PÔLE
UNIVERSITAIRE
DE DJIBOUTI
Établissement
d'Enseignement Supérieur
________________________________________________________________________________________
INSTITUT
SUPERIEUR
DES AFFAIRES DE DJIBOUTI
Collection
"Études de métiers"
L
E S
E L
|
I.
DEFINITION DE LA PROFESSION
................................................ A)
Activités B)
Aptitudes II.
LE MARCHE
.................................................................................. A)
La demande 1.
La consommation du sel 2.
Typologie de la clientèle B)
L'offre 1.
Les techniques de production 2.
Classification des entreprises 3.
Capacité de production 4.
Les prix 5.
Distribution du sel III.
LES MOYENS DE PRODUCTION
................................................ A)
Ressources humaines B)
Équipements IV.
EXPLOITATION
........................................................................... A)
Chiffre d'affaires B)
Charges V.
REGLEMENTATION
..................................................................... A)
Déclaration B)
Fiscalité VI.
LE MILIEU PROFESSIONNEL
..................................................... A)
Organisation des producteurs de sel 1.
Association des petits producteurs 2.
Association AESLA B)
Formation C)
Bibliographie CONCLUSION
.................................................................................. |
Page
3 Page
4 Page
9 Page
10 Page
11 Page
12 Page
12 |
***********************
I.
DEFINITION DE LA PROFESSION
A)
Activité
Le
sel est un composé
incolore, cristallisé et friable. Son goût âcre est mis à profit pour
assaisonner les aliments. C'est un composé économiquement très important
depuis longtemps : les études archéologiques fournissent des preuves de son
utilisation dès 3000 av. J.-C. Vers 400 av. J.-C., les écrits évoquent le
sel et, vers 200 av.
J.-C., les Romains le distribuent comme salaire...,(mot qui vient du latin
sal, salis).
Issu
des mers géologiques ou des océans contemporains, le sel est d’origine
marine.
Le
sel est obtenu par évaporation de l’eau de mer sous l’action du soleil et
du vent. Cela est vrai pour les cristaux blancs qui se forment à la surface
des marais salants et pour les gisements de sel gemme exploités selon la
technique minière, soit en l’état (sel gemme), soit en dissolution.
-
Les gisements de sel gemme sont
nombreux. On parle également d'évaporite, c’est à dire une roche résultant
de l’évaporation intense d’eau de mer. Certains sont de formation récente
(ère quaternaire) ainsi qu’en témoignent les sebkhas des confins
sahariens. S’y approvisionnent les caravanes du sel, des plaques de sel
chargées à dos de chameau sont, depuis des temps immémoriaux, transportées
vers les marchés d’Afrique noire. Bien que l’extraction de cette
substance minérale se pratique en général à ciel ouvert, la sebkha
s’apparente plutôt à une mine qu’à un salin naturel. On peut classer le
site du lac Assal et ses techniques d'extraction du sel à cette catégorie.
-
Marais salant : La saliculture est l’art de récolter le sel à partir de
l’eau de mer ou de saumures naturelles. Pratiquée depuis l’Antiquité sur
les rivages de la Méditerranée, cette technique consiste à diriger l’eau
de mer progressivement dans des bassins d’évaporation et à lui faire
parcourir un long trajet au cours duquel elle se concentre et s’évapore
sous l’action du soleil et du vent. L’ensemble s’appelle un marais
salant, salin ou saline. Une variante de cette technique traditionnelle est
utilisée sur le site de Doralé.
B)
Aptitudes
L’activité
d’exploitation du sel consiste non seulement l’extraire, mais aussi à le
commercialiser.
Il
faut donc non seulement être apte à mettre en œuvre une organisation
industrielle mais aussi gérer la distribution du produit notamment vers
l’Ethiopie.
II.
LE MARCHE
A)
La demande
1.
La consommation du sel
Les
utilisations principales du sel
concernent l'alimentation humaine et animale, la conservation, l'industrie du
verre, les adoucissants des eaux, la production chimique simultanée de chlore
et de soude, la tannerie et le déneigement.
a)
Alimentation
Le
sel absorbé chaque jour par l’organisme ne dépasse pas 7/8 g par personne.
Les sportifs et tous ceux qui ont des efforts physiques intenses à fournir
ont besoin de manger plus salé. Le rein régule normalement la consommation
de sel.
Le sel peut être iodé et fluoré conformément aux recommandations des pouvoirs publics et aux vœux de l’OMS et de l’UNICEF lorsqu’il est destiné à l’alimentation humaine.
-
L’iode est un oligo-élément très important qui entre dans la composition
des hormones que produit la glande thyroïde. C’est bien parce qu’il
n’en contient pas que le sel alimentaire doit être supplémenté en iode.
-
Le
fluor est un constituant essentiel du squelette et de l’émail des dents.
Son rôle dans la prévention de la carie dentaire chez l’enfant est bien
connu grâce aux pâtes dentifrice fluorées.
Les
ménages djiboutiens consomment souvent le sel de Doralé qui, lui répond à
la demande locale. La population djiboutienne étant d’environ 500 000
habitants, les besoins nationaux humains sont de l’ordre de 10 000 à 12 000
tonnes de sel par an.
Il
y a également les ménages éthiopiens (30 millions) qui eux consomment
environ 350.000 tonnes en moyenne par an.
Le
sel est utilisé dans l’alimentation du bétail pour éviter l’avortement
périnatal, car le sel dispose d’éléments importants pour la santé des
animaux. Ainsi les éleveurs en font consommer leurs bestiaux afin de prévenir
les problèmes à la naissance et d’assurer la survie de la progéniture.
b)
Autres Utilisations
Le
sel est une des matières premières essentielles de la chimie minérale.
Le chlore est co-produit avec de la soude en quantités à peu près équivalentes.
Leur production doit donc être équilibrée en fonction du marché. La
soude caustique est un neutralisant soluble peu coûteux, largement utilisé
dans la fabrication de savons, de détergents, d’aluminium et de papier.
Elle contribue aussi au traitement de l’eau. La
chloration permet la désinfection de l'eau. Le chlore sert à fabriquer
diverses matières plastiques, dont
le PVC
que ses nombreuses applications ont rendu très populaire. Les principales
applications du PVC sont les suivantes : tubes, bouteille, revêtement de sol,
profilés rigides, fils et câbles.
A Djibouti, les autres consommations de sel ont pour objet le fumage des poissons, les tanneries, le traitement des eaux (chloration). A noter l’absence d’industrie consommatrice de sel tel que celle de la fabrication du chlore, de la soude caustique ou autres produits, qui pourraient être envisagée à Djibouti vu les importantes ressources de sel du pays.
2.
Typologie de la clientèle
a)
Clientèle locale
La
clientèle nationale ou locale consomme le sel de Doralé, et celui du
lac-Assal. Le sel de Doralé est le plus consommé car Doralé étant plus
proche du marché, le produit est mieux distribué.
b)
Clientèle éthiopienne
Depuis
que l’Ethiopie ne se fournit plus en sel d’Erythrée, l’exploitation et
la commercialisation de cette denrée à Djibouti ont connu une véritable
explosion. Le sel du lac-Assal fait maintenant l’objet d’une exploitation
commerciale très soutenue, par des sociétés organisées
La
clientèle éthiopienne achète le sel des entreprises d’exploitation de sel
du lac-Assal en grande quantité. Ces éthiopiens sont en général des
importateurs qui revendent le sel aux grossistes et aux détaillants éthiopiens.
B)
L’offre
1.
Les techniques de production
La
production du sel à Djibouti se fait principalement sur les sites de Doralé
et du lac Assal. Ce dernier site représente le lieu de production le plus
important car c’est la réserve du pays grâce à son sel naturellement
cristallisé. A Djibouti-ville, se sont développées des salines qui
couvriront jusqu’à 450 hectares en 1935, mais qui seront désaffectés par
la suite, lorsque les coûts de production ne seront plus compétitifs sur le
marché mondial.
a) A Doralé
A
Doralé les gens creusent des puits rectangulaires de 4 à 6 m de long et
d’une profondeur d’environ 1,5 m. A un mètre de profondeur, on rencontre
de l’eau très salée sur 30 à 40 cm d’épaisseur. Cette eau est évaporée
naturellement et le sel se cristallise et se précipite au fond du puits.
Le
sel est extrait manuellement au fur et à mesure qu’il se précipite au fond
du puits et qu’il arrive à constituer une couche assez épaisse pour être
retirée. C’est pour cela que les producteurs parlent de plusieurs
cristallisations par an pour chaque puits.
Le
sel ainsi extrait est laissé en tas, au bord du puits, pour son égouttage
avant d’être mis dans des sacs de 50 kg. La durée d’évaporation totale
de la saumure d’un puits, varie de 28 à 30 jours en hiver et se maintient
à environ de 15 jours en été.
La
qualité du sel n’est pas de niveau alimentaire. Ceci est dû, d’une part,
a la présence de certaines impuretés lors de son extraction manuelle et lors
des manutentions (stockage en tas pour l’égouttage et mise en sacs).
b)
Au lac-Assal
Le
lac Assal figure parmi les plus étonnants phénomènes de globe. Il est situé
à 153 m sous le niveau de la mer. Il est constitué d’un dépôt de sel
solide et de saumure saturée. Le lac-Assal présente une banquise d’une
superficie de 52 Km2, avec une épaisseur maximale de 602 m et d’une partie
de saumure de 54 Km2 de surface avec une profondeur pouvant atteindre 40 m.
Les
entreprises exploitent directement la couche solide, la production est mécanisée
(bulldozer, compresseur, groupe électrogène…).
2. Classification des
entreprises
a)
selon le niveau technologique
·
Exploitation
moderne : Les
entreprises ont des unités de production dont le processus se présente comme
suit :
1.
Approvisionnement en matières premières (achats)
2.
Stockage de ces matières premières
3.
Extraction, traitement et conditionnement du sel
4.
Stockage des sels emballés (magasinage)
5.
Vente du sel (distribution)
·
Exploitation
traditionnelle
- Depuis très longtemps, le sel du Lac Assal est extrait non pas avec des machines mais avec les pelles et les pioches. Ensuite le sel est transporté à dos de dromadaire vers l’Ethiopie où il est commercialisé.
-
D’autres commerçants de Doralé sont propriétaires d’une cinquantaine de
puits de sel qu’ils exploitent. Le sel sera en suite iodé à l’aide d’une machine et
enfin emballé dans des sacs qu’ils vendent directement sur le marché.
b)
selon leur légalité
- Il y a des entreprises d’exploitation de sel qui sont reconnues par l’Etat et ayant eu la permission d’exploiter. Ces entreprises sont au nombre d’une vingtaine. La liste de ces entreprises est présentée page suivante.
-
Mais on trouve également des entreprises informelles, car certains
exploitants exploitent le sel du lac Assal ou de Doralé sans aucune
autorisation officielle. Il s’agit en général des entreprises les plus
artisanales..
3.
Capacité de production
-
Les
petits producteurs de Doralé
A
Doralé, il y a environ 100 producteurs de sel artisanal qui possèdent chacun
6 à 10 puits. Un puits donne en moyenne une production de 30 à 40 sacs de 50
kg par phase de cristallisation (il y en a 5 à 6 par an ).
Pour
les 100 producteurs on a une production totale de 8 400 tonnes par an. C’est
un chiffre qui paraît énorme pour les besoins stricts de Djibouti, mais
comme nous verrons plus loin, la majeure partie de ce sel est exportée vers
l’Ethiopie.
-
Les entreprises d’exploitation de sel
Les
tableaux pages suivantes présentent la production en volume pour les années
1999 et 2000.
LISTE
DES ENTREPRISES
|
Noms
de sociétés d’exploitation de sel du
lac |
Adresse
géographique |
Téléphone |
FAX |
BP |
Noms
de gérants |
|
Entreprises
en activité |
|
|
|
|
|
|
Compagne
de sel de Djibouti |
Boul
Bonhoure |
35
28 68 |
35
26 05 |
1326 |
ISMAEL
BOUH |
|
MOUSSA
ALI salt company |
Brazaville
Q 1 |
35
44 80 |
35
81 98 |
2889 |
ABDALLAH
BADOUL |
|
St
Nationale de sel |
Cité
Einguela |
35
27 87 |
|
1805 |
RAYEK
TAHA |
|
St
de sel de DJIBOUTI |
|
35
05 23 |
35
60 46 |
7120 |
MAHAMOUD
ISMAEL |
|
St
ARDOUKOBA née |
Rue
Marché |
35
24 69 |
35
24 73 |
1941 |
HASSAN
ABDALLAH |
|
St
de la promotion Minière |
Héron |
35
18 50 |
|
1850 |
ADNAN
ALI |
|
St
de SALINE |
|
35
04 13 |
35
43 09 |
650 |
OSMAN
OKIEH |
|
St
Djib-sel SARL |
Immeuble
abdo (Héron) |
|
|
4029 |
AHMED
DAOUD |
|
St
du LAC |
Pal.
zinc |
35
61 22 |
35
52 34 |
10246 |
ALI
GUELLEH |
|
St
du mont GARBI SARL |
Rue,
de Madrio |
|
|
|
KAMIL
MED |
|
St
Générale du sel |
|
|
|
126 |
MOUSSA
ALI HABANEH |
|
St
Goda |
Rue
d’Ethiopie |
|
|
|
|
|
St
KALOU |
|
|
|
|
AHMED
ALI |
|
St
MAHAD |
|
|
35
66 72 |
110 |
MALYOUN
MAHAMOUD |
|
St
RED SEA salt |
Plateau
de Serpent |
|
|
2578 |
YOUSSOUF
MED |
|
Entreprises
suspendues |
|
|
|
|
|
|
Company
ASBO EURL* |
Cité
Progrès |
|
|
792 |
HOUSSEIN
AWAD |
|
DELTA
SARL* |
Cité
Gabode |
35
68 27 |
|
1157 |
MED
DILLETTAH |
|
HIMED
SARL* |
Saline
Ouest 178 |
|
|
|
GADID
IBIRO |
|
OKAR
white salt SARL* |
|
35
85 00 |
|
4500 |
OSMAN
SAAD |
|
St
AL-SALAM* |
Q
1 Abatoir |
35
63 73 |
|
3230 |
SAIDA
ELMI |
|
St
ARREH* |
|
|
|
633 |
ALI
AHMED |
|
St
DJIB salt SARL* |
|
|
|
|
KARERA
MED |
|
St
OUSBO trading* |
|
|
|
|
AHMED
MED |
|
St
salt LAKE de Djibouti* |
|
|
|
|
KISRA
IBRAHIM |
|
ZECCA
préfabricati SARL* |
Zone
industrielle |
|
|
|
FABIO |
Source :
Ministère des ressources naturelles
NB :
*une entreprise est suspendue dans le cas ou elle ne commence pas ses activités
3 mois après son autorisation ; l’Etat lui retire le permis
d’exploitation.
PRODUCTION EN VOLUME DE L’ANNEE 1999 (en tonnes)
|
Sociétés |
janvier |
février |
mars |
avril |
mai |
juin |
juillt |
août |
sept |
oct |
nov |
déc |
TOTAL |
|
S.d’exploit.de sel |
1320.2 |
1232.2 |
1277.5 |
1864.4 |
2472.7 |
2354.9 |
4694 |
4516 |
4958 |
6310.1 |
3041 |
2605 |
35751 |
|
S. Salines de Djib. |
1354.2 |
1264 |
1215.2 |
1078.7 |
1011.5 |
1290.9 |
2377 |
1844 |
1327 |
2812 |
3060 |
2711.6 |
21346.5 |
|
S.d’exploit. du Lac |
2289 |
2136.4 |
2344.8 |
2315.7 |
2258.8 |
2461.2 |
2906 |
3733 |
1471 |
2935 |
4025.5 |
3915.6 |
32792 |
|
S.Ardoukob-née |
1456.5 |
1359.3 |
938.7 |
686.7 |
693.3 |
985.5 |
1217 |
633 |
729 |
825.4 |
1435 |
418 |
11377.6 |
|
S. Djib-salt |
622.3 |
580.8 |
842.5 |
898.9 |
845.3 |
669.9 |
167 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
4627 |
|
C. de sel de Djib. |
0 |
0 |
117.5 |
88.1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
205.6 |
|
S. Moussa Ali |
0 |
0 |
182 |
1234.5 |
2196.2 |
2550.2 |
1945 |
825.5 |
715 |
473.4 |
880 |
1074 |
12861.5 |
|
S. Mahad |
0 |
0 |
0 |
14.1 |
28.4 |
22.5 |
120.5 |
825 |
825 |
0 |
440 |
321.5 |
2598 |
|
S. Ousbo |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
S. Kalou |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
417 |
496.3 |
937 |
1189.4 |
1773.6 |
502.5 |
5316 |
|
TOTAL |
4980.5 |
6571 |
5918.5 |
8181.5 |
9505 |
10335 |
13843 |
13659 |
10964 |
14545 |
14655 |
11548.6 |
126960 |
PRODUCTION EN VOLUME DE L’ANNEE 2000 (en tonnes)
|
Sociétés |
janvier |
février |
mars |
avril |
mai |
juin |
juillt |
août |
sept |
oct |
nov |
déc |
TOTAL |
|
S.
d’exploitation de sel |
2453 |
1768 |
1763 |
1548 |
1860 |
1038 |
2901 |
1565 |
4683 |
5746 |
3856 |
3856 |
33
037 |
|
S.
Salines de Djibouti |
1499 |
1037 |
1754 |
2128 |
1000 |
1446 |
2078 |
588 |
1093 |
1641 |
1540 |
890 |
16
694 |
|
S. d’exploitation du Lac |
5796 |
4915 |
4106 |
3120 |
1977 |
1156 |
1602 |
999 |
3847 |
4070 |
2658 |
3353 |
37
599 |
|
S.Ardoukob-née |
953 |
796 |
708 |
1142 |
953 |
1421 |
386 |
95 |
0 |
45 |
0 |
0 |
64
99 |
|
S. Djib - Sel |
0 |
110 |
703 |
2365 |
963 |
948 |
1187 |
1665 |
1085 |
2279 |
1195 |
186 |
12
686 |
|
C. de sel de Djib. |
196 |
71 |
22 |
17 |
0 |
22 |
27 |
12 |
0 |
0 |
1163 |
103 |
1
633 |
|
S. Moussa Ali |
1085 |
1187 |
1165 |
1414 |
361 |
921 |
1219 |
214 |
182 |
522 |
189 |
610 |
9069 |
|
S. Mahad |
247 |
218 |
287 |
812 |
37 |
63 |
1220 |
402 |
0 |
520 |
416 |
675 |
4897 |
|
S. Read Sea |
620 |
483 |
0 |
207 |
271 |
74 |
0 |
130 |
125 |
230 |
99 |
87 |
2326 |
|
S.
Nationale de sel |
37 |
0 |
87 |
24 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
148 |
|
S. Mont Garbi |
85 |
0 |
36 |
65 |
13 |
432 |
388 |
294 |
532 |
161 |
507 |
0 |
2513 |
|
S. Zecca préfabrication |
36 |
1425 |
71 |
240 |
57 |
195 |
458 |
317 |
0 |
0 |
0 |
0 |
2799 |
|
S. Générale du sel |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
0 |
39 |
60 |
99 |
|
S.
Promotion Minier |
0 |
388 |
218 |
173 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
779 |
|
S. Kalou |
1399 |
234 |
532 |
0 |
0 |
0 |
134 |
247 |
240 |
1038 |
568 |
738 |
5130 |
|
TOTAL |
14406 |
12632 |
11452 |
13255 |
7492 |
7716 |
11600 |
11794 |
11787 |
16252 |
12230 |
10558 |
|
Source :
Ministère des ressources naturelles
4. Les prix
|
Noms
de sel |
Quantité |
Prix
par lot |
Prix
au kg |
|
Sel
du lac-Assal |
(par
tonne) |
40$
(7120 DJF) |
7
DJF |
|
Sel
de Doralé |
(par
sac de 50 Kg) |
1000
DJF |
20
DJF |
|
Sels
importés |
(Par
boite de 500 grammes) |
250
DJF |
500
DJF |
5. Distribution du sel
a)
Marché local : Le
sel de Doralé est distribué vers Djibouti (à environ 9Km) par route, soit par
voiture (pour 1000 FD le sac de 50 Kg), soit même à pied (par brouettes).
b)
Exportation :
Une importante quantité de sel artisanal produit à Doralé et celui du
lac-Assal sont exportés notamment en Ethiopie.
-
Pour le sel de Doralé, ce sont des femmes charcharis qui exportent des sacs par
train, sans recourir d’ailleurs aux conteneurs. C’est un réseau important
qui exporte environ 6 000 à 7 000 tonnes par an de sel artisanal.
-
Quant aux caravanes qui passaient souvent par le lac Assal, où une activité
d’extraction de sel existait réellement, elles deviennent plus rares.
-
Mais aujourd’hui ce sont les entreprises de sel qui sont à la tête de ce
marché et dominent ce marché.
III.
LES MOYENS DE PRODUCTION
A)
Les ressources humaines
1.
Entreprises d’exploitation de sel
On
trouve en général dans chaque entreprise, environ 125 à 175 ouvriers (« les
dockers »), qui sont payés journalière ment à 70 DJF par sac ; et
10 à 15 employés permanents (comptable, secrétaire, magasinier…).
Les
dockers n’ont pas de couverture sociale mais, si l’un tombe malade, c’est
l’entreprise qui se charge de tous les frais médicaux. Les autres sont
couverts par la sécurité sociale.
2.
Les petits producteurs.
A
Doralé, les petits producteurs sont environ une centaine et chacun d’eux a 3
à 4 ouvriers qui exploitent le sel et les vendent au marché. Ces derniers sont
payés 40 DJF par sac et ne sont pas déclarés également.
B)
Les équipements
1.
Les entreprises.
Voici la liste et le coût des matériels pour une entreprise moderne, mais la plupart des entreprises n’ont pas tous ces équipements.
|
Les
matériels |
Les
prix (DJF) |
|
Convoyeur
à bande de sacs |
775
000 |
|
Unités
de traitement de sel |
140
000 000 |
|
Machine
de moulage de plastique |
30
000 000 |
|
Ensacheuse |
2
000 000 |
|
Station
électrique de carburant |
12
500 000 |
|
Elévateurs
sur palette |
800
000 |
|
Camion
de transport du sel |
15
000 000 |
|
Bulldozer |
33
000 000 |
|
Voiture
de personnels ou de direction |
5
500 000 |
|
Groupe
électrogène (2000 KVA) |
27
000 000 |
|
Réservoir
d’eau citerne (‘1000 litres) |
64
000 000 |
|
Camion
pour approvisionnement |
19
500 000 |
2.
Les petits producteurs de Doralé.
|
Les
matériels |
Les
prix (DJF) |
|
Les
pelles et les pioches |
2000 |
|
Les
brouettes |
6
000 à 10 000 |
|
Un
groupe électrogène |
200
000 à 700 000 |
Les
matériels d’iodation s’élèvent à 140 000 DJF environ.
IV.
EXPLOITATION
A)
Chiffre d’affaires
Les
entreprises d’exploitation de sel du lac Assal :
Comme le montre le tableau ci-dessous relatif à la répartition de la production entre les entreprises, 3 entreprises dominent le secteur.
|
Noms
des sociétés |
CA
(%) |
|
S.
Saline de Djibouti |
25 |
|
S.
d’exploitation du Lac |
24.5 |
|
S.
d’exploitation de sel |
22 |
|
S.
Ardoukobané |
9.3 |
|
S.
Moussa Ali |
9 |
|
S.
Djib-salt |
4.4 |
|
S.
Kalou |
3 |
|
S.
Mahad |
1.6 |
|
C.
de sel de Djibouti |
1 |
|
S.
Ousbo |
0,2 |
|
TOTAL |
100 |
Source : Ministère des ressources naturelles
B)
Charges
Dans
les entreprises d’exploitation du sel, les charges sont :
-
les frais d’énergie : électricité, carburant
-
les matières : emballages ,produits chimiques pour l’iodation de sel…
-
les charges de personnel : 45 % du total
-
la patente, les amortissements…
Pour les producteurs de Doralé les dépenses sont le salaire des ouvriers, la location de voiture pour le transport du sel à la ville, l’achat des sacs et de petit matériel : brouettes, pelles et pioches. Contrairement aux entreprises, ils ne payent ni patente, ni taxes.
V.
REGLEMENTATION
A) Déclaration
L’exploitation
du sel est très réglementée (sauf pour les producteurs de Doralé qui ne
sont soumis à aucune législation).
Article
5 : Permis d’exploitation à petite échelle et à grande échelle.
Une
demande de permis d’exploitation à petite ou grande échelle doit comporter
les renseignements suivants :
-
les références de tout permis d’exploitation sur lequel la demande est basée,
-
la durée pour laquelle le permis est demandé,
-
le détail des gisements,
-
le programme de développement et de production proposée,
-
une étude de faisabilité et une étude sur l’impact de l’exploitation sur
l’environnement, le plan d’emploi et de formation de personnel djiboutien.
Article 6 : Une demande de
renouvellement d’un permis d’exploitation
à petite ou grande échelle doit comporter les renseignements suivants :
-
l’identité du titulaire et de son permis,
-
renseignements sur les réserves et les quantités.
Article
9 : Permis d’exploitation artisanale
Lorsque
que celle-ci s’effectue d’une manière traditionnelle utilisant le dos de
chameaux comme moyen de transport.
-
le nom, l’adresse et la preuve de la nationalité du demandeur,
-
la preuve de l’âge du demandeur, sa capacité légale, son expérience et sa
moralité,
-
la description de la superficie pour laquelle le permis est demandé.
B) Fiscalité
1.
Taxes : Les
entreprises d’exploitation du lac-Assal payent aussi des taxes. Cette taxe est
de 500 DJF/par sac.
2.
Patente :
|
CLASSE |
DROIT
FIXE |
DROIT
PROPORTIONNEL |
|
6 |
200
000 |
20%
valeur locative des locaux commerciaux 15%
valeur locative des entrepôts 10%
valeur locative des locaux industriels |
VI.
LE MILIEU PROFESSIONNEL
A) Organisation des producteurs de sel
1.
Association des petits producteurs
Actuellement
les petits producteurs de Doralé ne sont pas bien organisés entre eux et
travaillent dans des conditions très pénibles (certains d’entre eux
transportent leur sel par brouette jusqu'à Djibouti, sur environ 9 km).
Une
expérience d’association des petits producteurs de sel artisanal a été tentée,
mais sans succès, malgré l’aide accordée par l’UNICEF pour la formation
de ces producteurs en matière d’iodation le sel extrait.
2.
Association AESLA
Les
entreprises sont au contraire bien organisée par cette association, elles se réunissent
une fois par semaine. Cette association regroupe toutes les entreprises
d’exploitation de sel du lac Assal. Elle a pour objectif de s’unir et défendre
leur intérêt commun. Mais elles cherchent surtout des subventions de l’Etat
(qui répartit aussi les parcelles) afin d’améliorer leur travail. Elle
cherche également à pratiquer la même politique de prix.
B)
Formation
Pour
extraire et entasser le sel, les dockers n’ont pas besoin de formation. Mais
pour l’iodation de sel, il faut les former. L’UNICEF a formé un certain
nombre de jeunes à l’iodation du sel en leur offrant des produits chimiques
et certains outilages.
C)
Bibliographie
-
Le sel C.
Audibert - Hatier, 1997
-
Les voyageurs du sel - E.
Valli, D. Summers Editions de La Martinière, 1994
- Etude sur l’iodation du sel
-
Ministère de Ressources Naturelles : les entreprises d’exploitation
CONCLUSION
:
La
nouvelle donne régionale a entraîné un regain d’activité pour
l’exploitation du sel du Lac Assal, qui est passée d’une exploitation
artisanale à une production semi-industrialisée. Cette nouvelle vitalité du
Lac Assal s’est traduite en 1999 par une forte demande en provenance de
l’Ethiopie, le nombre de sociétés opérant sur la banquise du Lac Assal
s’élevant à 22 contre 4 seulement en 1998. Cela a permis la création
de 2 000 emplois, essentiellement des ouvriers.
Cependant :
-
Le nombre des entreprises d’exploitation du sel augmente de plus en plus, ce
qui entraîne une forte concurrence sur le prix, et une pression sur la
rentabilité. Ainsi les entreprises
existantes demandent à l'Etat de limiter le nombre des entreprises
exploitantes.
-
L’exploitation de la banquise du site d’Assal est rendue difficile par des
bandes sableuses et argileuses qui en souillent la surface.
-
Enfin, la fin du conflit de l’Ethiopie et de l’Erythrée risque de diminuer
l’intérêt de l’exploitation de ce gisement et d’en freiner la
production.
Certes,
les entreprises d’exploitation du sel du lac-Assal valorisent une ressource
naturelle locale, il ne faudrait pas cependant pas compromettre
l’environnement et la beauté du site, qui est aussi une ressource
touristique.
C’est en effet la question principale :
-
d’un côté, le prix dérisoire du sel du lac Assal, qui ne fait l’objet
d’aucune plus-value et donc la faible portée économique de l’exploitation
du sel, sinon à très court terme pour quelques opérateurs privilégiés ;
-
de l’autre la destruction d’un site exceptionnel à valoriser dans le cadre
d’une politique nationale du tourisme et qui pourrait rapporter bien plus en
termes économiques à Djibouti sur le long terme.
Par
contre, les conditions climatiques sont très favorables pour une exploitation
salinière par évaporation solaire, avec une capacité de production très
importante et sans destruction. Il faudrait réfléchir davantage sur les
possibilités de valorisation du produit, d’amélioration de sa distribution,
son conditionnement, voire son exportation à partir de la zone franche…, plutôt
que le brader à la tonne.
En
matière de sel, les autorités n’ont, semble-t-il, pas fait le choix du développement
durable.
Cette
étude a été réalisée avec la collaboration de
Amina
Ali Mohamed et Kadidja Halloyta Mohamed