REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTI

 Établissement d'Enseignement Supérieur

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INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI

 Collection "Études de métiers"

 FRUITS & LEGUMES

 

 - SOMMAIRE -

I. DEFINITION DE LA PROFESSION ................................................

A) Activités

B) Aptitudes

II. LE MARCHE ..................................................................................

A) La demande

1. Les produits demandés

2. L'achat des fruits et légumes

3. Typologie de la clientèle

B) L'offre

1. Typologie des entreprises

2. Prix pratiqués et provenance des produits

3. La concurrence

III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................

A) Ressources humaines

B) Locaux, équipements et mise de fonds initiale

C) Fournisseurs

IV. EXPLOITATION ...........................................................................

A) Chiffre d'affaires

B) Charges

V. REGLEMENTATION .....................................................................

A) Réglementation d'hygiène et de voirie

B) Réglementation commerciale

C) Fiscalité

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL .....................................................

A) Tutelle

B) Organisation de la profession

C) Formation

CONCLUSION ..................................................................................

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 I. DÉFINITION DE LA PROFESSION

A) Activité 

Tout commerçant en fruits et légumes frais ne se limite pas à la vente, le vendeur assume tout un ensemble de tâches annexes, telles que :

• L'approvisionnement : Il sélectionne les fournisseurs pour réaliser les achats au meilleur rapport qualité / prix. Il veille au respect des délais de livraison, à la qualité et la quantité des produits livrés : à la réception des commandes, il vérifie l'état de la marchandise et la conformité des documents comptables.

• Le stockage : La marchandise enregistrée, il s'occupe de la conservation des fruits et légumes, denrées périssables, de la manutention, du rangement en réserve.

• L'assortiment des rayons ou vitrines : Le commerçant présente les produits de manière attrayante afin d'inciter le consommateur à acheter. Quotidiennement, tout commerçant assure le rangement et le nettoyage de son magasin.

• La vente : Elle nécessite la connaissance des produits commercialisés. Qu'il soit patron ou employé, le commerçant accueille le client, lui présente et lui conseille les différentes marchandises après avoir écouté sa demande. Il emballe les achats et encaisse la somme due.

B) Aptitudes 

- Le responsable du point de vente doit être un gestionnaire en mesure de déterminer quels sont les besoins de sa clientèle, d'y répondre en sélectionnant les produits adéquats, de négocier les prix et les conditions de vente auprès de ses fournisseurs, de mettre les produits en valeur dans son magasin (marchandisage) pour mieux les vendre après avoir fixé leur prix.

- Pour vendre, il faut avoir des prédispositions relationnelles (sens de l'accueil, qualités d'écoute…) pour gagner la confiance des clients et instaurer des relations commerciales durables avec eux. En effet, dans le commerce de fruits et légumes, la fidélisation est essentielle, car ce type d'achat est très fréquent, voire quotidien.

- Spécialiste des fruits et légumes, le vendeur doit aimer les produits qu'il vend et pouvoir en parler (variété, origine, utilisations possibles, conservation ...).

- Il faut de la délicatesse. Les fruits et légumes sont des produits fragiles et nécessitant beaucoup de précaution dans leur manipulation et leur conservation avant leur consommation.

II. LE MARCHE

A ) La demande

Les fruits et légumes sont indispensables à l'alimentation et à la santé. Ils apportent différents nutritifs dont l'organisme ne saurait se passer. Théoriquement, la ration alimentaire quotidienne devrait comporter :

• au moins une portion de crudités de 75 g et 200 g de fruits crus,

• au moins une portion de légumes cuits (250 g minimum pesés crus).

1. Les produits demandés :

Les produits demandés sont les fruits, légumes et les accessoires de cuisine tels que les épices frais ou séchés.

a) Classification

• Les légumes

TABLEAU DE CLASSIFICATION DES LÉGUMES

Les racines

Carottes, navets, radis, betteraves, céleris-raves, salsifis…

Les bourgeons

Asperges, choux de Bruxelles, artichauts…

Les bulbes

Oignons, ail, échalotes…

Les fruits légumiers

Melon, tomates, courgettes, aubergines, concombres…

Les légumes verts

Salades, cresson, persil, cerfeuil, poireaux, choux, céleris…

Les enveloppes et graines de légumineuses fraîches

Haricots verts, pois mange-tout, petits pois, fèves…

Les tubercules

Pommes de terre, topinambours…

• Les fruits

TABLEAU DE CLASSIFICATION DES FRUITS

1 - Fruits frais

À pépins

A noyaux

Fruits rouges

Raisins

Agrumes

Pommes

Poires…

Pêches

Prunes

Abricots

Mangues…

Fraises

Framboises

Cassis…

2 - Fruits oléagineux

Amandes, noix, noisettes, arachides, coprah (ou noix de coco), olives…

3 - Fruits amylacées

Châtaigne, bananes…

4 - Fruits séchés

Dattes, figues, pruneaux, abricots secs…

b) L'utilisation des fruits et légumes

Type d'utilisation

Commentaire

Crudités

Salades composées et hors-d'œuvre variés.

Accompagnement de plats chauds

Usage répandu consistant à accompagner les viandes et les poissons.

Soupes

Soupes ou potages, les recettes sont anciennes pour la version chaude, plus récentes pour les veloutés froids.

Jus frais

Préparation ancienne pour les fruits, plus récente pour les légumes. S'est largement développée avec la généralisation des pressoirs et centrifugeuses électriques.

Purées et préparations pour les jeunes enfants

Permettent de prolonger l'allaitement ou les préparations lactées le plus longtemps possible.

En-cas

Les fruits surtout se mangent à toute heure.

Diètes et régimes

La plupart des régimes amaigrissants ou diététiques privilégient l'utilisation des légumes peu chargés en graisses.

Soins cosmétiques

Certains légumes ou fruits riches en eau et vitamines sont utilisés dans la préparation de crèmes et de masques de beauté.

2. L'achat des fruits et légumes

a) Critères de choix des fruits et légumes

Critère

Importance du critère

Commentaires

Variété des produits

+++

Ce critère est surtout valorisé par la population expatriée, la population locale ayant tendance à se recentrer sur quelques produits seulement.

Qualité des produits

 

++++

Ces deux critères sont importants pour tous.

Ils sont en effet garants pour le client de l'optimisation de

Fraîcheur des produits

++++

l'utilisation des produits et tenus pour favoriser les défenses naturelles de l'organisme.

Hygiène des lieux

+++

Ces deux  facteurs sont particulièrement mis en avant par les étrangers qui souhaitent retrouver à Djibouti les conditions hygiéniques de leur pays d'origine.

Hygiène des vendeurs

+++

A tel point que certains privilégient l'achat de produits appertisés ou commercialisés sous vide ou encore congelés.

Prix  des produits

++

Même si le marché est largement captif, ce critère intervient dans le choix du lieu d'achat et le choix entre produits importés de la région et produits importés d'Europe notamment.

Proximité du commerce

++

Pour les produits importés de la région, le client privilégie la proximité du commerce, à condition que l'assortiment réponde à ses besoins.

Services annexes

++

Les services annexes et notamment la livraison à domicile des produits sont appréciés d'une partie de la clientèle.

b) Freins à l'achat

Le prix : Les prix des fruits et légumes sont élevés à Djibouti, même pour les fruits et légumes produits sur place ou provenant de la région. Certains fruits importés comme les fraises ou les cerises constituent presque des produits de luxe.

Les conditions de production : les clients sont devenus soupçonneux sur les méthodes utilisés pour la production des fruits et légumes (utilisation de fongicides et autres produits toxiques en Ethiopie....) et aiment connaître l'origine des produits.

Les problèmes de manutention, de stockage et de conservation. L'entreposage des fruits et légumes dans des endroits peu ventilés, non réfrigérés, le transport et la manutention sans aucune hygiène constituent des freins à la consommation.

c) Moment des achats

Il est de coutume pour l’ensemble des foyers djiboutiens d’aller faire ses courses de fruits et légumes le matin. Les familles expatriées concentrent leurs achats le jour de l'arrivée du train en provenance d'Ethiopie  (mercredi) ou le jour des arrivages pour le supermarché Sémiramis (jeudi).

d) Saisonnalité

A la saison chaude, notamment les mois de juillet et Août, Djibouti se vide d'un partie des ses habitants : expatriés en congé en Europe, Djiboutiens en voyage dans les pays voisins..., ce qui fait baisser la demande de fruits et légumes. L'activité reprend à partir du mois de septembre.

Il y a des temps forts dans l'année où la consommation est importante : fêtes de fin d'année, ramadan (augmentation de la consommation de dattes, par exemple)

L'arrivage de fruits et légumes est fluctuant au cours de l'année tant au niveau de leur variété que de leur qualité, car ceux-ci ne poussent pas toute l'année et sont justement saisonniers

e) Fidélité

La majorité de la clientèle de ce marché est fidèle à un point de vente, tant que les critères d'achat privilégiés par le client continuent à être satisfaits. La fidélisation est entretenue par un accueil sympathique, la personnalisation de la relation vendeur-client et des petits cadeaux (quelques fruits et légumes en sus)..

3. Typologie de la clientèle 

Il existe plusieurs types de clientèles. Il s'agit essentiellement des ménages, des entreprises de restauration, et des services de subsistance des armées.

A l'intérieur de chacune de ces catégories une distinction supplémentaire peut être établie compte tenu de la nationalité.

a) Les ménages

CARACTERISTIQUES DES MENAGES

Typologie

 

Revenus

mensuels

Fréquence d’achat

Lieu

Variété

Quantité

Nationaux à haut niveau de vie

élevés

Une fois par semaine

Sémiramis, supérettes, kiosques des quartiers et au marché.

Assez importante. Valorisation des produits importés

Importante

Nationaux à niveau de vie moyen

Entre 200 000 et 100 000

Une fois par semaine

Dans les marchés des quartiers

Faible à très  limitée (oignons, tomates,) pommes de terre,

Moyenne

Nationaux à faible niveau de vie

Inférieur

à 100 000

Au jour le jour

 

choux, carottes, salades, bananes

Faible

Expatriés

élevés

Par semaine

Sémiramis, supérettes

kiosque des quartiers, accessoirement au marché

Très importante, recherchent la diver-sité associée à l'exo-tisme de certains produits.

importante

b) Les armées

• Les FFDJ  assurent une partie de leur ravitaillement sur place. Elles disposent de cantines, de mess à l'intérieur des unités mais aussi interarmes. Elles doivent servir un nombre important de couverts chaque jour. Leurs principaux interlocuteurs sont le supermarché Sémiramis et quelques fournisseurs locaux capables de leur garantir un approvisionnement important et régulier. Leurs achats représentent une part très importante du chiffre d'affaires du commerce alimentaire sur Djibouti.

• Les FAD ne s'approvisionnent qu'auprès de quelques fournisseurs locaux. Leur contribution au chiffre d'affaires du commerce alimentaire djiboutien est faible.

c) Les entreprises de restauration

• La restauration de luxe

Localisée essentiellement dans le centre ville, elle propose une offre diversifiée et de qualité nécessitant l'utilisation de fruits et légumes frais. Incorporant des produits en grandes quantités elle s'approvisionne, pour les produits courants, auprès d'entreprises spécialisées dans la commercialisation en gros de fruits et légumes. Elle ne se tourne vers le supermarché Sémiramis que pour les produits d'appoint importés d'Europe (fraises...). Le pouvoir d'achat des restaurants haut de gamme est  élevé. Elle utilise tous les modes de règlement possibles (cash, crédits à 30 jours et virement bancaire).

• La restauration populaire

Elle est concentrée majoritairement dans les quartiers, près de la place Mohamed Harbi ou encore tout près des entreprises publiques. L'ensemble de ces restaurants s'approvisionne dans les différents marchés et principalement dans celui du centre ville. La fréquence des approvisionnements est importante. Selon la taille du restaurant, les achats sont payés le jour même, à la fin de la semaine ou à la fin du mois.

TABLEAU RÉCAPITULATIF SUR LES RESTAURANTS

Type de restaurant

Variété des fruits et légumes

Quantité

Restaurants de luxe

Importante, en provenance de la région pour l'essentiel et d'ailleurs pour l'appoint. Souci de proposer quelques préparations avec légumes et fruits de saison.

Importante

Restaurants populaires

•Restaurant moyen de gamme

Moyenne, en provenance exclusive de la sous - région

Importante

•Restaurant bas de gamme

Réduite, à quelques produits basiques (oignons, tomates, carottes, choux, salade, pommes de terre…)

moyenne

•Restaurant installé sur le trottoir

Limitée à sa plus simple expression (oignon et tomates pour accompagner le riz)

faible

Les distributeurs de jus de fruit. On distingue deux catégories : les "installés", c'est-à-dire ceux disposant d'un local ou d'une terrasse avec mobilier permettant d'accueillir les clients et les "semi-ambulants" qui installent leur pressoir chaque matin dans un endroit de la ville.

TABLEAU RÉCAPITULATIF SUR LES JUS DE FRUIT

Catégorie

Matériel utilisé

Variété et quantité des fruits utilisés

Les installés

Centrifugeuse

Tous les fruits commercialisés sur le marché djiboutien et importés de la sous - région (mangue, papaye, citron, orange, banane, melon, etc.)

Les ambulants

Pressoir manuel

Uniquement les oranges et les citrons

L'approvisionnement se fait exclusivement sur les marchés.

B) L'offre

L'aspect quantitatif de ce marché est très difficile à évaluer. En effet la DINAS (Direction Nationale des Statistiques) ne dispose que de données hétérogènes selon les pays d'importation et elles remontent à 1996.

De même le CDE (Chemin de fer Djibouto- Ethiopien) et la Chambre Internationale de Commerce de Djibouti (CICID) ne disposent pas de chiffres récents sur le trafic des fruits et légumes. Les douanes consultées ont indiqué que les quantités importées de l'étranger par avion ou bateau étaient minimes comparées à celles qui sont importées par voie ferroviaire d'Ethiopie.

Quant à la production intérieure, qu'elle provienne des jardins d'Ambouli ou de la région du Daï, elle n'a pas encore fait l'objet d'une quantification par le Ministère de l'agriculture.

Les seuls chiffres disponibles sont des statistiques établies par les services portuaires. Ils ne sont qu'indicatifs et ne font pas la distinction entre le frais, le sec ou le congelé (voir  plus loin dans le paragraphe relatif aux importations.). D'autre part, ces chiffres ne représentent qu'une petite partie des importations.

1. Typologie des entreprises

En amont de la filière, nous trouvons les producteurs et les importateurs, fournisseurs du marché. Plus en aval, la distribution est assurée sur les marchés et par différents types de commerces plus ou moins officiels.

a)     Les producteurs et les importateurs

- Les producteurs

La production locale de fruits et de légumes est localisée à Djibouti ville autour de l'oued d'Ambouli et au nord du pays dans la région montagneuse du Daï. Tout a commencé en 1977 quand l'Etat a initié une politique agricole ambitieuse qui a abouti au projet PK 20 et aux jardins d'Ambouli. En 1985 des femmes ont créé les premières coopératives agricoles. Malheureusement depuis les années 90, l'Etat s'est désengagé progressivement. Sans soutien les coopératives sont désormais en perte de vitesse et n'assurent plus à leurs membres que les moyens minimaux de leur subsistance. Depuis quelques années, des particuliers ont créé des jardins dans la région du Daï et y produisent de nombreuses variétés de fruits et de légumes (bananes, mangues, papayes, oignons, haricots verts, pommes de terre, etc.). Une grande partie de la production sert à alimenter la population locale. Le surplus est exporté vers Djibouti ville. Se pose le problème du transport.

La production djiboutienne est soumise au rythme des saisons :

Saison fraîche

Saison chaude

- Navets

- Aubergine

- Persil

- Piments vert et rouge

- Haricots verts…

- Melon

- Pastèque

- Tomate

- Mangue

- Palmier Doum…

Cependant cette production est très largement insuffisante pour couvrir les besoins de la population d'où le recours massif aux importations.

- Les importateurs

Secteur formel

Secteur partiellement informel

Secteur totalement informel

Entreprises jouant le rôle d'importateurs et de grossistes, mais disposant aussi d'une surface de vente (L'EURL établissement Mohamed Youssouf et la SARL La halle aux fruits ; voir plus bas pour leur descriptif).

Les Charcharis : ces femmes font le voyage entre Djibouti et l'éthiopie. Elles importent des fruits et des légumes dans l'intention de les écouler sur Djibouti. Seule une partie des produits importés est déclarée.

 

Les Koutbleys : ces femmes importent aussi des produits d'Ethiopie ou de Somalie, mais ne déclarent pas leurs marchandises lors du passage en douane. Elles répartissent leurs marchandises en petites quantités qu'elles confient aux autres passagers le temps des contrôles.

Quantités importées par voie maritime (en tonnes) :

1996

1997

1998

Total Fruits et légumes (frais, secs ou congelés)

1131

2192

4235

Autres légumes à cosses

-

-

9

Autres légumes frais, tubercules alimentaires

54

70

64

Autres fruits séchés

212

-

-

Dattes fraîches

735

1614

1033

Haricots frais

48

20

512

Haricots secs

-

-

296

Oranges

21

20

9

Pommes

41

33

9

Raisins frais ou secs

-

-

16

Tomates à l'état frais ou réfrigérés

20

435

2287

           

b) Les marchés locaux

L'avantage du marché est qu'il est le lieu le plus direct d'échange entre producteur et consommateur, ce qui doit assurer à la fois fraîcheur du produit et prix plus intéressant. Les étals sont réapprovisionnés tous les matins. Ils ouvrent très tôt le matin et ne ferment le soir que vers 21 heures. Les premiers à les fréquenter sont les professionnels qui savent exactement ce qu'ils désirent acheter. Puis tout au long de la matinée arrivent les particuliers. A la fin de la journée, les commerçants baissent leurs prix pour tenter d'écouler leurs invendus avant leur détérioration.

Ils sont soumis aux contrôles étatiques concernant le versement de la patente et le respect des règles sanitaires.

Actuellement, il existe sept grands marchés.

Intitulé et localisation

Zone de chalandise

Marché du  centre-ville (le plus grand). Rue d'Ethiopie

Q1, Q2, Einguela, les Plateaux

Marché du Quartier 5 situé entre les quartiers 5 et 6

Q5,Q4 et Q3

Marché du stade localisé entre la cité du  Stade et  le quartier 7

Cité du stade et Q7

Marché du quartier 7 bis situé entre la rue 3 et l'avenue 4

Q7 bis

Marché d'Ambouli (le plus près des maraîchages d'Ambouli,)

Ambouli et Djamal

Marché de la  cité Saoudienne, rue d'Arta

Cité saoudienne, Ariba et cité Gachamaleh

Marché de  Balbala situé en périphérie

Cheik Moussa, Hayabley, Mijadheer

c) Les distributeurs

On distinguera ici les pratiques des entreprises déclarées (secteur formel) et celles des micro-entreprises ou activités génératrices de revenus (secteur informel).

-          Secteur formel :

Catégorie

Caractéristiques

Les entreprises spécialisées

Ce sont les grosses entreprises de la place. Elles jouent à la fois le rôle d'importatrices et de grossistes.  Elles se partagent les gros clients de la place comme les services des subsistances des armées françaises et djiboutiennes. Parmi ces entreprises nous trouvons :

l'établissement Mohamed Youssouf, créé en 1986 après la disparition de l'établissement Moussa Karim (importateur de produits d'alimentation générale). Géré sous la forme d'une EURL et installé rue de Madrid. Il pratique la vente en libre service assistée. Il offre un large choix de fruits et de légumes,

La halle aux fruits, créée par Hoche Saïd Dawaleh, La halle aux fruits est située à l'embranchement de la rue de Brazzaville et du boulevard de Gaulle. Les fruits et légumes sont vendus en libre service assisté.

Le supermarché Sémiramis

Il offre un large assortiment de fruits et de légumes de provenance diverse dans un environnement agréable. Il dispose d'un rayon en libre service et d'un stand de vente traditionnelle. C'est un point de vente important, essentiellement fréquenté par la population expatriée.

Les borcharis

Ceci signifie "vendeurs sur des tables dans les marchés". Ce sont les fournisseurs des petites vendeuses des marchés, mais aussi ceux des restaurants de quartiers et de la population à revenus moyens.

Les commerces spécialisés

Ce sont des points de vente installés situés au centre ville, mais aussi près des kiosques et supérettes ou encore près des bases militaires françaises. Leur assortiment est large, mais valorise davantage les fruits.

Les vendeurs installés pour la journée dans les zones passantes

Ils installent leur matériel de vente tous les matins près des lieux stratégiques comme le magasin Sémiramis, l'entrée des enceintes militaires. Ils disposent d'un équipement minimum. Il n'a pas pignon sur rue, mais s'installe toujours au même endroit ce qui, joint à un assortiment relativement important lui permet de capter et de fidéliser une clientèle importante et variée.

-          Le secteur informel :

Les vendeuses des quartiers

Même descriptif que pour les vendeuses du centre ville… mais vendent ne se déplacent pas chaque jour en ville pour proposer leurs produits.

Les vendeuses du centre ville

On les appelle awashbley en langue somalienne. Elles vendent essentiellement des légumes en nombre et variété réduits. Elles sont souvent assises par terre sur des cartons ou des sacs en toile de jute.

Les vendeurs mono produits

Ils vendent un, rarement deux produits différents selon la saison, jamais plus. Ils sont installés sur les lieux de passage comme les bas-côtés du boulevard de Gaulle. A certaines périodes ils ne vendront que des pastèques, puis que des mangues, des pommes selon les arrivages.

Les vendeurs ambulants

Ils transportent pour l'essentiel des fruits jusque dans les quartiers. Leur outil de travail est une brouette

Les vendeurs d'arachides

C'est une activité à part entière réservée le plus souvent aux jeunes. Ils se regroupent à plusieurs pour acheter les cacahuètes, se les répartissent avant de les placer à l'intérieur de cornets qu'ils fabriquent eux même avec du papier récupéré. Ils sillonnent la ville pour proposer leurs produits privilégiant les sorties des écoles ou des administrations.

2. Prix pratiqués et provenance des produits

Les prix pratiqués à Djibouti sont élevés. Ceci est largement dû à la faiblesse de la production locale et à l'importation massive des produits.

PRIX POUR LES PRODUCTIONS LOCALES D'AMBOULI

Production des coopératives agricoles d'Ambouli

Produits

Prix en kg

Produits

Prix en kg

Navets

50 Djf /pièce

Tomates

100

Aubergine

250

Piments Verts et Rouges

500

Melon

250

Haricots Vert

200

Pastèque

200

Mangues

500

Persil

100

Palmier Doum

20Djf / pièce

PRIX DANS LES DIFFÉRENTS TYPES DE POINTS DE VENTE.

Fruits

Produits

Prix (Djf) au Kg

Saisonnalité

Pays d'origine

 

Marché local

Supermarché Sémiramis

Entreprises spécialisées

Hiver

Été

Éthiopie

France

Autres

Mangue

100

300

150

 

ü

ü

ü

 

Orange

150

340

120

ü

ü

ü

ü

 

Pomme

400

390

300

ü

 

 

 

 

Mandarine

100

140

150

 

ü

ü

 

 

Banane

150

-

200

ü

 

ü

 

Somalie

Ananas

-

890

900

 

ü

 

 

Dubaï

Légumes

Poireau

80

490

120

ü

ü

ü

ü

 

Oignon

70

150

100

ü

ü

 

 

 

Pomme de terre

70

100

80

ü

ü

ü

 

 

Tomate

80

390

150

ü

 

ü

ü

 

Salade

100

150

100

ü

ü

ü

 

 

Carotte

100

120

100

ü

 

ü

 

 

Chou-fleur

100

120

100

ü

ü

ü

ü

 

Citron

200

300

120

ü

ü

ü

ü

 

                     

3. La concurrence

Elle est triple : la concurrence généraliste, la concurrence mono - produit  et les produits de substitution.

La concurrence généraliste : Même si la fidélisation est l'une des caractéristiques du ce commerce, la concurrence est très rude sur ce marché. Si un client est déçu par la qualité des produits il n'hésitera pas à s'adresser à un autre commerçant.

La concurrence mono-produit : Tout au long de l'année, selon les productions et les arrivages, certains commerçants, généralement du secteur informel, se spécialisent temporairement dans la vente d'un seul produit (ex : les pastèques) à des prix souvent plus avantageux que ceux proposés par les commerçants généralistes. Ils s'installent dans des lieux commercialement stratégiques comme au bord des axes routiers principaux de la ville.

Les produits de substitution. Les magasins comme Sémiramis ou le petit supermarché des Forces Armées Françaises stationnées à Djibouti, proposent des légumes variés congelés. Ces produits séduisent car ils sont faciles d'emploi, considérés comme respectueux des normes d'hygiène et finalement vendus relativement bon marché par rapport aux produits frais.

De même les fruits dans certaines de leurs utilisations sont concurrencés par les appertisés (boîtes de fruits au sirop, ou salades de fruits, compotes), les jus de fruits en bricks ou en bouteille.

Enfin pour remplacer certains condiments ou épices frais, le consommateur dispose de produits lyophilisés commercialisés sous emballages en verre ou plastique.

4. Communication

La communication sous toutes ses formes est absente de ce secteur d'activité. Ceci est largement dû à l'absence de grandes entreprises dans le domaine de l'agroalimentaire. Il n'y a pas non plus de campagne étatique de santé publique insistant sur les bienfaits apportés par la consommation des fruits et légumes.

III. LES MOYENS DE PRODUCTION

A)    Ressources humaines :

LES DIFFÉRENTS METIERS DANS LA FILIÈRE FRUITS ET LÉGUMES :

Approvisionnement

Vente

Les dockers

Ils déchargent les marchandises du train et des camions lors de leur arrivée à Djibouti. Chaque importateur a emploie ses propres dockers.

Les étalagistes

Ils sont chargés d'approvisionner les rayons de fruits et de légumes dans les conditions les plus favorables à la vente. Ils exercent leur activité pour les importateurs - grossistes, les magasins spécialisés et même sur les marchés.

Les répartiteurs

Ce sont les transporteurs. Avec leurs camions ils livrent les produits dans les différents points de vente et récupèrent les caisses vides.

Les peseurs

Ils ont pour fonction de prendre les commandes,  de servir et de peser les légumes devant les clients ou de préparer les commandes avant la livraison.

 

 

Les contrôleurs et caissiers

C'est souvent la même personne qui effectue les deux tâches consistant d'une part à s'assurer que les peseurs ont bien fait leur travail et d'autre part à encaisser l'argent des clients et à rendre la monnaie.

Les travailleurs indépendants comme les femmes vendeuses ou les marchands ambulants cumulent bien sûr plusieurs de ces fonctions.

B) Locaux, équipements et mise de fonds initiale

Type de commerce

Locaux et équipements

Mise de fonds initiales

(approximation)

Les sociétés importatrices comme les Établissements Mohamed Youssouf

• un local très spacieux et des capacités de stockage,

• un matériel de réfrigération des produits qui doivent être stockés avant leur vente,

• des moyens de transport,

• des outils et instruments accessoires (balances, étagères, rayons, paillasses, etc.).

 

M. Mohamed Youssouf a débuté son activité en investissant environ Cinq millions de Djf

Le supermarché Sémiramis

• un emplacement dans son magasin approprié à la commercialisation des fruits et légumes (bien ventilé, frais…)

• un stand, des étagères et présentoirs à plat,

• un matériel de réfrigération pour les produits devant être stockés

• des outils et instruments accessoires (balances, matériel d'étiquetage).

Le magasin doit disposer d'un fonds de roulement suffisant pour payer ses importateurs et maintenir en permanence un approvisionnement régulier de fruits et légumes provenant majoritairement d'Europe.

Les borcharies et autres points de vente

• un espace de vente de taille moyenne situé dans un marché ou près d'un kiosque,

• un peu de mobilier pour présenter leurs produits,

• une balance.

Une somme de 300 000 à 400 000 Djf est nécessaire pour le premier approvisionnement, puis pour éviter les ruptures de stocks ultérieures.

Les vendeuses des marchés

• quelques sacs de riz vides étalés à même le sol pour disposer leurs produits.

Une somme initiale de 30 000 Djf est indispensable pour débuter cette activité et acheter la matière première.

Les vendeurs ambulants

• une brouette pour transporter ses produits dans les quartiers.

 

C- Fournisseurs

Tous les offreurs exerçant sur le marché djiboutien s’approvisionnent en Ethiopie, qui est le principal fournisseur dans la région ou auprès d'intermédiaires importants de ce même pays. Mais cela n’exclut pas l’importation de certains produits en quantité limitée d'autres pays comme la France, le Kenya, Le Yémen, Dubaï ou la Somalie.

Les principaux importateurs sont les entreprises Mr Youssouf, La Halles aux Fruits et le Supermarché Semiramis.

Pour répondre aux besoins de ses clients et éviter la rupture de stock, les offreurs, après avoir évalué leurs ventes quotidiennes, doivent constituer des réserves leur permettant de tenir une semaine, délai entre deux approvisionnements par voie ferroviaire d'Éthiopie ou par avion. Avant 1996, il y avait deux trains par semaine.

IV. EXPLOITATION

A)   Chiffre d’affaires

Les chiffres sont difficiles à obtenir à Djibouti. Cependant on peut avancer les évaluations suivantes qui tiennent compte de la fréquentation des commerce, du panier moyen de la ménagère et de recoupements opérés à partir des informations communiquées par les opérateurs de ce secteur d'activité. Le chiffre d'affaires variera fortement selon le type de point de vente.

Type de commerce

Évaluation du chiffre d'affaires quotidien (en DJF)

Entreprises spécialisées (halle aux fruits, éts Mohamed Youssouf ...)

De 150 000 200 000

Sémiramis

De 80 000 à 100 000

Kiosques d'alimentation générale

De 40 000 à 50 000

Borcharies et autres points de vente similaires

De 10 000 à 15 000

Les vendeuses (sur les marchés des quartiers) et les vendeurs ambulants

De 1 000 à 3 000

B) Charges :

Nature de la charge

Entreprise importatrice

montant mensuel (en DJF)

Borcharies, petits marchands

 montant mensuel (en DJF)

Loyer

200 000

-

Électricité

100 000

5 000

Eau

10 000

2 000

Masse salariale

200 000

30 000

Entretien des moyens de transport

80 000

-

Patente

voir plus loin barême

15 000

NB : Les autres acteurs n'ont pas des charges importantes, exception faite d'une patente de 500 DJF pour les vendeuses des marchés.

V. REGLEMENTATION

A) Réglementation d’hygiène et de voirie :

(Extraits du règlement n° 472/6L/1968)

- "Les locaux où sont vendus ou conservés des denrées alimentaires, doivent être maintenus en constant état de propreté. Toutes dispositions nécessaires doivent être prises pour éviter la présence et la pollution des rats, des mouches et autres insectes".

"Toute impossibilité reconnue par le service d’hygiène peut entraîner la fermeture temporaire de l'établissement jusqu'à ce qu'il soit mis fin au problème".

- "Sont interdits la réception et le déballage à même le sol de denrées alimentaires. L’étalage à l’air libre, à l’extérieur des magasins de vente, n’est autorisé que pour les légumes et les fruits épluchables".

- "Les denrées alimentaires liquides ou solides dont la consommation n’est pas nécessairement précédée d’une cuisson doivent être protégées efficacement contre les causes de pollution, poussières et mouches. Les aliments cuits préalablement à la vente, destinés à être consommés dans l’état où ils sont mis en vente, ne doivent jamais être exposés à l’air libre. Toutes les denrées périssables doivent obligatoirement être conservées dans des appareils frigorifiques".

- "Le transport ou la livraison à domicile des denrées alimentaires doit être entouré des précautions nécessaires pour les mettre à l’abri de toute souillure et en particulier de tout contact avec le sol et avec les mouches."

B)    Réglementation commerciale

Mentions obligatoires / étiquetages (origine du produit, catégorie, nom du produit, de la variété, le prix au kilogramme ou à l'unité de consommation, les produits de traitement, après récolte…), pesage (contrôle des appareils de pesage, poids et mesure), références d'un produit (espèce, variété, origine, calibre, catégorie, conditionnement, unité de commande) : Il n'existe aucune réglementation de ce type à Djibouti.

C) Fiscalité

• TIC : Les  fruits et légumes étant des produits de première nécessité, ils ne sont que faiblement taxés. La taxe intérieure de consommation (TIC) est de 8 %.
• Patente : Elle diffère selon la taille de l'entreprise, appréhendée par le montant de ses achats.

CATEGORIE

 

CLASSE

DROIT FIXE

DROIT PROPORTIONNEL

- importations supérieures à 10 millions de DJF

- importations entre 3 et 10 millions de DJF

- importations inférieures à 3 millions de DJF

6

7

8

200 000

120 000

70 000

20% valeur locative

15% valeur locative

10% valeur locative

- au petit détail

10

15 000

exempté

NB : Rappelons qu'une taxe de 7 % du montant sera ajoutée au calcul de la patente, au titre de la contribution au fonctionnement de la CICID.

VI. MILIEU PROFESSIONNEL

A) Tutelle

Le Ministère du Commerce et de l'Industrie est chargé de la gestion de ce marché et de l'application des lois réglementant ce secteur (fixation des prix dans un contexte de difficultés économiques passagères, mesures d'hygiène…).

B) Organisation professionnelle

Il existe un syndicat pour les importateurs de fruits et légumes et le mouvement coopératif des femmes maraîchères d'Ambouli.

- Le syndicat des importateurs est considéré comme inactif par ses adhérents qui lui reprochent de ne pas défendre leurs intérêts catégoriels auprès des pouvoirs publics.

- L'organisation coopérative des femmes maraîchères est aussi en perte de vitesse. Elles continuent certes à se retrouver ensemble deux fois par semaine pour discuter de questions intéressant leur profession et se concerter sur leurs productions. Cependant le désinvestissement et le manque de soutien étatiques depuis plusieurs années ont découragé le dynamisme et l'esprit d'entreprise de ces femmes.

C) Formation

Quelques patrons d'entreprises de distribution ont fait des études supérieures mais la plupart se sont formés sur le tas. Il existe cependant des formations tout à fait adaptées à Djibouti au sein des Sections de Techniciens Supérieurs du Lycée d'Etat. Des CAP, BEP et baccalauréats professionnels tertiaires, en prise sur les activités commerciales, sont préparés au Lycée industriel et commercial (LIC).

CONCLUSION

Avec une croissance démographique de 3% par an en République de Djibouti, le secteur de fruits et légumes pourrait connaître une augmentation de son chiffre d'affaires. Ce n'est pas le cas parce que l'offre ne répond que partiellement à ce surcroît de demande tant sur le plan quantitatif que qualitatif. C’est donc un marché porteur.

Il est cependant très concurrentiel. Pour se différencier de la concurrence, il faut diversifier son offre, développer des services facilitant l'achat (parking, livraison, autres produits associés...).

Il est encore possible de se lancer à différents niveaux de la filière. Sur ce marché des fruits et légumes, il y a peu de "barrières à l'entrée", autrement dit tout investisseur peut démarrer avec une mise de fonds initale modeste.

 Cette étude a été réalisée avec la collaboration de Ibrahim Hachi Dirieh et Ibrahim Miguil et

le financement du Service de coopération et d'action culturelle de l'Ambassade de France