REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

 PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTI

 Établissement d'Enseignement Supérieur

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INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI

Collection "Études de métiers"

  Coiffure

  - SOMMAIRE -

 

I DEFINITION DE LA PROFESSION .................................................

A) Activités

B) Aptitudes

II LE MARCHE ...................................................................................

A) La demande

1.Les habitudes

2. Les services

3. Typologie de la clientèle

4. Variations saisonnières

5.Tendances de la consommation

B) L'offre

1. Répartition géographique

2. Les diverses formes de l’offre

3. Les prix

III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................

A) Les ressources humaines

B) Les locaux

C) Les équipements

D) Matières premières, fournisseurs

IV EXPLOITATION -...........................................................................

A) Chiffre d'affaires

B) Charges

C) Structure des coûts et marges

V. REGLEMENTATION .....................................................................

VI LE MILIEU PROFESSIONNEL ......................................................

A) Organismes professionnels

B) Formation

C) Bibliographie

CONCLUSION ..................................................................................

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I. DEFINITION DE LA PROFESSION

A) Activités

Le (la )coiffeur(se) effectue tous les soins esthétiques et hygiéniques de la chevelure : shampooing, coupe, brushing, mise en plis, permanente, teinture....

 En dehors de l'activité strictement relative aux traitements des cheveux, le (la) coiffeur(se) réalise de

 plus en plus des activités annexes, telles que la vente de parfums, de produits capillaires..., ou encore des activités d'esthéticienne, de massage. Un salon de coiffure devient donc un vrai laboratoire au service de la mise en valeur de la beauté.

 La coiffure reste un métier artisanal et manuel. Le métier évolue quand même, grâce au progrès

 technique qui s'introduit dans les produits utilisés (par exemple produits pour les permanentes sans ammoniaque) ainsi que dans le matériel (séchoirs équipés de programmateurs perfectionnés....)

B) Aptitudes

Placée sous le signe de la mode et de l'élégance, la coiffure exige le sens de l'harmonie des formes, des proportions et des couleurs, ainsi qu'une présentation soignée et le sens des contacts.

·      le coiffeur doit sentir l'air du temps dans la rue, à travers la mode, se tenir informé des courants du moment.

·      C’est un artiste qui modèle le "look" de sa clientèle. La coiffure est avant tout un art de création. Il faut être visagiste et posséder une habileté manuelle.

·      Le coiffeur doit se tenir debout toute la journée, faire vite et bien tout en manipulant des produits toxiques dans une ambiance chaude et humide.

·      Séduire la clientèle : politesse, discrétion, correction, psychologie, amabilité, patience sont les vertus du métier de la coiffure.

 

II. LE MARCHE

A) La demande

1.Les habitudes

·      Au premier abord et d'un point de vue quantitatif, ce marché apparaît surtout masculin. Se laisser pousser les cheveux est signe de mauvaise hygiène, aussi les enfants et les hommes vont régulièrement chez le coiffeur pour garder les cheveux courts.

·      Les femmes quant à elles vont beaucoup moins chez le coiffeur. Pour certaines, les cheveux féminins sont perçus comme un don de Dieu que l'on ne devrait pas  toucher. Un proverbe arabe dit textuellement : "la chevelure de la femme est l'expression par excellence de sa féminité".

·      La tendance est inversée chez la clientèle européenne, les femmes se rendant assez fréquemment chez le coiffeur. Les soirées et les cocktails sont souvent des occasions de se faire faire une beauté.

 

D'une façon générale, les études de la DINAS en matière de consommation des ménages djiboutiens font ressortir la faible part des budgets familiaux consacrée au poste hygiène - beauté, du fait du poids du khât (près de 20%) dans ces budgets.

 

2. Les services

Les services demandés en matière de coiffure sont bien différents selon qu'il s'agit d'hommes ou de femmes. On distinguera donc tout au long de cette étude coiffure féminine et coiffure masculine.

 

·      Coiffure féminine :

- coupe, brushing, teinture, permanente, défrisage,

- services associés : esthétique, coiffure-beauté, achat de produits cosmétiques.

·      Coiffure masculine :

- coupe, barbe,

- services associés : friction, massage.

 3. Typologie de la clientèle

·      Coiffure féminine :

On peut distinguer deux groupes dans la clientèle féminine :

- clientèle européenne et assimilée, djiboutiennes aisées : leur fréquentation des salons est régulière (une fois par semaine ou par quinzaine), leur pouvoir d'achat étant relativement important. On trouve toutes les classes d'âge chez ce type de clientèle.

-         clientèle populaire : cette clientèle ne fréquente qu’occasionnellement les salons, elle est plutôt jeune, entre 20 et 30 ans. Elle est ainsi plus sensible à la mode.

 

·      Coiffure masculine :

Les hommes et les enfants se coupent les cheveux tous les deux mois. Notons dans la fréquentation des salons masculins, la présence non négligeable de militaires français (visite mensuelle !), qui préfèrent ainsi le coiffeur en ville plutôt que celui de la caserne, gratuit mais moins attentionné.

 

4. Variations saisonnières

La célébration des fêtes de l'Aïd, les mariages, les anniversaires ou encore la rentrée scolaire sont les occasions incontournables pour passer sous la tondeuse ou se faire coiffer.

 

5.Tendances de la consommation

Faut-il parler de crise économique et sociale ? On peut en tout cas observer les tendances suivantes concernant le métier de la coiffure :

 

·      Effet revenu : Le secteur est très dépendant du pouvoir d'achat des ménages. Dans la période récente, les dépenses de soins personnels n'augmentent presque plus, quand elles ne sont pas en baisse. Le revenu disponible, les retards de salaires conjugués à la taille toujours aussi importante de la famille (5 enfants en moyenne par foyer) freinent ainsi la fréquentation des salons de coiffure.

 

·      Effet culturel : Le développement du port du voile par les filles entraîne également une diminution du marché féminin de la coiffure. Les traditions et la culture religieuse ne sont pas favorables à la créativité esthétique et peuvent même se révéler un obstacle à cette profession.

 

·      Effet volume : La réduction des effectifs des militaires français stationnés à Djibouti entraînera une diminution du nombre des clientes potentielles des salons féminins de la place.

 

B) L'offre

Un peu d'histoire....

Traditionnellement dans la Corne de l’Afrique, ce sont les forgerons qui font office de coiffeur parce qu’ils ont les outils et l’habileté nécessaires. Considérés de caste « non noble », les métiers qu’ils exercent, y compris la coiffure, sont plutôt méprisés de la population. Il est aussi raconté que les premiers coiffeurs étaient des yéménites qui pratiquaient l’excision.

C'est dans les années trente, avec l’arrivée des premiers Indiens et Pakistanais migrants que l'on va assister à la domination de la profession par ces nouvelles communautés, qui vont former une véritable corporation professionnelle. Les premiers coiffeurs d’origine somalienne n’apparaîtront qu’à la fin des années 70. Cette profession est encore largement dominée par les étrangers, ce métier étant encore, parfois mal vu chez certains djiboutiens.

 

1. Répartition géographique

Les salons de coiffure féminins et masculins sont situés principalement dans le centre-ville commercial (voir carte page suivante).

 2. Les diverses formes de l’offre

Statut juridique : A part quelques salons féminins qui ont un statut de SARL, toutes les entreprises sont des entreprises individuelles à caractère familial.

 

Typologie : On peut distinguer, outre la spécialisation féminin/masculin, les salons de coiffure qui ont pignon sur rue et qui sont déclarés auprès de l’administration fiscale. et le secteur informel : coiffure à domicile, coiffure "ambulante".

 

·      Les salons : selon l'administration fiscale, on dénombre 19 salons masculins et 15 salons féminins.

Voici la liste et les coordonnées des principaux salons en activité :

 

SALONS FEMININS

 

DENOMINATION

ADRESSE

TEL

·      Annie coiffure

Boulevard Bonhoure

35.23.20

·      Salon d'or

Avenue Georges Clémenceau

35.23.27

·      La finesse

Avenue Georges Clémenceau

35.81.49

·      Amazone coiffure

Immeuble Le palmier en zinc

 

·      Loreleï

Plateau du Serpent

35.25.68

·      Salon de coiffure

Place Ménélik

35.08.99

·      Warda

Quartier 3, avenue 13

35.09.04

·      Line (salon mixte)

Rue de Genève

35.35.09

·      Profil beauté féminin

Rue de Marseille

35.12.00

·      Espace coiffure

Rue de Dakar

35.51.75

 

SALONS MASCULINS

 

DENOMINATION

ADRESSE

·      Hira

Avenue Georges Clémenceau

·      A luxe de la coiffure

Avenue Georges Clémenceau

·      Au ciseau d'argent

Avenue Georges Clémenceau

·      Rameh salon de coiffure

Avenue Georges Clémenceau

·      Sham salon de coiffure

Avenue Georges Clémenceau

·      Coiffure nationale

Avenue Georges Clémenceau

·      Coiffure Ramesh

Avenue Georges Clémenceau

·      Pravin

Rue d'Athènes

·      Coiffure Prem

Rue de Genève

·      Au luxe salon de coiffure

Rue de Paris

·      Coiffure Prakach

Rue de Rome

·      Coiffure Mukecke

Rue de Ras Makonnen

 

SALONS MASCULINS

 

DENOMINATION

ADRESSE

·      Chez Vijay

Rue de Ras Makonnen

·      Coiffure Babou

Rue de Ras Makonnen

·      Chez Fouad

Quartier 2, boulevard 14

·      Chez Ali

Quartier 2, boulevard 14

·      Chez Abdallah

Quartier 2, boulevard 14

 

·        La coiffure à domicile :

L'utilisation des produits auto-coiffants donne naissance à des coiffeurs en herbe, qui deviennent de réels concurrents pour les professionnels. La coiffure à domicile est en essor à Djibouti, car elle répond au besoin de discrétion que ne peut offrir un salon de coiffure ouvert au public.

Parfois, ce sont des employés qui travaillent en salon de coiffure qui, pour arrondir leurs fins de mois, proposent ce genre de service, détournant ainsi une partie de la clientèle du salon.

Les coiffeuses "africaines", spécialisées dans les tresses et la pose de postiches, font aussi partie de cette catégorie.

 

·      La coiffure "ambulante" :

Ce domaine est plutôt masculin. Le coiffeur ambulant est en fait le coiffeur du quartier. Il s'installe là où se trouve le client, en plein air. C'est le coiffeur populaire et économique. Chacun a donc sa zone de travail et sa clientèle, qui lui est en général fidèle. Certains, bien introduits auprès des FFDJ, viennent régulièrement dans les casernes, profitant ainsi de ce marché intéressant.

 

·      Les salons de l'informel :

Il s’agit de salons de coiffure « clandestins », non déclarés auprès des responsables administratifs. Ils sont situés dans les quartiers et sont souvent tenus par des étrangers (éthiopiens, sénégalais). Equipés d’une banale chaise et d’un miroir, les murs sont souvent en planches ou en tôles.

 

3. Les prix

 SALONS FEMININS

 

TYPE DE PRESTATION

DUREE MOYENNE

TARIFS DJF

  Minimum       Maximum

Coupe (sans brushing)

15 mn

1 500

2 000

Coupe (avec brushing)

30 mn

2 500

7 000

Chignon

30 mn

2 800

6 000

Défrisage avec mise en pli

2 h

2 000

9 000

Défrisage sans mise en pli

1 h

2 500

7 000

Brushing

30 à 45 mn

1 000

5 000

Mèche

30 à 45 mn

4 500

7 000

Permanente ( + coupe + brushing)

1 h

7 000

12 000

Coloration

30 mn

2 000

4 800

Manucure

2 h

1 000

1 500


SALONS FEMININS (suite)

 

TYPE DE PRESTATION

DUREE MOYENNE

TARIFS DJF

  Minimum       Maximum

Pédicure

2 h

1 000

1 500

Lifting

1 h

3 000

5 000

Épilation sourcils

10 mn

1 000

1 500

Épilation jambes

15 mn

1 000

1 500

Drainage jambes lourdes

20 mn

4 000

5 500

Décoloration duvet

10 mn

1 000

5 000

Maquillage

30 mn

3 000

5 000

Massage

45 mn

5 000

8 000

Soin des yeux

15 mn

2 000

3 000

Soin du buste

15 mn

2 000

3 500

Soin antiride

1 h

7 000

10 000

Soin du visage

1 h

7 000

10 000

Soin du cou

1h 30 mn

8 000

12 000

 

SALONS MASCULINS

 

TYPE DE PRESTATION

DUREE MOYENNE

TARIF DJF

  Minimum       Maximum

Coupe de cheveux

35 mn

400 -700

3 000

Coupe barbe

15 mn

200 - 500

3 000

Friction

10 mn

100 - 300

3 000

 

La coupe pour la coiffure ambulante est de 100 DJF.

  

III. LES MOYENS DE PRODUCTION

A) Les ressources humaines

On distingue plusieurs niveaux de qualification dans la profession ; « shampouineur », assistant - coiffeur, coloriste, coiffeur...

Le travail est irrégulier, on estime dans la profession à 20 heures de travail effectif pour 40 heures de présence par semaine, le jeudi est en général le jour de la semaine le plus chargé.

A Djibouti les salaires des employés non qualifiés sont peu élevés. Beaucoup de salons embauchent des apprentis et des personnes à temps partiel. (voir charges de personnel). Il n'y pas de convention collective dans le métier de la coiffure.

 

·        Salons masculins :

Chez les coiffeurs hindous ou pakistanais le métier se transmet de père en fils. Au début, le jeune apprenti passera la majeur partie de son temps dans le salon de coiffure, observant son père et les autres employés à l’œuvre. Ensuite, il donnera ses premiers coups de ciseaux sur un des membres de la famille.

Au bout d’un mois, en moyenne, le jeune apprenti est opérationnel.

 

·        Salons féminins :

Trois catégories d’employées coexistent dans un salon de coiffure féminin :

-         employée spécialiste des soins des cheveux,

-         employées spécialistes des soins esthétiques

-          et enfin la patronne qui se réserve les interventions complexes.

Souvent la clientèle a sa coiffeuse attitrée, cette dernière connaissant ses goûts et son cheveu.

Les conditions de recrutement ne sont pas très exigeantes, Djibouti, n’ayant pas d’école de coiffure. Les postulantes doivent avoir un minimum de savoir-faire en coiffure, une formation de base leur sera donnée lors de la période d’essai.

 

B) Les locaux

A Djibouti, les salons de coiffure ne sont pas d’une grande superficie, contrairement aux salons européens, il est même possible de s’installer dans une partie de sa maison d’habitation. En effet, il ne faut pas oublier que ces salons doivent être correctement climatisés pour atténuer la chaleur des séchoirs et de la température extérieure.

 

C) Les équipements

·        Investissement de départ pour un salon féminin de 40 m2, il faut compter environ 3 millions DJF qui se décomposent en  :

 

frais d'installation (EDD, ONED, OPT…)

315 000

Patente

180 000

Publicité, papeterie

25 000

Climatiseur, split

350 000

Casques (4), séchoirs (2)

450 000

Tondeuses, fers

30 000

Bacs pour le shampooing (2)

450 000

Machine à laver, fer à repasser

150 000

Agencements :

étagères, enseignes, plantes, mini chaîne , miroirs…

300 000

Mobilier (fauteuils et salon de salle d'attente)

700 000

Petits matériels : brosses, rouleaux, ciseaux, peignes, pinces diverses,

50 000

Blouses, serviettes

50 000

TOTAL 

3 050 000

 

*Remarques :

 

- il est à noter qu’il est impossible de travailler sans électricité, l’acquisition d’un groupe électrogène est donc indispensable. Cette acquisition va augmenter l’investissement de départ de 500 000 à 2 000 000 DJF, selon la taille du groupe.

- en cas d’activité d’esthéticienne, il faut rajouter un équipement d’épilation soit environ 200 000 DJF.

 

·        dans le domaine de la coiffure à domicile l’investissement est minime :

- un bac et une douchette adaptable à tous les robinets (équipement facultatif),

 - une mallette avec peignes et ciseaux,

- un séchoir et une ligne téléphonique.

Cet équipement varie de 75 000 DJF à 150 000 DJF, selon son importance.

 

·        Les salons masculins nécessitent un équipement moins important et la décoration est toujours plus sommaire que dans les salons féminins, l’investissement de départ est d’environ 2 000 000 DJF.

 

·        Les coiffeurs de rue possèdent un « équipement » minimum : deux paires de ciseaux, deux à trois peignes, un miroir, deux bouteilles de parfum.

 

D) Matières premières, fournisseurs

 

Shampooing

de 250  à 2 500 DJF

Crème

de 100  à 1000 DJF

Laque

de 200  à 1 200 DJF

Produit de coloration

de 1000 à 2300 DJF

Parfum

de 250 à 1200 DJF

Mousse à raser

de 120 à 750 DJF

Gel

de 350 à 1000 DJF

Huile

de 300 à 550 DJF

 

Les principaux fournisseurs sont MODAREK (produits Eugène et Kéranove) et PRODIMA (produits L’Oréal).

 

IV EXPLOITATION

A) Chiffre d'affaires

Pour évaluer ce chiffre d’affaires, une approximation peut-être faite à partir du nombre de clients par jours.

-          pour un petit salon féminin (uniquement l’activité coiffure) le chiffre d’affaires est d’environ 100 000 DJF/jour, il peut monter à 200 000 DJF les jours de pointe.

-          pour un salon masculin, il varie de 30 000 à 50 000 DJF.

 

B) Charges

-          Les achats de produits capillaires représentent environ 10% du chiffre d'affaires. Dans un salon féminin, pour démarrer, il faut compter 100 000 DJF.

-          Loyer : il est fonction de l’emplacement et de la superficie du salon, il varie de 50 000 à 150 000 DJF/mois

-          L’électricité : la facture varie de 50 000 DJF à plus de 100 000 DJF et dépend du nombre de casques, de séchoirs et de climatiseurs. Depuis quelques années les salons de coiffure, situés en ville, sont tous équipés d’un groupe électrogène, il faut donc tenir compte de la consommation de gas-oil, variable selon les coupures !

-          L’eau : de 2 500 DJF à 4 000 DJF

-          Les Salaires : de 20 000 à 40 000 DJF par employés non qualifiés

-          Assurance responsabilité civile

-          Frais de librairie (magazines) : environ 5 000 DJF/mois

-          les frais d’entretien sont évalués à 5 000 DJF/mois

 

C) Structure des coûts et marges

Dans les salon modernes, on retrouve les ratios de gestion suivants :

 

Marge brute / Chiffre d'affaires (CA)

Valeur ajoutée / CA

Charges de personnel / CA

Résultat / CA

90,4 %

73,3 %

32,9 %

24,3 %

Source : Fédération française des centres de gestion agréés (près de 10000 membres)

 

Notons que pour la gestion des salons de coiffure, il existe un logiciel spécialisé, développé par EBP (versions windows ou Dos sur PC) tel 01.34.94.80.00.

 

V. REGLEMENTATION

·        Les salons de coiffure sont l’objet du titre XI du « règlement d’hygiène et de voirie » exécutoire par arrêté du 7/06/1968.

Il y est notamment stipulé :

-          l’obligation d’une autorisation d’exploitation délivrée par le district. La demande doit être accompagnée d’un plan du salon et de l’avis favorable du Service d’Hygiène.

-          l’obligation pour le personnel d’être muni d’une carte sanitaire professionnelle, délivrée gratuitement par le Service d’Hygiène sur présentation d’un certificat médical de non contagion.

-          des recommandations d’hygiène : aménagement des locaux, stérilisation des ustensiles, propreté du linge et des locaux.

 

·        Notons que le coiffeur engage sa responsabilité civile en cas de préjudices causés aux clients, il a donc intérêt à contracter une assurance. Le mieux est évidemment de prévenir tout problème et de respecter spontanément les règles d'hygiène. Depuis l'apparition du sida, tout le monde est vigilant sur les coupures et donc sur l'état et la propreté du matériel. Ce qui n’est pas du tout le cas du secteur informel, où toute notion de sécurité et d’hygiène est absente. Le client est donc exposé à de nombreux risques (poux, hépatite et même sida) pour un prix modique !

 

·      Fiscalité : La patente se calcule comme suit :

un droit fixe de 50 000 DJF pour les salons masculins, de 100 000 DJF pour les salons féminins, auquel il faut ajouter un droit proportionnel de 20 % de la valeur locative du salon.

 

·      Prix : Le prix maximal de la coupe de cheveux pour les hommes est fixé à

700 DJF par l'administration.

 

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL

A) Organismes professionnels

Il n'y a pas de syndicat professionnel de la coiffure, sans doute à cause du faible nombre de professionnels et de la diversité des formes d'exercice. Nous avons noté cependant qu’il existe une certaine entraide au sein des salons masculins dont les propriétaires sont de la même communauté ethnique.

 

B) Formation

Il n'y a pas non plus de filière de formation sur place, l'apprentissage se fait donc sur le tas. Notons qu'il existe en France un certificat d'aptitude professionnelle (CAP), un brevet professionnel (BP) et un brevet de maîtrise (BM) + mentions complémentaires (MC), qui servent de référence.

Le CAP peut être obtenu selon deux filières :

- l'apprentissage : cours des centres de formation d'apprentis

- la formation en établissement technique public ou privé, comme l'Ecole de coiffure de Paris (tél 01.43.57.48.80) ou le lycée d'enseignement professionnel de la fédération nationale (tél 01.47.70.71.97).

Pour mieux s'informer, consulter la fiche du CIDJ sur les métiers de la coiffure - CIDJ 101, quai Branly 75740 Paris cedex.

 

C) Bibliographie

- Librairie spécialisée : SEID 17, rue Notre -Dame des victoires 75002 Paris.

- Création d'entreprise : "J'ouvre un salon de coiffure", 1996, CECOD service Cecodif 18, rue de Calais 75009 Paris.

- Revues : La coiffure de paris, l'Eclaireur des coiffeurs, Coiffure internationale, Coiffures modes, coiffures et styles, Passion coiffure...

-         Vidéos : 3 vidéos de formation "Coiffure beauté" chez Vie Pratique : cheveux, couleurs, savoir se coiffer.

 

CONCLUSION

Trouver la formule. Quelques suggestions :

 

- pour la clientèle féminine aisée : il y a encore de la place (pour quelques années seulement) pour un nouveau salon de coiffure tenue par une coiffeuse diplômée. En effet, les jours de pointe, certains salons sont obligés de refuser des rendez-vous, leur capacité d’accueil étant saturée.

La franchise (Dessange, Jean-Louis David…) s'est développée partout en Europe et pourrait avoir son succès à Djibouti, pour une cible haut de gamme.

 

- Pour les autres : la coiffure à domicile pourrait être étendue car elle correspond bien aux revenus et au désir de discrétion de nombreuses djiboutiennes. Les personnes âgées et les personnes très actives, qui ne veulent pas attendre, sont aussi des clientes potentielles.

 

Élargir les prestations : visagisme, soins des cheveux, beauté, vente de produits cosmétiques..., il faut se différencier et proposer des services annexes. Il est aussi possible d’associer un salon de coiffure avec une salle de remise en forme.

 

Où s'implanter ? Le plus près possible des clients, c'est à dire dans les quartiers populaires ou les nouvelles cités (Cité saoudienne, Gabode, Balbala...).

 

Communication : Peu pratiquée à Djibouti, la publicité peut attirer une certaine clientèle non fidélisée. Indispensable pour le lancement de l'affaire. Il faut également soigner la vitrine qui sert d'appel pour la clientèle de passage.

 

Fidélisation :Capter une clientèle ne suffit pas, il faut aussi savoir la conserver. Une politique de prix étudiée, avec un système d'abonnement ou de primes, peut y aider ; mais l'atout essentiel restera le sens commercial et la qualité du travail de l'artisan.

  

Cette étude a été réalisée avec la collaboration de

Deka Waberi et Hiba Ahmed Hiba

et

 le financement du Progarmme de Nations Unies

pour le Dévelopement (PNUD)