PÔLE
UNIVERSITAIRE DE
DJIBOUTI
Établissement
d'Enseignement Supérieur
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INSTITUT SUPERIEUR
DES AFFAIRES DE DJIBOUTI
Collection
"Études de métiers"
|
I. DEFINITION DE LA PROFESSION ................................................ A) Activités B) Aptitudes II. LE MARCHE .................................................................................. A) Les produits 1. Historique 2. Caractéristiques techniques 3. Classification des produits B) La demande ........................................................................ 1. Aspect quantitatif 2. Habitudes de consommation 3. Variations saisonnières 4. Freins à la consommation 5. Typologie de la clientèle C) L'offre ................................................................................. 1. La production 2. La distribution 3. Exclusivité 4. Les prix III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................ A) Les équipements B) Les ressources humaines IV. EXPLOITATION ........................................................................... A) Chiffre d'affaires B) Charges C) Gestion des stocks V. REGLEMENTATION ..................................................................... A) Protection du consommateur B) Régimes d'importation C) Documents commerciaux D) Fiscalité VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL ..................................................... A) Syndicat B) Formation C) Bibliographie D) Salon CONCLUSION .................................................................................. |
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I. DEFINITION
DE LA PROFESSION
L'activité Cosmétiques au sens large du terme se limite sur le territoire djiboutien à la distribution de cosmétiques importés.
La séquence d'opérations est la suivante : Tout d'abord la détermination des besoins de la clientèle en produits et marques, la recherche de fournisseurs étrangers, la négociation de contrats commerciaux et notamment de contrats d'exclusivité, l'importation des produits et le dédouanement de ceux-ci, le stockage, la mise à disposition, le conseil et la vente à la clientèle et le service après-vente.
À côté de cette filière complète assumée que par quelques opérateurs sur Djibouti, nombre de distributeurs n'interviennent qu'en fin de chaîne.
À côté de l'activité de distribution de cosmétiques, il existe aussi les instituts de beauté qui, parallèlement à leurs prestations de services ou "soins" de beauté ont aussi un volet "vente" de produits de beauté, car il s'avère que les soins pratiqués seuls ne sont pas rentables. L'institut de beauté doit être aussi un lieu de vente. Pour cette étude de métiers, seul l'aspect "vente" sera étudié.
B)
Aptitudes
Le gérant ou responsable du magasin doit avoir des qualités de chef d'entreprise et des qualités de négociateur pour obtenir dans de bonnes conditions des contrats d'exclusivité pour Djibouti ou la sous-région.
Le vendeur ou la vendeuse en cosmétique et parfumerie sait accueillir les clients. Il les écoute afin de connaître leurs désirs et leurs besoins particuliers : type de peau, allergie, etc. Il conseille les clients, leur décrit les propriétés d'un article ou d'une gamme de produits s'il est représentant d'une marque particulière. Il propose des parfums, les fait respirer et donne des échantillons Il explique comment utiliser les produits, donne son avis concernant la mise en valeur d'un visage : maquillage, soins esthétiques.
Le vendeur de cosmétiques s'occupe du réassortiment et de la gestion des stocks. Il réceptionne les articles livrés par les fournisseurs. Il déballe les caisses et les cartons, réapprovisionne en marchandises les différents rayons. Il range, met en valeur les articles pour attirer le regard du client et l'inciter à l'achat..
Cette profession demande du goût pour les contacts humains, du tact et de la discrétion. Participant à la vente des produits de beauté, sa présentation doit toujours être agréable et soignée.
II.
LE MARCHE
A)
Les produits
1. Historique
·
Les cosmétiques
L'utilisation des cosmétiques pour embellir la peau et les cheveux remonte à l'Antiquité. Lorsqu'on ouvrit la sépulture de Toutankhamon, pharaon de la XVIIe dynastie (aux environs de 1850 av. J.-C.), les pots d'onguent conservaient encore l'odeur des huiles essentielles (extraits de plantes parfumées) entrant dans sa composition. On y découvrit également des restes de khôl (collyre d'antimoine), que les Orientaux emploient depuis toujours comme fard à paupières.
Née chez les civilisations orientales raffinées, la cosmétique s'est transmise aux mondes grec et romain.
·
Les parfums
L'usage des parfums, sous la forme primaire de matières odorantes naturelles, est également très ancien et paraît réservé au culte des morts (baumes), avant de prendre une signification essentiellement religieuse. Par ailleurs, de tout temps, les végétaux odorants ont aussi été largement utilisés à des fins thérapeutiques. Les premiers utilisateurs de parfums sont, semble-t-il, certains peuples d'Orient, notamment les Perses et les Assyriens.
2.
Caractéristiques techniques
·
Les cosmétiques
Ils sont d'une extrême diversité (voir tableau ci-après)
- Les techniques employées : elles sont également très diverses et souvent complexes. À titre d'exemple, les produits liquides utilisant des liquides porteurs (aqueux ou hydroalcooliques), ou excipients, dans lesquels sont dissous certains principes actifs, des parfums et des colorants. Les émulsions fluides, comme les laits, sont généralement des émulsions de corps gras dans de tels liquides. Les émulsions pâteuses, telles que les crèmes, sont généralement des émulsions de ces liquides dans ces corps gras.
- Les liens entre la cosmétologie et la pharmacie : Dans les produits de soins,
la frontière entre la cosmétologie et la pharmacie est parfois peu évidente.
Elle oblige, de toute façon, le producteur à prendre des précautions
analogues à celles prises par les laboratoires pharmaceutiques, notamment en
matière de mise au point de formules non allergisantes. Certains types de
soins, de nos jours, associent étroitement cosmétologie et pharmacie. Par
exemple, les traitements visant à augmenter l'hydratation et la souplesse de l'épiderme
procèdent souvent d'un double traitement, externe par des émulsions ou des
liposomes cosmétiques, appliqués en crème, et interne grâce à des médicaments
à base d'acides gras essentiels.
·
Les parfums
Ce sont des solutions alcooliques odoriférantes.
- Les matières premières : Les produits odoriférants
naturels proprement dits (plus de 300) sont d'origine végétale : fleurs,
fruits, racines, graines, écorces et résine). Les produits artificiels ou
isolats sont issus de produits naturels. Par exemple, le phényléthanol,
extrait des pétales de rose. Les produits de synthèse (plus 1000)
appartiennent à de nombreuses familles chimiques (esters, phénols, etc.).
- Les procédés d'extraction : L'extraction des principes actifs des produits naturels
se fait par " expression " ou pressage classique s'appliquant aux écorces
de fruits, par macération tiède dans un corps gras, par macération froide ou
enfleurage, par extraction aux solvants, ou par distillation avec entraînement
à la vapeur d'eau.
- La composition des parfums : Les formules de parfum sont mises au point par des spécialistes,
que l'on appelle des " nez ".
3.
Classifications des produits
Le tableau suivant précise les différents types de cosmétiques proposés sur le marché djiboutien et concernés par cette étude:
|
Type
|
Exemple |
Remarque |
|
Soin
du visage |
Crème
hydratante ou antidessèchement , brumisa-teur, crème multi usages, crèmes
nourrissantes… |
Produits
généralistes, mais plus abordables que les produits spécialisés comme
les anti -vieillissement. |
|
Anti
- vieillissement et rides |
Soins
de jour, soins de nuit, effaceur rides, soins profonds contre la
rigidification progressive des fibres de collagène sous la peau, crèmes
nutritives, solutions de rééducation de la peau, crème réparatrice… |
A
la limite de la parapharmacie. Produits de "haute technologie".
Aspect préventif marqué |
|
Produits
purifiants |
Produits
peaux grasses, soin hydratant sébum contrôle, masque autochauffant,
films matifiants express. Strips et patchs |
Tout
public. Progression chez les adolescents ayant des problèmes de peau. A
la limite de la parapharmacie. Aspect préventif marqué |
|
Maquillage
|
Rouges
à lèvre, ombres à paupière, les mascaras, les vernis… démaquillants |
L'aspect
séduction se double de plus en plus d'une touche protectrice de la peau |
|
Produits
de rasage |
Crème
ou gel à raser, lotion et gel après-rasage… |
Ces
produits sont commercialisés à tous les prix. À côté du bas de gamme
on trouve des produits de marque |
|
Amincissants
par effet externe |
Crèmes
ou gels par appliqués localement |
À
la limite de la parapharmacie. Produits de "haute technologie" |
|
Produits
d'hygiène |
Savon
sous toutes ces formes solides, et liquide, gel-douche, produits pour le
bain, déodorant… |
Du
plus commun au plus sophistiqué |
|
Soin
du corps |
Les
crème, cire ou spray épilatoires |
A
tous les prix. |
|
Produits
solaires |
Crème
ou spray protecteurs Soin
après soleil |
A
la limite de la parapharmacie. Produits de "haute technologie".
Aspect préventif marqué |
|
Parfums
- eau de toilette |
Parfums,
eau de toilette, eau de cologne… produits
pour enfants |
Ce
secteur est très diversifié et couvre toute une palette de produits
allant du luxe au plus commun. |
La classification des produits en produits haut, moyen et bas de gamme est essentielle dans le domaine des cosmétiques parce qu'elle entraîne des distinctions importante dans les lieux de commercialisation et la manière dont les produits sont présentés.
Une autre classification présente un intérêt celle opposant les produits d'hygiène et de beauté au sens large d'un côté et les produits ayant des incidences au niveau de la santé. Elle entraîne notamment le choix ou l'obligation commerciale ou juridique de distribuer les produits de la seconde catégorie via les officines de pharmacie.
B) La demande
1.
Aspect quantitatif
Elle peut être estimée par l'étude des importations officiellement recensées. Cependant il faut savoir qu'une part non négligeable des produits consommés sur place entre clandestinement sur le marché djiboutien.
Elle est en forte progression comme en témoigne les statistiques portuaires :
IMPORTATIONS
(en tonnes)
|
Produits |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
|
Savons,
détergents, parfumerie |
6
071 |
2
122 |
3
186 |
2
015 |
5
110 |
|
Dont
parfums et eaux de toilette |
- |
- |
274 |
216 |
1666 |
Source
: statistiques portuaires
2. Habitudes de consommation
Les cosmétiques dans leur grande majorité demeurent considérés comme des produits de luxe, mais dont les femmes peuvent de moins en moins se passer. Si l'objectif séduction demeure très fort, la protection de la peau et le renforcement de ses défenses naturelles l'emporte désormais. Les hommes, longtemps allergiques à l'utilisation de produits de soin du visage et du corps s'y sont mis aussi.
3. Variations saisonnières
La demande de produits cosmétiques dépend de l'époque de l'année. Pour les crèmes de soin la demande est plus forte pendant la saison fraîche que pendant la saison chaude. Au contraire pour les parfums et les déodorants, la chaleur qui favorise transpiration et odeurs corporelles désagréables pousse à l'achat.
4. Freins à la consommation
Ces freins n'ont pas le même poids selon l'origine sociale de la clientèle. Le respect des traditions, la crainte de la nocivité des substances "chimiques" et le prix concernent les femmes des milieux populaires. Le prix est un élément important dans la décision des femmes aux revenus moyens. La faiblesse de l'assortiment peut encourager les femmes aisées à s'approvisionner ailleurs. Enfin, pour la population expatriée, les freins essentiels sont le prix et la faiblesse de l'assortiment.
5. Typologie de la clientèle
La demande de produits cosmétiques sur Djibouti est le fait d'une population diversifiée. Par simplification, on distinguera la population expatriée d'origine européenne et la population djiboutienne.
- La population expatriée : Cette population ayant l'occasion d'effectuer de nombreux séjours en Europe, en profite pour y effectuer ses achats de produits de parfumerie que ce soit dans le cadre d'un premier achat (découverte et achat d'un produit) ou achat de renouvellement. Cependant à l'occasion des fêtes ou événements non intégrés forcément avant le départ pour Djibouti (Noël, anniversaire, Saint-Valentin...), des achats sont effectués sur place. Dans ce cas la demande ressort aussi bien des femmes (achats personnels ou pour leurs conjoints (produits de rasage, eau de toilette...) que des hommes (essentiellement pour offrir).
- La population djiboutienne : L'essentiel de la clientèle régulière des produits cosmétiques et parfumerie est composée des femmes djiboutiennes ou installées à Djibouti. Pour l'ensemble de cette population l'utilisation de parfums ou de fards est importante et fait partie de la culture locale comme en témoigne un adage somalien : "Seules la sotte et la nuit sont noires" (Doqoon iyo hameen ba madoow).
· La demande féminine : Une classification de la demande peut-être réalisée parmi ces consommatrices en fonction de leur appartenance sociale et niveau économique :
- Les femmes djiboutiennes issues de la "bourgeoisie" s’approvisionnent en produits "de luxe" dans les parfumeries de la place pour les parfums et cosmétiques ou dans l'unique supermarché pour ce qui est des cosmétiques. Leur motivation est de se différencier des autres femmes de condition plus modeste. En effet dans la société djiboutienne, il est de bon ton de montrer aux autres sa réussite par le port d'objets de grandes marques. Bijoux, parfums, etc sont des symboles de noblesse et de richesse très prisés.
- Cependant ce cercle restreint s'agrandit de plus en plus avec l'arrivée de jeunes femmes salariées qui bénéficient d'une certaine indépendance financière leur permettant l'achat de produits "coup de cœur". C'est cette seconde catégorie de clientèle qui a d'ailleurs entraîné l'ouverture de nouvelles parfumeries au centre ville. Ces jeunes femmes sont très sensibles aux influences extérieures, à la mode, à la publicité insérée dans les magazines féminins notamment ou à la manière dont s'habillent ou se maquillent les actrices ou les chanteuses, par exemple. La séduction, la notion de plaisir, l'attrait de la nouveauté, l'effet d'imitation sont des motivations fortes. Ces femmes consomment donc des produits de marques et qui ont fait l'objet de contrôles rigoureux pour éviter tout risque pour la santé.
- Les femmes des milieux à revenus moyens constituent la catégorie la plus importante quantitativement. Ces femmes ne fréquentent pas les parfumeries du centre ville ou le supermarché faute d'un pouvoir d'achat suffisant. Elles s'approvisionnent donc essentiellement auprès des bazars de la place ou auprès des femmes commerçantes (charcharis) qui importent leurs produits de Dubai ou d'Extrême-Orient. Elles profitent aussi du voyage ou du séjour de parents ou d'amies à l'étranger.
La demande de ces femmes a entraîné la prolifération de fournisseurs qui proposent des produits à des prix inférieurs à ceux pratiqués par les parfumeurs, mais sans aucune garantie quant à l'innocuité des produits. En effet ces femmes n'hésitent pas à se procurer des produits sans marque connue, ou des contrefaçons pouvant même présenter des risques au niveau de la santé (risques liés à l'utilisation de produits chimiquement dangereux, entraînant des brûlures ou des allergies par exemple). Ce danger est renforcé par le fait que ces femmes sont souvent analphabètes et sont donc incapables de lire et de comprendre les indications et les conseils d'utilisation portés sur le conditionnement. Nombre de ces produits nocifs sont d'ailleurs prohibés par la loi. Cependant ils rentrent clandestinement sur le territoire djiboutien.
- Les femmes des milieux populaires utilisent des moyens traditionnels (henne, houroud) moins onéreux, et qui, dans l'esprit de ces femmes, ont fait la preuve de leur efficacité et bénéficient d'une image de produits sans danger. On constate dans les milieux populaires une certaine crainte ou aversion envers les produits "chimiques".
· La population masculine
Une part très faible des hommes utilisent des produits cosmétiques et de parfumerie et les points de ventes sont différents selon leurs pouvoirs d’achats.
- Les jeunes cadres, les hommes politiques, autrement dit les hommes des catégories aisées s'approvisionnent en parfums, déodorants, produits de rasage, crèmes dans les parfumeries ou le supermarché du centre ville.
- Les hommes de catégories plus modestes s’approvisionnent en produits bas de gamme dans les quartiers auprès de points de ventes non spécialisés. Leurs achats se limitent généralement aux savon et shampooing.
C) L'offre
1. La production
Djibouti ne produit pas de cosmétiques. Même ceux de nature traditionnelle sont importés. Ce qui n'est pas le cas de tous les pays de la Corne de l'Afrique. En effet, son voisin éthiopien fabrique localement une partie des produits (bas de gamme) distribués sur son territoire.
2. La distribution
La distribution est assurée par sept types de points de vente :
§ Les parfumeries sont des magasins spécialisés dans la vente de cosmétiques. Elles sont installées au centre ville et sont équipées de mobiliers et de matériels indispensables pour la mise en valeur des produits. L'esthétique extérieure et intérieure du magasin est recherchée, les vitrines sont attractives, le personnel présente bien et est généralement capable de s'exprimer en plusieurs langues (Somali, Français, Arabe). Il est à la disposition de la clientèle pour la conseiller.
Les produits sont considérés comme des produits haut de gamme ou de luxe.
Ces parfumeries sont situées au centre ville. Il s'agit essentiellement de "Mademoiselle de Paris", des établissements Modarek.
§ Les salons de coiffure accueillant la clientèle européenne proposent des produits spécifiques de soin des cheveux, mais aussi d'autres produits de soin du visage.
§ Les importateurs-grossistes comme les établissements Waberi, à côté de leur activité de grossiste ont une activité de détaillant et commercialisent dans une boutique, dite de "présentation" ou d' "exposition" en direct certains produits. La mise en avant des produits est limitée au strict minimum. Ces produits sont présentés à côté des autres produits, notamment ceux de nature alimentaires comme le lait en poudre…
§ A l'aéroport et dans l'enceinte du port de commerce se trouvent des boutiques de duty free, accessibles aux seules personnes en transit. La mise en avant des produits se situe à mi-chemin entre ce qui est pratiqué dans les parfumeries et ce qui est d'usage dans les boutiques des importateurs-grossistes.
§ Les pharmacies proposent, outre les médicaments, des produits cosmétiques assimilés à des produits pharmaceutiques et qui ne peuvent à ce titre n'être vendus que par des professionnels de la santé, mais aussi des produits tout à fait normaux sans incidence médicale. Pour cette dernière catégorie de produits, les pharmacies jouent le rôle dévolu aux parfumeries. Cependant, elles bénéficient d'un double avantage par rapport aux parfumeries : d'une part elles bénéficient de l'image de sérieux et du label "bon pour la santé" d'une pharmacie et d'autre part elles profitent d'achats d'impulsion, non prémédités.
Les produits proposés sont ceux des grandes marques qui évitent le référencement en grandes surfaces.
Ces pharmacies sont aussi installées au centre ville. Il s'agit principalement de la pharmacie de la Corne de l'Afrique et de celle de l'Indépendance.
§ Les supermarchés et supérettes de la place ont généralement un rayon consacré à la vente de cosmétiques. Les deux supermarchés de Djibouti, Sémiramis et le Kiosque Napoléon ont le souci de la mise en avant de leurs produits. Ils référencent les produits de moyen et bas de gamme commercialisés par le même canal en Europe.
§ Les boutiques de quartier et les petits revendeurs s'approvisionnent auprès des femmes charcharis qui importent leurs produits de Dubaï. Ces boutiques n'ont pas le souci de la mise en avant. Les produits sont stockés et référencés à côté des produits alimentaires. Ce sont essentiellement des produits bas de gamme. Les clients ne bénéficient d'aucun conseil dans l'utilisation des produits.
Le tableau suivant résume le réseau de distribution des cosmétiques
|
Fournisseurs
bénéficiant d'une reconnaissance internationale (Europe
ou États-Unis principalement) |
Fournisseurs
de Dubaï |
|||
|
Direct |
Importateur
- grossiste |
Charcharis |
||
|
Parfumeries Pharmacies Salons
de coiffure |
Boutiques
de duty free |
Boutiques
des importateurs - grossistes |
Supermarchés
et supérettes |
Petits
revendeurs et boutiques de quartiers |
|
|
|
|
|
|
Adresses des principaux importateurs distributeurs de parfums et cosmétiques :
|
Magasins
hors-taxes |
|
Duty
Free Shop du Port Autonome de Djibouti - PAID - BP. 220. Tél : 35 05 50 ;
Fax : 35 35 45 |
|
Duty
Free Shop de l'Aéroport International de Djibouti - AID SODECA - Tél :
34 18 83 ; Télex : 5896 DJ ; Fax : 34 24 46 |
|
Commerçants |
|
Abdou
Ali Modarek - rue d'Ethiopie - BP.
272 ; Tél : 35 19 68 |
|
Melle de Paris - place du 27 juin BP 1398 ; Tél : 35 75.89 ; Fax
: 35.76.07 |
|
Distribouti
- rue d'Ethiopie - BP. 354 ; Tél : 35 07 83 |
|
ETS
Prodima - Zone Industrielle - BP. 2786 ; Tél : 35 20 60 ; Télex : 5945
DJ |
|
Ets
Naguib S.A. - BP 498 - Tél : 35 15 99 ; Télex 5854 DJ ; Fax : 35 61 72 |
|
Maref
Aboubaker Balfarikh & frères - 27, rue de Paris - BP. 45 ; Tél : 35
09 61 ; Télex : 5929 DJ |
|
Supermarché
Sémiramis (ETS Coubèche) - rue Clochette - BP. 105 ; Tél : 35 06 48 ; Télex
5864 DJ |
|
Supérette
Le Kiosque Napoléon - Q3, boulevard de Gaulle - BP. 1426 ; Tél : 35 48
19 ; Fax 253-35 72 97 ; E-mail : napoleon@intnet.dj |
|
Pharmacies |
|
Pharmacie
de la Corne de l'Afrique - rue de Marseille - BP. 2537 ; Tél : 35 34 44 |
|
Pharmacie
de l'Indépendance - rue de Rome - BP. 1912 ; Tel : 35 26 30 |
3.
Exclusivité
La distribution des produits sur Djibouti dépend essentiellement de la nature du contrat passé entre le fournisseur étranger et l'entreprise importatrice. Deux situations existent : l'importation simple et l'importation sur la base d'un contrat de distribution exclusive.
· Les femmes charcharis pratiquent l'importation et la revente simple. La plupart du temps elles vont elles-mêmes à Dubaï acheter la marchandise, organisent le transport et assurent elles-mêmes l'approvisionnement des boutiques de quartier ou des petits revendeurs. Elles assurent aussi des fonctions de détail en commercialisant elles-mêmes les produits. Il n'y a pas de contrat écrit, tout est basé sur la confiance. Le paiement des produits se fait immédiatement et en liquide. la pérennité des marques n'est pas garantie et de nombreuses contrefaçons sont aussi importées.
· Les pharmacies, les parfumeries et les importateurs-grossistes passent en principe des contrats de distribution exclusive avec les fournisseurs étrangers. Les importateurs-grossistes bénéficient de plus d'une exclusivité étendue à la sous-région, ce qui explique qu'ils jouent à leur tour le rôle d'exportateur à destination d'autres pays. Voici quelques exemples :
|
IMPORTATEURS |
MARQUES |
|
Abdou
Ali Modarek Distribouti Maref
Aboubaker Balfarikh Prodima Waberi |
Givenchy,
Chanel Clarins,
YSL, Dior Lancôme,
Bourgeois L'Oréal Nivéa |
· Les supermarchés et les supérettes s'approvisionnent auprès des importateurs-grossistes et n'ont pas d'exclusivité.
4. Les prix
Ils dépendent essentiellement des catégories de produits
|
Nature
du produit |
Fourchette
de prix |
|
|
et
lieu de vente |
Limite
inférieure |
Limite
supérieure |
|
Haut de gamme et luxe vendus dans les parfume-ries, pharmacies et
salons de coiffure |
2
000 DJF |
30
000 DJF et plus |
|
Produits
vendus en grande surface |
200
DJF |
5
000 DJF et plus |
|
Produits
vendus dans les boutiques de quartier ou par les petits revendeurs |
120
DJF |
1
000 DJF |
Le prix de vente est fixé sur la base du prix CAF (coût-assurance-frêt) converti en francs djiboutiens auquel on ajoute des charges portuaires (7,52 %). A ce coût, on applique la TIC de 33,33 % pour obtenir le coût de revient total. La marge de l'importateur varie de 15 à 25 % selon les produits. Pour arriver au prix de vente au consommateur, il faut ajouter la marge du détaillant, très variable selon les points de vente, entre 20 et 40 % du prix du grossiste.
En cas de réexportation, le taux de charges est 3,8 % seulement et il n'y a pas de TIC ; le taux de marge de l'exportateur est de l'ordre de 10 %.
III
LES MOYENS DE PRODUCTION
A)
Les équipements
La décoration et l'agencement du lieu constituent un investissement stratégique (mobilier, étagères, couleur, éclairage, enseigne…). Il faut adopter une apparence (stylique) avenante, technique et rassurante. Il s'agit à la fois de séduire la clientèle mais aussi les grands noms de la parfumerie et cosmétologie. Des panneaux publicitaires fournis par les fabricants de produits de beauté et de parfums contribuent à apporter une touche de professionnalisme et de séduction supplémentaire.
B)
Les ressources humaines
Le secteur des cosmétiques n'emploie pas un effectif de personnel important du fait du faible nombre d'entreprises spécialisées.
En matière de recrutement des vendeurs, pour le moment, l'expérience et les qualités personnelles (bonne présentation, usage du français, honnêteté, courtoisie, sérieux, ponctualité…) l'emportent sur les diplômes. Pourtant une formation spécialisée serait utile pour mieux conseiller le client dans la détermination de ses besoins et de ses choix.
IV
EXPLOITATION
A)
Chiffre d'affaires
La rentabilité d'un point de vente varie selon l'emplacement, la publicité, la promotion locale, le choix des marques, l'assortiment, le choix judicieux du personnel et surtout de la compétence de l'exploitant, tant au niveau du choix de ses fournisseurs que de la gestion.
B)
Charges
Les postes de charges supportées par les entreprises sont les suivants :
- Le coût d'achat des articles,
- Les salaires (le salaire d'un vendeur varie de 30 000 à 60 000 DJF),
- L'électricité et le carburant pour le groupe électrogène,
- Le loyer ou bail commercial,
- Les frais de téléphone,
- Les assurances,
- La patente,
- Les autres charges : publicité, entretien et réparations,
C) Gestion des stocks
Les stocks sont importants. Ils portent en général, pour ce qui est des cosmétiques, sur une ou deux marques et sur plusieurs pour les parfums et eaux de toilette. La fréquence des importations est variable et est fonction de la demande qui est plus importante en période de fêtes. A titre d'exemple : le Duty free de l'aéroport importe 400 à 450 produits tous les mois et demi, en période de fortes ventes ; tous les deux mois et demi autrement. Ils immobilisent des ressources financières importantes et sont donc générateurs de besoins en fonds de roulement importants.
Le moyen de transport le plus utilisé est le bateau car moins coûteux que l'avion. Les importations par voie aérienne existent cependant car les longues stations au port risquent de détériorer les produits. En effet, les produits cosmétiques sont fragiles, périssables et doivent faire l'objet d'une surveillance constante et être mis à l'abri de la chaleur.
V
- REGLEMENTATION
A)
Protection du consommateur
L'ordonnance n° 86 - 110 / PRES du 12 novembre 1986 relative à l'interdiction de l'importation et de la commercialisation de certains produits cosmétiques et d'hygiène corporelle précise dans son article 1er que l'importation et la commercialisation des produits cosmétiques et d'hygiène corporelle contenant certains composés minéraux ou substances sont interdites sur le territoire de la République de Djibouti. Sont notamment interdits sur le territoire djiboutien, les produits décapants destinés à éclaircir le teint. L'article 2 différencie les produits cosmétiques et d'hygiène des substances médicamenteuses soumises à une réglementation plus stricte encore.
B)
Régimes d'importation
Tous les parfums et cosmétiques sont librement admis sur le territoire (sous réserve des dispositions ci-dessous). Aucune mention particulière n'est exigée sur les étiquettes des produits importés. Aucune mesure de contingentement n'est en vigueur.
C)
Documents commerciaux
Il s'agit des documents commerciaux usuels : licence d'exportation, factures commerciales, titre de transport (Lettre de Transport Aérien - LTA - ou connaissement)… certificats de circulation et d'origine ne sont pas nécessaires.
D) Fiscalité
1. Patente : Une entreprise souhaitant s'implanter pour exercer une activité de distribution de cosmétiques doit dans un premier temps être déclarée aux contributions directes pour l'évaluation de la patente à payer. Celle-ci comporte une partie fixe de 120 000 DJF par an et une partie proportionnelle à la valeur locative du local d'exploitation.
L'entreprise qui assure en plus de son activité de distribution une activité en amont d'importation doit également s'acquitter de la patente d'importateur dont le montant est proportionnel au volume des marchandises importées.
2. Taxes à la commercialisation : La Taxe Intérieure de Consommation (TIC) est appliquée à la valeur C.A.F (Coût, Assurance, Fret) des produits. Son taux est de 33 %. A cela vient s'ajouter une surtaxe qui concerne les parfums :
- 300 DJF par litre d'alcool pur pour les eaux de toilette contenant de l'alcool,
- 2 500 DJF par litre d'alcool pur pour les parfums et extraits contenant de l'alcool.
Ces taxes sont intégrées sous forme d'un coefficient appliqué au prix d'achat.
Nota : les femmes charcharis doivent en principe payer un droit de 5 % sur la valeur des marchandises importées (Art.21.40.01 du CGI)
VI
LE MILIEU PROFESSIONNEL
A)
Syndicat
Il n'y a pas de syndicat professionnel chapeautant les activités de vente de cosmétiques.
B) Formation
En tant que spécialiste de la mise en beauté, le vendeur de cosmétiques doit savoir conseiller différents types de soins, dans un but d'hygiène et d'esthétique, à commencer par les soins du visage. Améliorer la texture d'une peau, retarder les effets du vieillissement, cacher les imperfections d'un visage ou d'un corps font partie de ses missions. Il faut identifier chaque type de peau, connaître les techniques de soins et les cosmétiques pour définir les soins appropriés à chaque client. Désormais ce ne sont plus des vendeurs qui sont recherchés, mais des conseillers, des esthéticiennes ayant le sens commercial, des professionnels des achats connaissant l'univers particulier de la cosmétologie.
Sur Djibouti il n'existe pas de formations spécialisées comme le CAP esthétique cosmétique ou les cursus ouverts après le baccalauréat et débouchant sur les certificats d'esthétique, de parfumerie ou d'esthétique - parfumerie.
À défaut de cursus spécifique sur Djibouti, les formations tertiaires de niveau CAP, BEP ou bac Pro dans les domaines de la vente, relation clientèle, action commerciale ou commerce peuvent éventuellement convenir à l'activité de vendeur en cosmétiques à condition d'être doublées d'une formation produits "sur le tas".
C) Bibliographie
· Annuaire de la fédération française de l'industrie des produits de la parfumerie
· Annuaire Cosmétique News, 92100 Boulogne, tél (00 33) 46 04 12 12)
· Revue Cosmética, Paris, tél.01.44.94.50.60
D)
Salons :
· Cosmoprof, à Bologne (Italie) en Avril tous les ans
· Taxe free, à Cannes, en Octobre
Notons que toutes les grandes marques de parfums et cosmétiques ont leur site Web et pratiquent de plus en plus le commerce électronique.
CONCLUSION
La distribution de cosmétiques a encore de beaux jours devant elle. En effet le souci de plaire et de rester jeune ainsi que le développement d'habitudes d'hygiène plus rigoureuses caractérisent actuellement le comportement des consommateurs.
Ce secteur est aussi caractérisé par une incroyable capacité à innover et à intégrer les dernières découvertes médicales et scientifiques pour les produits de soin du visage par exemple. Si l'aspect séduction demeure essentiel, l'orientation actuelle de l'industrie cosmétique est de proposer des produits dont l'efficacité dans le renforcement des défenses naturelles de la peau pour préserver la jeunesse est la première des qualités.
Le secteur est en évolution, les consommateurs recherchant davantage de naturel et de mieux être, de sophistication dans les produits, mais de simplicité dans l'utilisation,… et de personnalisation.
La demande croissant depuis 1998, l'offre locale restant relativement stable, la concurrence étant encore faible, ce secteur présente toujours des opportunités à la condition de proposer aux clients plusieurs marques et un vaste assortiment de produits de qualité (les consommateurs veulent du choix) dans une ambiance agréable et avec toute l'information et les conseils de vrais professionnels de la cosmétologie, ce qui n'est pas tout à fait le cas aujourd'hui à Djibouti.
Cette étude a été réalisée avec la collaboration de
Houssein Elmi, Mohamed Abdillahi et Rachid Barkat
et
le financement du Service de coopération et d'action culturelle
de l'Ambassade de France