PÔLE
UNIVERSITAIRE DE
DJIBOUTI
Établissement
d'Enseignement Supérieur
________________________________________________________________________________________
INSTITUT
SUPERIEUR
DES AFFAIRES DE
DJIBOUTI
Collection
"Études de métiers"
|
I
DEFINITION DE LA PROFESSION
................................................. A) Activités B) Aptitudes II
LE MARCHE
................................................................................... A) La demande 1.Les habitudes 2. Les services 3. Typologie de la clientèle 4. Variations saisonnières 5.Tendances de la
consommation B) L'offre 1. Répartition géographique
2. Les diverses formes de
l’offre 3. Les prix III.
LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................ A) Les ressources humaines B) Les locaux C) Les équipements D) Matières premières,
fournisseurs IV
EXPLOITATION
-........................................................................... A) Chiffre d'affaires B) Charges C) Structure des coûts et
marges V.
REGLEMENTATION
..................................................................... VI
LE MILIEU PROFESSIONNEL
...................................................... A) Organismes professionnels B) Formation C) Bibliographie CONCLUSION
.................................................................................. |
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12 |
-----------------------------------------------------------------------------
I.
DEFINITION DE LA PROFESSION
A)
Activités
Le (la )coiffeur(se) effectue tous les soins esthétiques et hygiéniques de la chevelure : shampooing, coupe, brushing, mise en plis, permanente, teinture....
En
dehors de l'activité strictement relative aux traitements des cheveux, le (la)
coiffeur(se) réalise de
plus en plus des activités annexes, telles que la vente de parfums, de produits capillaires..., ou encore des activités d'esthéticienne, de massage. Un salon de coiffure devient donc un vrai laboratoire au service de la mise en valeur de la beauté.
La
coiffure reste un métier artisanal et manuel. Le métier évolue quand même,
grâce au progrès
technique
qui s'introduit dans les produits utilisés (par exemple produits pour les
permanentes sans ammoniaque) ainsi que dans le matériel (séchoirs équipés de
programmateurs perfectionnés....)
B)
Aptitudes
Placée
sous le signe de la mode et de l'élégance, la coiffure exige le sens de
l'harmonie des formes, des proportions et des couleurs, ainsi qu'une présentation
soignée et le sens des contacts.
·
le
coiffeur doit sentir l'air du temps dans la rue, à travers la mode, se tenir
informé des courants du moment.
·
C’est
un artiste qui modèle le "look" de sa clientèle. La coiffure est
avant tout un art de création. Il faut être visagiste et posséder une habileté
manuelle.
·
Le
coiffeur doit se tenir debout toute la journée, faire vite et bien tout en
manipulant des produits toxiques dans une ambiance chaude et humide.
·
Séduire
la clientèle : politesse, discrétion, correction, psychologie, amabilité,
patience sont les vertus du métier de la coiffure.
II.
LE MARCHE
A)
La demande
1.Les
habitudes
·
Au
premier abord et d'un point de vue quantitatif, ce marché apparaît surtout
masculin. Se laisser pousser les cheveux est signe de mauvaise hygiène, aussi
les enfants et les hommes vont régulièrement chez le coiffeur pour garder les
cheveux courts.
·
Les
femmes quant à elles vont beaucoup moins chez le coiffeur. Pour certaines, les
cheveux féminins sont perçus comme un don de Dieu que l'on ne devrait pas
toucher. Un proverbe arabe dit textuellement : "la
chevelure de la femme est l'expression par excellence de sa féminité".
·
La
tendance est inversée chez la clientèle européenne, les femmes se rendant
assez fréquemment chez le coiffeur. Les soirées et les cocktails sont souvent
des occasions de se faire faire une beauté.
D'une
façon générale, les études de la DINAS en matière de consommation des ménages
djiboutiens font ressortir la faible part des budgets familiaux consacrée au
poste hygiène - beauté, du fait du poids du khât (près de 20%) dans ces
budgets.
2.
Les services
Les
services demandés en matière de coiffure sont bien différents selon qu'il
s'agit d'hommes ou de femmes. On distinguera donc tout au long de cette étude
coiffure féminine et coiffure masculine.
·
Coiffure
féminine :
-
coupe, brushing, teinture, permanente, défrisage,
- services associés : esthétique, coiffure-beauté, achat de produits cosmétiques.
·
Coiffure
masculine :
-
coupe, barbe,
-
services associés : friction, massage.
3.
Typologie de la clientèle
·
Coiffure
féminine :
On
peut distinguer deux groupes dans la clientèle féminine :
-
clientèle européenne et assimilée, djiboutiennes aisées : leur fréquentation
des salons est régulière (une fois par semaine ou par quinzaine), leur pouvoir
d'achat étant relativement important. On trouve toutes les classes d'âge chez
ce type de clientèle.
-
clientèle
populaire : cette clientèle ne fréquente qu’occasionnellement les salons,
elle est plutôt jeune, entre 20 et 30 ans. Elle est ainsi plus sensible à la
mode.
·
Coiffure
masculine :
Les
hommes et les enfants se coupent les cheveux tous les deux mois. Notons dans la
fréquentation des salons masculins, la présence non négligeable de militaires
français (visite mensuelle !), qui préfèrent ainsi le coiffeur en ville
plutôt que celui de la caserne, gratuit mais moins attentionné.
4.
Variations saisonnières
La
célébration des fêtes de l'Aïd, les mariages, les anniversaires ou encore la
rentrée scolaire sont les occasions incontournables pour passer sous la
tondeuse ou se faire coiffer.
5.Tendances
de la consommation
Faut-il
parler de crise économique et sociale ? On peut en tout cas observer les
tendances suivantes concernant le métier de la coiffure :
·
Effet
revenu
: Le secteur est très dépendant du pouvoir d'achat des ménages. Dans la période
récente, les dépenses de soins personnels n'augmentent presque plus, quand
elles ne sont pas en baisse. Le revenu disponible, les retards de salaires
conjugués à la taille toujours aussi importante de la famille (5 enfants en
moyenne par foyer) freinent ainsi la fréquentation des salons de coiffure.
·
Effet
culturel
: Le développement du port du voile par les filles entraîne également une
diminution du marché féminin de la coiffure. Les traditions et la culture
religieuse ne sont pas favorables à la créativité esthétique et peuvent même
se révéler un obstacle à cette profession.
·
Effet
volume
: La réduction des effectifs des militaires français stationnés à Djibouti
entraînera une diminution du nombre des clientes potentielles des salons féminins
de la place.
B)
L'offre
Un
peu d'histoire....
Traditionnellement
dans la Corne de l’Afrique, ce sont les forgerons qui font office de coiffeur
parce qu’ils ont les outils et l’habileté nécessaires. Considérés de
caste « non noble », les métiers qu’ils exercent, y compris la
coiffure, sont plutôt méprisés de la population. Il est aussi raconté que
les premiers coiffeurs étaient des yéménites qui pratiquaient l’excision.
C'est
dans les années trente, avec l’arrivée des premiers Indiens et Pakistanais
migrants que l'on va assister à la domination de la profession par ces
nouvelles communautés, qui vont former une véritable corporation
professionnelle. Les premiers coiffeurs d’origine somalienne n’apparaîtront
qu’à la fin des années 70. Cette profession est encore largement dominée
par les étrangers, ce métier étant encore, parfois mal vu chez certains
djiboutiens.
1.
Répartition géographique
Les
salons de coiffure féminins et masculins sont situés principalement dans le
centre-ville commercial (voir carte page suivante).
2.
Les diverses formes de l’offre
Statut
juridique
: A part quelques salons féminins qui ont un statut de SARL, toutes les
entreprises sont des entreprises individuelles à caractère familial.
Typologie
: On peut distinguer, outre la spécialisation féminin/masculin, les salons de
coiffure qui ont pignon sur rue et qui sont déclarés auprès de
l’administration fiscale. et le secteur informel : coiffure à domicile,
coiffure "ambulante".
·
Les
salons
: selon l'administration fiscale, on dénombre 19 salons masculins et 15 salons
féminins.
Voici
la liste et les coordonnées des principaux salons en activité :
SALONS FEMININS
|
DENOMINATION |
ADRESSE
|
TEL |
|
·
Annie
coiffure |
Boulevard
Bonhoure |
35.23.20 |
|
·
Salon
d'or |
Avenue
Georges Clémenceau |
35.23.27 |
|
·
La
finesse |
Avenue
Georges Clémenceau |
35.81.49 |
|
·
Amazone
coiffure |
Immeuble
Le palmier en zinc |
|
|
·
Loreleï |
Plateau
du Serpent |
35.25.68 |
|
·
Salon
de coiffure |
Place
Ménélik |
35.08.99 |
|
·
Warda |
Quartier
3, avenue 13 |
35.09.04 |
|
·
Line
(salon mixte) |
Rue
de Genève |
35.35.09 |
|
·
Profil
beauté féminin |
Rue
de Marseille |
35.12.00 |
|
·
Espace
coiffure |
Rue
de Dakar |
35.51.75 |
SALONS MASCULINS
|
DENOMINATION |
ADRESSE
|
|
·
Hira |
Avenue
Georges Clémenceau |
|
·
A
luxe de la coiffure |
Avenue
Georges Clémenceau |
|
·
Au
ciseau d'argent |
Avenue
Georges Clémenceau |
|
·
Rameh
salon de coiffure |
Avenue
Georges Clémenceau |
|
·
Sham
salon de coiffure |
Avenue
Georges Clémenceau |
|
·
Coiffure
nationale |
Avenue
Georges Clémenceau |
|
·
Coiffure
Ramesh |
Avenue
Georges Clémenceau |
|
·
Pravin |
Rue
d'Athènes |
|
·
Coiffure
Prem |
Rue
de Genève |
|
·
Au
luxe salon de coiffure |
Rue
de Paris |
|
·
Coiffure
Prakach |
Rue
de Rome |
|
·
Coiffure
Mukecke |
Rue
de Ras Makonnen |
SALONS MASCULINS
|
DENOMINATION |
ADRESSE
|
|
·
Chez
Vijay |
Rue
de Ras Makonnen |
|
·
Coiffure
Babou |
Rue
de Ras Makonnen |
|
·
Chez
Fouad |
Quartier
2, boulevard 14 |
|
·
Chez
Ali |
Quartier
2, boulevard 14 |
|
·
Chez
Abdallah |
Quartier
2, boulevard 14 |
·
La
coiffure à domicile
:
L'utilisation
des produits auto-coiffants donne naissance à des coiffeurs en herbe, qui
deviennent de réels concurrents pour les professionnels. La coiffure à
domicile est en essor à Djibouti, car elle répond au besoin de discrétion que
ne peut offrir un salon de coiffure ouvert au public.
Parfois,
ce sont des employés qui travaillent en salon de coiffure qui, pour arrondir
leurs fins de mois, proposent ce genre de service, détournant ainsi une partie
de la clientèle du salon.
Les
coiffeuses "africaines", spécialisées dans les tresses et la pose de
postiches, font aussi partie de cette catégorie.
·
La
coiffure "ambulante"
:
Ce domaine est plutôt masculin. Le coiffeur ambulant est en fait le coiffeur du quartier. Il s'installe là où se trouve le client, en plein air. C'est le coiffeur populaire et économique. Chacun a donc sa zone de travail et sa clientèle, qui lui est en général fidèle. Certains, bien introduits auprès des FFDJ, viennent régulièrement dans les casernes, profitant ainsi de ce marché intéressant.
·
Les
salons de l'informel :
Il s’agit de salons de coiffure « clandestins », non déclarés auprès des responsables administratifs. Ils sont situés dans les quartiers et sont souvent tenus par des étrangers (éthiopiens, sénégalais). Equipés d’une banale chaise et d’un miroir, les murs sont souvent en planches ou en tôles.
3.
Les prix
SALONS FEMININS
|
TYPE
DE PRESTATION |
DUREE
MOYENNE |
TARIFS
DJF
Minimum Maximum |
|
|
Coupe
(sans brushing) |
15
mn |
1
500 |
2
000 |
|
Coupe
(avec brushing) |
30
mn |
2
500 |
7
000 |
|
Chignon |
30
mn |
2
800 |
6
000 |
|
Défrisage
avec mise en pli |
2
h |
2
000 |
9
000 |
|
Défrisage
sans mise en pli |
1
h |
2
500 |
7
000 |
|
Brushing |
30
à 45 mn |
1
000 |
5
000 |
|
Mèche |
30
à 45 mn |
4
500 |
7
000 |
|
Permanente
( + coupe + brushing) |
1
h |
7
000 |
12
000 |
|
Coloration |
30
mn |
2
000 |
4
800 |
|
Manucure |
2
h |
1
000 |
1
500 |
SALONS FEMININS (suite)
|
TYPE
DE PRESTATION |
DUREE
MOYENNE |
TARIFS
DJF
Minimum Maximum |
|
|
Pédicure |
2
h |
1
000 |
1
500 |
|
Lifting |
1
h |
3
000 |
5
000 |
|
Épilation
sourcils |
10
mn |
1
000 |
1
500 |
|
Épilation
jambes |
15
mn |
1
000 |
1
500 |
|
Drainage
jambes lourdes |
20
mn |
4
000 |
5
500 |
|
Décoloration
duvet |
10
mn |
1
000 |
5
000 |
|
Maquillage |
30
mn |
3
000 |
5
000 |
|
Massage |
45
mn |
5
000 |
8
000 |
|
Soin
des yeux |
15
mn |
2
000 |
3
000 |
|
Soin
du buste |
15
mn |
2
000 |
3
500 |
|
Soin
antiride |
1
h |
7
000 |
10
000 |
|
Soin
du visage |
1
h |
7
000 |
10
000 |
|
Soin
du cou |
1h
30 mn |
8
000 |
12
000 |
SALONS
MASCULINS
|
TYPE
DE PRESTATION |
DUREE
MOYENNE |
TARIF
DJF
Minimum
Maximum |
|
|
Coupe
de cheveux |
35
mn |
400
-700 |
3
000 |
|
Coupe
barbe |
15
mn |
200
- 500 |
3
000 |
|
Friction |
10
mn |
100
- 300 |
3
000 |
La
coupe pour la coiffure ambulante est de 100 DJF.
III.
LES MOYENS DE PRODUCTION
A)
Les ressources humaines
On
distingue plusieurs niveaux de qualification dans la profession ; « shampouineur »,
assistant - coiffeur, coloriste, coiffeur...
Le
travail est irrégulier, on estime dans la profession à 20 heures de travail
effectif pour 40 heures de présence par semaine, le jeudi est en général le
jour de la semaine le plus chargé.
A
Djibouti les salaires des employés non qualifiés sont peu élevés. Beaucoup
de salons embauchent des apprentis et des personnes à temps partiel. (voir
charges de personnel). Il n'y pas de convention collective dans le métier de la
coiffure.
·
Salons
masculins
:
Chez
les coiffeurs hindous ou pakistanais le métier se transmet de père en fils. Au
début, le jeune apprenti passera la majeur partie de son temps dans le salon de
coiffure, observant son père et les autres employés à l’œuvre. Ensuite, il
donnera ses premiers coups de ciseaux sur un des membres de la famille.
Au
bout d’un mois, en moyenne, le jeune apprenti est opérationnel.
·
Salons
féminins :
Trois
catégories d’employées coexistent dans un salon de coiffure féminin :
-
employée
spécialiste des soins des cheveux,
-
employées
spécialistes des soins esthétiques
- et enfin la patronne qui se réserve les interventions complexes.
Souvent
la clientèle a sa coiffeuse attitrée, cette dernière connaissant ses goûts
et son cheveu.
Les conditions de recrutement ne sont pas très exigeantes, Djibouti, n’ayant pas d’école de coiffure. Les postulantes doivent avoir un minimum de savoir-faire en coiffure, une formation de base leur sera donnée lors de la période d’essai.
B)
Les locaux
A
Djibouti, les salons de coiffure ne sont pas d’une grande superficie,
contrairement aux salons européens, il est même possible de s’installer dans
une partie de sa maison d’habitation. En effet, il ne faut pas oublier que ces
salons doivent être correctement climatisés pour atténuer la chaleur des séchoirs
et de la température extérieure.
C)
Les équipements
· Investissement de départ pour un salon féminin de 40 m2, il faut compter environ 3 millions DJF qui se décomposent en :
|
frais
d'installation (EDD, ONED, OPT…) |
315
000 |
|
Patente |
180
000 |
|
Publicité,
papeterie |
25
000 |
|
Climatiseur,
split |
350
000 |
|
Casques
(4), séchoirs (2) |
450
000 |
|
Tondeuses,
fers |
30
000 |
|
Bacs
pour le shampooing (2) |
450
000 |
|
Machine
à laver, fer à repasser |
150
000 |
|
Agencements : étagères,
enseignes, plantes, mini chaîne , miroirs… |
300
000 |
|
Mobilier
(fauteuils et salon de salle d'attente) |
700
000 |
|
Petits
matériels : brosses, rouleaux, ciseaux, peignes, pinces diverses, |
50
000 |
|
Blouses,
serviettes |
50
000 |
|
TOTAL
|
3
050 000
|
*Remarques :
-
il est à noter qu’il est impossible de travailler sans électricité,
l’acquisition d’un groupe électrogène est donc indispensable. Cette
acquisition va augmenter l’investissement de départ de 500 000 à 2 000 000
DJF, selon la taille du groupe.
-
en cas d’activité d’esthéticienne, il faut rajouter un équipement d’épilation
soit environ 200 000 DJF.
·
dans
le domaine de la coiffure à domicile
l’investissement est minime :
- un bac et une douchette adaptable à tous les robinets (équipement facultatif),
- une mallette avec peignes et ciseaux,
-
un séchoir et une ligne téléphonique.
Cet équipement varie de 75 000 DJF à 150 000 DJF, selon son importance.
·
Les
salons masculins nécessitent un équipement
moins important et la décoration est toujours plus sommaire que dans les salons
féminins, l’investissement de départ est d’environ 2 000 000 DJF.
·
Les
coiffeurs de rue possèdent un
« équipement » minimum : deux paires de ciseaux, deux à trois
peignes, un miroir, deux bouteilles de parfum.
D)
Matières premières, fournisseurs
|
Shampooing |
de
250 à 2 500 DJF |
|
Crème |
de
100 à 1000 DJF |
|
Laque |
de
200 à 1 200 DJF |
|
Produit
de coloration |
de
1000 à 2300 DJF |
|
Parfum |
de
250 à 1200 DJF |
|
Mousse
à raser |
de
120 à 750 DJF |
|
Gel |
de
350 à 1000 DJF |
|
Huile |
de
300 à 550 DJF |
Les
principaux fournisseurs sont MODAREK (produits Eugène et Kéranove) et PRODIMA
(produits L’Oréal).
IV
EXPLOITATION
A)
Chiffre d'affaires
Pour
évaluer ce chiffre d’affaires, une approximation peut-être faite à partir
du nombre de clients par jours.
-
pour un petit salon féminin (uniquement l’activité coiffure) le
chiffre d’affaires est d’environ 100 000 DJF/jour, il peut monter à 200 000
DJF les jours de pointe.
-
pour un salon masculin, il varie de 30 000 à 50 000 DJF.
B)
Charges
-
Les achats de produits capillaires représentent environ 10% du chiffre
d'affaires. Dans un salon féminin, pour démarrer, il faut compter 100 000 DJF.
-
Loyer : il est fonction de l’emplacement et de la superficie du
salon, il varie de 50 000 à 150 000 DJF/mois
-
L’électricité : la facture varie de 50 000 DJF à plus de 100
000 DJF et dépend du nombre de casques, de séchoirs et de climatiseurs. Depuis
quelques années les salons de coiffure, situés en ville, sont tous équipés
d’un groupe électrogène, il faut donc tenir compte de la consommation de
gas-oil, variable selon les coupures !
-
L’eau : de 2 500 DJF à 4 000 DJF
-
Les Salaires : de 20 000 à 40 000 DJF par employés non qualifiés
-
Assurance responsabilité civile
-
Frais de librairie (magazines) : environ 5 000 DJF/mois
-
les frais d’entretien sont évalués à 5 000 DJF/mois
C)
Structure des coûts et marges
Dans
les salon modernes, on retrouve les ratios de gestion suivants :
|
Marge
brute / Chiffre d'affaires (CA) Valeur
ajoutée / CA Charges
de personnel / CA Résultat
/ CA |
90,4
% 73,3
% 32,9
% 24,3
% |
Source
: Fédération française des centres de gestion agréés (près de 10000
membres)
Notons
que pour la gestion des salons de coiffure, il existe un logiciel spécialisé,
développé par EBP (versions windows ou Dos sur PC) tel 01.34.94.80.00.
V.
REGLEMENTATION
·
Les
salons de coiffure sont l’objet du titre XI du « règlement d’hygiène
et de voirie » exécutoire par arrêté du 7/06/1968.
Il
y est notamment stipulé :
-
l’obligation d’une autorisation d’exploitation délivrée par le
district. La demande doit être accompagnée d’un plan du salon et de l’avis
favorable du Service d’Hygiène.
-
l’obligation pour le personnel d’être muni d’une carte sanitaire
professionnelle, délivrée gratuitement par le Service d’Hygiène sur présentation
d’un certificat médical de non contagion.
-
des recommandations d’hygiène : aménagement des locaux, stérilisation
des ustensiles, propreté du linge et des locaux.
· Notons que le coiffeur engage sa responsabilité civile en cas de préjudices causés aux clients, il a donc intérêt à contracter une assurance. Le mieux est évidemment de prévenir tout problème et de respecter spontanément les règles d'hygiène. Depuis l'apparition du sida, tout le monde est vigilant sur les coupures et donc sur l'état et la propreté du matériel. Ce qui n’est pas du tout le cas du secteur informel, où toute notion de sécurité et d’hygiène est absente. Le client est donc exposé à de nombreux risques (poux, hépatite et même sida) pour un prix modique !
·
Fiscalité
:
La patente se calcule comme suit :
un droit fixe de 50 000 DJF pour les salons masculins, de 100 000 DJF pour les salons féminins, auquel il faut ajouter un droit proportionnel de 20 % de la valeur locative du salon.
·
Prix
:
Le prix maximal de la coupe de cheveux pour les hommes est fixé à
700 DJF par l'administration.
VI.
LE MILIEU PROFESSIONNEL
A)
Organismes professionnels
Il
n'y a pas de syndicat professionnel de la coiffure, sans doute à cause du
faible nombre de professionnels et de la diversité des formes d'exercice. Nous
avons noté cependant qu’il existe une certaine entraide au sein des salons
masculins dont les propriétaires sont de la même communauté ethnique.
B)
Formation
Il
n'y a pas non plus de filière de formation sur place, l'apprentissage se fait
donc sur le tas. Notons qu'il existe en France un certificat d'aptitude
professionnelle (CAP), un brevet professionnel (BP) et un brevet de maîtrise
(BM) + mentions complémentaires (MC), qui servent de référence.
Le
CAP peut être obtenu selon deux filières :
-
l'apprentissage : cours des centres de formation d'apprentis
-
la formation en établissement technique public ou privé, comme l'Ecole de
coiffure de Paris (tél 01.43.57.48.80) ou le lycée d'enseignement
professionnel de la fédération nationale (tél 01.47.70.71.97).
Pour
mieux s'informer, consulter la fiche du CIDJ sur les métiers de la coiffure - CIDJ 101, quai Branly 75740 Paris
cedex.
C)
Bibliographie
-
Librairie spécialisée : SEID 17, rue Notre -Dame des victoires 75002 Paris.
-
Création d'entreprise : "J'ouvre un
salon de coiffure", 1996, CECOD service Cecodif 18, rue de Calais 75009
Paris.
-
Revues : La coiffure de paris, l'Eclaireur des coiffeurs, Coiffure
internationale, Coiffures modes, coiffures et styles, Passion coiffure...
-
Vidéos
: 3 vidéos de formation "Coiffure
beauté" chez Vie Pratique : cheveux, couleurs, savoir se coiffer.
CONCLUSION
Trouver
la formule.
Quelques suggestions :
-
pour la clientèle féminine aisée : il y a encore de la place (pour quelques
années seulement) pour un nouveau salon de coiffure tenue par une coiffeuse diplômée.
En effet, les jours de pointe, certains salons sont obligés de refuser des
rendez-vous, leur capacité d’accueil étant saturée.
La
franchise (Dessange, Jean-Louis David…) s'est développée partout en Europe
et pourrait avoir son succès à Djibouti, pour une cible haut de gamme.
-
Pour les autres : la coiffure à domicile pourrait être étendue car elle
correspond bien aux revenus et au désir de discrétion de nombreuses
djiboutiennes. Les personnes âgées et les personnes très actives, qui ne
veulent pas attendre, sont aussi des clientes potentielles.
Élargir
les prestations
: visagisme, soins des cheveux, beauté, vente de produits cosmétiques..., il
faut se différencier et proposer des services annexes. Il est aussi possible
d’associer un salon de coiffure avec une salle de remise en forme.
Où
s'implanter ?
Le plus près possible des clients, c'est à dire dans les quartiers populaires
ou les nouvelles cités (Cité saoudienne, Gabode, Balbala...).
Communication
:
Peu pratiquée à Djibouti, la publicité peut attirer une certaine clientèle
non fidélisée. Indispensable pour le lancement de l'affaire. Il faut également
soigner la vitrine qui sert d'appel pour la clientèle de passage.
Fidélisation
:Capter une clientèle ne suffit pas, il faut aussi savoir la conserver. Une
politique de prix étudiée, avec un système d'abonnement ou de primes, peut y
aider ; mais l'atout essentiel restera le sens commercial et la qualité du
travail de l'artisan.
Cette
étude a été réalisée avec la collaboration de
Deka
Waberi et Hiba Ahmed Hiba
et
le financement du Progarmme de Nations Unies
pour
le Dévelopement (PNUD)