture

8 000

Oreiller

1 000

Moustiquaire (Indispensable zone lac Abbé)

1 000

Pour ce qui est du coût global d’installation, d’après notre enquête, on constate qu’avec un budget d’environ 350 000 DJF on peut créer un campement composé de quatre daboïta (4 personnes par daboïta), d’une cuisine, d’un restaurant, d’une douche et d’un WC et de tout le matériel de couchage, de cuisine et de restauration nécessaire.

 

IV. EXPLOITATION.

  1. Chiffres d’affaires

  1. Nombre de clients

Il est difficle à apréhender, peu de gérants tenant des statistiques et il est surtout très variable selon les campements. 

2. Estimation d’un chiffre d’affaires moyen

Sur la base de 30 week-end et de 35 jours de vacances scolaires par an, on obtient un taux de fréquentation maximal de 25 % (pour la plupart ce taux est plutôt de l’ordre de 10 %).

A ce taux déjà faible de jours d’utilisation des campements, s’ajoute un taux de remplissage qui ne dépasse pas en moyenne 40 % de la capacité d’hébergement.

On a alors, en tenant compte d’une dépense moyenne de 6 000 DJF par personne, un chiffre d’affaires annuel d’environ et 9 millions DJF pour un campement d’une capacité de 40 personnes. Encore un fois, il s’agit d’une hypothèse haute.

B) Charges.

Du fait de leur éloignement des centres urbains, certaines charges sont élevées :

La rentabilité des campements est donc surtout assurée par le caractère dérisoire du coût de la main d’œuvre et les prix relativement élevés demandés aux clients.

C) Gestion

1. Réservation 

Les modes de réservation diffèrent selon les campements :

N.B : dans les deux derniers cas, des commisssions sont rétrocédées aux agences de voyages.

2. Conditions de paiement 

Les paiements se font en espèces ou par chèque essentiellement en DJF. Néanmoins les chèques et les espèces en monnaies étrangères peuvent être acceptés.

Tous les campements demandent des arrhes de 20% à la réservation et le solde au moment de la consommation du service.

Les conditions d’annulation prévoient le remboursement des arrhes si annulation plus de 48 heures avant le départ. Pas de remboursement dans les 48 heures. Les conditions d’annulation semblent négociables.

 

V. REGLEMENTATION.

  1. Autorisations

Mais en pratique, toutes les entreprises sont des entreprises individuelles qui relèvent du secteur informel, sauf les campements des Sables Blancs (SARL), de Dittilou (agence de voyage " Caravane du sel ") et d’Ambabo (activité d’une coopérative).

Le régime foncier relève du droit afar. Tout campement, dès que l’acquisation du terrain est réglée, se construit sans normes particulières. On note que les premiers campements construits avec les conseils de spécialistes français de l’écotourisme servent en général de modèle.

Cette autorisation peut être refusée pour des motifs de protection de l’environnement ou pour permettre à l’ONTD de réaliser sur les emplacements considérés des aménagements appelés à remplacer les constructions qui y sont déjà installées. Les utilisateurs de ces constructions doivent se conformer aux règlements en vigueur en matière d’hygiène et de protection de l’environnement sous peine d’une amende de 36 000 DJF portée à 300 000 DJF en cas de récidive.

B) Fiscalité

- au titre du droit fixe : 35 000 DJF

- au titre du droit proportionnel : 10 % de la valeur locative annuelle des locaux

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL.

A) Organisation professionnelle

Il n’existe ni syndicat ni association de propriétaires de campements. Le fait que les prix soient alignés et les formules et les produits reproduits prouvent néanmoins des contacts entre eux. Certains gérants de campement s’échangent des clients, ce qui constitue un début d’association.

Il n’y a pas non plus de tutelle administrative dans ce type d’activité. L’ONTD pourrait sans aucun doute jouer un rôle important de sensibilisation des propriétaires à leur rôle dans la protection de l’environnement. On peut observer une réelle prise de conscience de certains dans ce domaine. Les textes réglementaires sont nombreux en la matière, mais relativement peu appliqués. Sensibilisation évidente aussi à assurer auprès de tous les personnels des campements.

B) Formation

Actuellement, seul le BTS Tourisme de l’Institut Supérieur des Affaires assure une formation dans ce secteur et prépare, entre autres, à l’accueil, au guidage et à la gestion d’un établisement touristique.

C’est surtout dans le domaine de l’accueil et du guidage que les besoins sont importants : communication en langue française, connaissances du milieu naturel et culturel, techniques de guidage et " gestion " des besoins du groupe. A ce sujet, il paraît important que les guides, de même que les promoteurs en général, connaissent mieux les attentes du milieu émetteur (curiosité, connaissance de l’autre, de ses particularités, recherche d’authentique). Ce dernier aspect de la formation ne peut passer que par l’intérêt premier, la connaissance, la reconnaissance de la valeur et de la richesse par les Djiboutiens de ce qui leur appartient.

C) Bibliographie

- Approcher la rentabilité d'activités touristiques en milieu rural (gîtes...) TRAME, (Tête de réseaux pour l'appui méthodologique aux entreprises), 9, rue de la Baume, 75008 Paris, tél. 01.44.95.08.00.

- Ouvrir un gîte rural ou des chambres d'hôtes, Ed. Défis 1997, librairie de gestion Défis entreprise, 204 Bd Raspail 75014 Paris.

 

CONCLUSION

Le secteur des campements est actuellement en évidente " sur-offre " quantitative sur tout le territoire, en sur-offre également dans des secteurs géographiques précis. Ils sont également en sous-occupation importante et donc peu rentabilisés.

Les campements se trouvent actuellement face à un évident problème de clientèle :

D’évidentes améliorations de la qualité des produits et des services tendant vers un meilleur rapport qualité/prix permettraient sans aucun doute une plus grande fréquentation. Sans perdre aucunement l’authenticité des formes traditionnelles d’hébergement, le confort et l’hygiène (douches et WC) pourraient être perfectionnés avec des méthodes et techniques pratiques et simples.

Ces types d’hébergement sont directement liés à des formes de tourisme d’aventure et d’écotourisme très appréciées de la clientèle des pays développés émetteurs de tourisme. Djibouti offre encore un tourisme vrai et une politique concertée, tant dans les aspects d’aménagement, de protection de l’environnement que commerciaux, permettrait un développement de ce secteur. La mise en place d’un code déontologique serait, sans aucun doute, un facteur important de développement du secteur touristique, de création d’emplois, d’entrées de devises, de responsabilisation des populations, mais aussi un garde-fou à la banalisation, au risque d’uniformisation et à la disparition de l’authentique.

 

Cette étude a été réalisée avec la collaboration de Iswan Saïd Salem et Mohamed Hassan Akal et le financement de l'Office National du Tourisme de Djibouti.

 

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