REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

 PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTI

   Établissement d'Enseignement Supérieur

________________________________________________________________________________________

 INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI

 Collection "Études de métiers"

 L E   S E L

- SOMMAIRE -

 

 

I. DEFINITION DE LA PROFESSION ................................................

A) Activités

B) Aptitudes

II. LE MARCHE ..................................................................................

A) La demande

1. La consommation du sel

2. Typologie de la clientèle

B) L'offre

1. Les techniques de production

2. Classification des entreprises

3. Capacité de production

4. Les prix

5. Distribution du sel

III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................

A) Ressources humaines

B) Équipements

IV. EXPLOITATION ...........................................................................

A) Chiffre d'affaires

B) Charges

V. REGLEMENTATION .....................................................................

A) Déclaration

B) Fiscalité

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL .....................................................

A)    Organisation des producteurs de sel

1.      Association des petits producteurs

2. Association AESLA

B) Formation

C) Bibliographie

 

CONCLUSION ..................................................................................

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                                                                   ***********************

I. DEFINITION DE LA PROFESSION

A)    Activité

Le sel est un composé incolore, cristallisé et friable. Son goût âcre est mis à profit pour assaisonner les aliments. C'est un composé économiquement très important depuis longtemps : les études archéologiques fournissent des preuves de son utilisation dès 3000 av. J.-C. Vers 400 av. J.-C., les écrits évoquent le sel et, vers 200 av. J.-C., les Romains le distribuent comme salaire...,(mot qui vient du latin sal, salis).

 

Issu des mers géologiques ou des océans contemporains, le sel est d’origine marine.

Le sel est obtenu par évaporation de l’eau de mer sous l’action du soleil et du vent. Cela est vrai pour les cristaux blancs qui se forment à la surface des marais salants et pour les gisements de sel gemme exploités selon la technique minière, soit en l’état (sel gemme), soit en dissolution.

 

- Les gisements de sel gemme sont nombreux. On parle également d'évaporite, c’est à dire une roche résultant de l’évaporation intense d’eau de mer. Certains sont de formation récente (ère quaternaire) ainsi qu’en témoignent les sebkhas des confins sahariens. S’y approvisionnent les caravanes du sel, des plaques de sel chargées à dos de chameau sont, depuis des temps immémoriaux, transportées vers les marchés d’Afrique noire. Bien que l’extraction de cette substance minérale se pratique en général à ciel ouvert, la sebkha s’apparente plutôt à une mine qu’à un salin naturel. On peut classer le site du lac Assal et ses techniques d'extraction du sel à cette catégorie.

- Marais salant : La saliculture est l’art de récolter le sel à partir de l’eau de mer ou de saumures naturelles. Pratiquée depuis l’Antiquité sur les rivages de la Méditerranée, cette technique consiste à diriger l’eau de mer progressivement dans des bassins d’évaporation et à lui faire parcourir un long trajet au cours duquel elle se concentre et s’évapore sous l’action du soleil et du vent. L’ensemble s’appelle un marais salant, salin ou saline. Une variante de cette technique traditionnelle est utilisée sur le site de Doralé.

 

B) Aptitudes

L’activité d’exploitation du sel consiste non seulement l’extraire, mais aussi à le commercialiser.

Il faut donc non seulement être apte à mettre en œuvre une organisation industrielle mais aussi gérer la distribution du produit notamment vers l’Ethiopie.

 

II. LE MARCHE

A)  La demande

1. La consommation du sel

Les utilisations principales du sel concernent l'alimentation humaine et animale, la conservation, l'industrie du verre, les adoucissants des eaux, la production chimique simultanée de chlore et de soude, la tannerie et le déneigement.

 

a) Alimentation

Le sel absorbé chaque jour par l’organisme ne dépasse pas 7/8 g par personne. Les sportifs et tous ceux qui ont des efforts physiques intenses à fournir ont besoin de manger plus salé. Le rein régule normalement la consommation de sel.

Le sel peut être iodé et fluoré conformément aux recommandations des pouvoirs publics et aux vœux de l’OMS et de l’UNICEF lorsqu’il est destiné à l’alimentation humaine.

- L’iode est un oligo-élément très important qui entre dans la composition des hormones que produit la glande thyroïde. C’est bien parce qu’il n’en contient pas que le sel alimentaire doit être supplémenté en iode.

- Le fluor est un constituant essentiel du squelette et de l’émail des dents. Son rôle dans la prévention de la carie dentaire chez l’enfant est bien connu grâce aux pâtes dentifrice fluorées.

Les ménages djiboutiens consomment souvent le sel de Doralé qui, lui répond à la demande locale. La population djiboutienne étant d’environ 500 000 habitants, les besoins nationaux humains sont de l’ordre de 10 000 à 12 000 tonnes de sel par an.

Il y a également les ménages éthiopiens (30 millions) qui eux consomment environ 350.000 tonnes en moyenne par an.

 

Le sel est utilisé dans l’alimentation du bétail pour éviter l’avortement périnatal, car le sel dispose d’éléments importants pour la santé des animaux. Ainsi les éleveurs en font consommer leurs bestiaux afin de prévenir les problèmes à la naissance et d’assurer la survie de la progéniture.

 

b) Autres Utilisations

Le sel est une des matières premières essentielles de la chimie minérale. Le chlore est co-produit avec de la soude en quantités à peu près équivalentes. Leur production doit donc être équilibrée en fonction du marché. La soude caustique est un neutralisant soluble peu coûteux, largement utilisé dans la fabrication de savons, de détergents, d’aluminium et de papier. Elle contribue aussi au traitement de l’eau. La chloration permet la désinfection de l'eau. Le chlore sert à fabriquer diverses matières plastiques, dont le PVC que ses nombreuses applications ont rendu très populaire. Les principales applications du PVC sont les suivantes : tubes, bouteille, revêtement de sol, profilés rigides, fils et câbles.

A Djibouti, les autres consommations de sel ont pour objet le fumage des poissons, les tanneries, le traitement des eaux  (chloration). A  noter l’absence d’industrie consommatrice de sel tel que celle de la fabrication du chlore, de la soude caustique ou autres produits, qui pourraient être envisagée à Djibouti vu les importantes ressources de sel du pays.

 

2. Typologie de la clientèle

a) Clientèle locale

La clientèle nationale ou locale consomme le sel de Doralé, et celui du lac-Assal. Le sel de Doralé est le plus consommé car Doralé étant plus proche du marché, le produit est mieux distribué.

 

b) Clientèle éthiopienne

Depuis que l’Ethiopie ne se fournit plus en sel d’Erythrée, l’exploitation et la commercialisation de cette denrée à Djibouti ont connu une véritable explosion. Le sel du lac-Assal fait maintenant l’objet d’une exploitation commerciale très soutenue, par des sociétés organisées

La clientèle éthiopienne achète le sel des entreprises d’exploitation de sel du lac-Assal en grande quantité. Ces éthiopiens sont en général des importateurs qui revendent le sel aux grossistes et aux détaillants éthiopiens.

 

B) L’offre

1. Les techniques de production

La production du sel à Djibouti se fait principalement sur les sites de Doralé et du lac Assal. Ce dernier site représente le lieu de production le plus important car c’est la réserve du pays grâce à son sel naturellement cristallisé. A Djibouti-ville, se sont développées des salines qui couvriront jusqu’à 450 hectares en 1935, mais qui seront désaffectés par la suite, lorsque les coûts de production ne seront plus compétitifs sur le marché mondial.

 

a) A Doralé

A Doralé les gens creusent des puits rectangulaires de 4 à 6 m de long et d’une profondeur d’environ 1,5 m. A un mètre de profondeur, on rencontre de l’eau très salée sur 30 à 40 cm d’épaisseur. Cette eau est évaporée naturellement et le sel se cristallise et se précipite au fond du puits.

Le sel est extrait manuellement au fur et à mesure qu’il se précipite au fond du puits et qu’il arrive à constituer une couche assez épaisse pour être retirée. C’est pour cela que les producteurs parlent de plusieurs cristallisations par an pour chaque puits.

Le sel ainsi extrait est laissé en tas, au bord du puits, pour son égouttage avant d’être mis dans des sacs de 50 kg. La durée d’évaporation totale de la saumure d’un puits, varie de 28 à 30 jours en hiver et se maintient à environ de 15 jours en été.

La qualité du sel n’est pas de niveau alimentaire. Ceci est dû, d’une part, a la présence de certaines impuretés lors de son extraction manuelle et lors des manutentions (stockage en tas pour l’égouttage et mise en sacs).

 

b)  Au lac-Assal

Le lac Assal figure parmi les plus étonnants phénomènes de globe. Il est situé à 153 m sous le niveau de la mer. Il est constitué d’un dépôt de sel solide et de saumure saturée. Le lac-Assal présente une banquise d’une superficie de 52 Km2, avec une épaisseur maximale de 602 m et d’une partie de saumure de 54 Km2 de surface avec une profondeur pouvant atteindre 40 m.

Les entreprises exploitent directement la couche solide, la production est mécanisée (bulldozer, compresseur, groupe électrogène…).


2. Classification des entreprises

a)     selon le niveau technologique

·        Exploitation moderne : Les entreprises ont des unités de production dont le processus se présente comme suit :

1.    Approvisionnement en matières premières (achats)

2.    Stockage de ces matières premières

3.    Extraction, traitement et conditionnement du sel

4.    Stockage des sels emballés (magasinage)

5.    Vente du sel (distribution)

·        Exploitation traditionnelle

- Depuis très longtemps, le sel du Lac Assal est extrait non pas avec des machines mais avec les pelles et les pioches. Ensuite le sel est transporté à dos de dromadaire vers l’Ethiopie où il est commercialisé.

- D’autres commerçants de Doralé sont propriétaires d’une cinquantaine de puits de sel qu’ils exploitent.  Le sel sera en suite iodé à l’aide d’une machine et enfin emballé dans des sacs qu’ils vendent directement sur le marché.

 

b) selon leur légalité

- Il y a des entreprises d’exploitation de sel qui sont reconnues par l’Etat et ayant eu la permission d’exploiter. Ces entreprises sont au nombre d’une vingtaine. La liste de ces entreprises est présentée page suivante.

- Mais on trouve également des entreprises informelles, car certains exploitants exploitent le sel du lac Assal ou de Doralé sans aucune autorisation officielle. Il s’agit en général des entreprises les plus artisanales..

 

3.  Capacité de production

-         Les petits producteurs de Doralé

A Doralé, il y a environ 100 producteurs de sel artisanal qui possèdent chacun 6 à 10 puits. Un puits donne en moyenne une production de 30 à 40 sacs de 50 kg par phase de cristallisation (il y en a 5 à 6 par an ).

Pour les 100 producteurs on a une production totale de 8 400 tonnes par an. C’est un chiffre qui paraît énorme pour les besoins stricts de Djibouti, mais comme nous verrons plus loin, la majeure partie de ce sel est exportée vers l’Ethiopie.

 

-  Les entreprises d’exploitation de sel

Les tableaux pages suivantes présentent la production en volume pour les années 1999 et 2000.

  


LISTE DES ENTREPRISES

 

Noms de sociétés d’exploitation de sel du lac

Adresse géographique

Téléphone

FAX

BP

Noms de gérants

Entreprises en activité

 

 

 

 

 

Compagne de sel de Djibouti

Boul Bonhoure

35 28 68

35 26 05

1326

ISMAEL BOUH

MOUSSA ALI salt company

Brazaville Q 1

35 44 80

35 81 98

2889

ABDALLAH BADOUL

St   Nationale de sel

Cité Einguela

35 27 87

 

1805

RAYEK TAHA

St  de sel de DJIBOUTI

 

35 05 23

35 60 46

7120

MAHAMOUD ISMAEL

St ARDOUKOBA née

Rue Marché

35 24 69

35 24 73

1941

HASSAN ABDALLAH

St de la promotion Minière

Héron

35 18 50

 

1850

ADNAN ALI

St de SALINE

 

35 04 13

35 43 09

650

OSMAN OKIEH

St Djib-sel SARL

Immeuble abdo (Héron)

 

 

4029

AHMED DAOUD

St du LAC

Pal. zinc

35 61 22

35 52 34

10246

ALI GUELLEH

St du mont GARBI SARL

Rue, de Madrio

 

 

 

KAMIL MED

St Générale du sel

 

 

 

126

MOUSSA ALI HABANEH

St Goda

Rue d’Ethiopie

 

 

 

 

St KALOU

 

 

 

 

AHMED ALI

St MAHAD

 

 

35 66 72

110

MALYOUN MAHAMOUD

St RED SEA salt

Plateau de Serpent

 

 

2578

YOUSSOUF MED

Entreprises suspendues

 

 

 

 

 

Company ASBO EURL*

Cité Progrès

 

 

792

HOUSSEIN AWAD

DELTA SARL*

Cité Gabode

35 68 27

 

1157

MED DILLETTAH

HIMED SARL*

Saline Ouest 178

 

 

 

GADID IBIRO

OKAR white salt SARL*

 

35 85 00

 

4500

OSMAN SAAD

St AL-SALAM*

Q 1 Abatoir

35 63 73

 

3230

SAIDA ELMI

St ARREH*

 

 

 

633

ALI AHMED

St DJIB salt SARL*

 

 

 

 

KARERA MED

St OUSBO trading*

 

 

 

 

AHMED MED

St salt LAKE de Djibouti*

 

 

 

 

KISRA IBRAHIM

ZECCA préfabricati SARL*

Zone industrielle

 

 

 

FABIO

Source : Ministère des ressources naturelles

NB : *une entreprise est suspendue dans le cas ou elle ne commence pas ses activités 3 mois après son autorisation ; l’Etat lui retire le permis d’exploitation.

 

                            PRODUCTION EN VOLUME DE L’ANNEE 1999 (en tonnes)

 

     Sociétés

janvier

février

mars

avril

mai

juin

juillt

août

sept

oct

nov

déc

TOTAL

   S.d’exploit.de sel

1320.2

1232.2

1277.5

1864.4

2472.7

2354.9

4694

4516

4958

6310.1

3041

2605

35751

   S. Salines de Djib.

1354.2

1264

1215.2

1078.7

1011.5

1290.9

2377

1844

1327

2812

3060

2711.6

21346.5

   S.d’exploit. du Lac

2289

2136.4

2344.8

2315.7

2258.8

2461.2

2906

3733

1471

2935

4025.5

3915.6

32792

   S.Ardoukob-née

1456.5

1359.3

938.7

686.7

693.3

985.5

1217

633

729

825.4

1435

418

11377.6

   S. Djib-salt

622.3

580.8

842.5

898.9

845.3

669.9

167

0

0

0

0

0

4627

   C. de sel de Djib.

0

0

117.5

88.1

0

0

0

0

0

0

0

0

205.6

   S. Moussa Ali

0

0

182

1234.5

2196.2

2550.2

1945

825.5

715

473.4

880

1074

12861.5

   S. Mahad

0

0

0

14.1

28.4

22.5

120.5

825

825

0

440

321.5

2598

   S. Ousbo

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

   S. Kalou

0

0

0

0

0

0

417

496.3

937

1189.4

1773.6

502.5

5316

    TOTAL

4980.5

6571

5918.5

8181.5

9505

10335

13843

13659

10964

14545

14655

11548.6

126960

 

                        PRODUCTION EN VOLUME DE L’ANNEE 2000 (en tonnes)

Sociétés

janvier

février

mars

avril

mai

juin

juillt

août

sept

oct

nov

déc

TOTAL

S. d’exploitation de sel

2453

1768

1763

1548

1860

1038

2901

1565

4683

5746

3856

3856

33 037

S. Salines de Djibouti

1499

1037

1754

2128

1000

1446

2078

588

1093

1641

1540

890

16 694

  S. d’exploitation du     Lac

5796

4915

4106

3120

1977

1156

1602

999

3847

4070

2658

3353

37 599

   S.Ardoukob-née

953

796

708

1142

953

1421

386

95

0

45

0

0

64 99

   S. Djib - Sel

0

110

703

2365

963

948

1187

1665

1085

2279

1195

186

12 686

   C. de sel de Djib.

196

71

22

17

0

22

27

12

0

0

1163

103

1 633

   S. Moussa Ali

1085

1187

1165

1414

361

921

1219

214

182

522

189

610

9069

   S. Mahad

247

218

287

812

37

63

1220

402

0

520

416

675

4897

   S. Read Sea

620

483

0

207

271

74

0

130

125

230

99

87

2326

 S. Nationale de sel

37

0

87

24

0

0

0

0

0

0

0

0

148

  S. Mont Garbi

85

0

36

65

13

432

388

294

532

161

507

0

2513

   S. Zecca préfabrication

36

1425

71

240

57

195

458

317

0

0

0

0

2799

  S. Générale du sel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

0

39

60

99

 S. Promotion Minier

0

388

218

173

0

0

0

0

0

0

0

 

779

  S. Kalou

1399

234

532

0

0

0

134

247

240

1038

568

738

5130

 

TOTAL

14406

12632

11452

13255

7492

7716

11600

11794

11787

16252

12230

10558

 

Source : Ministère des ressources naturelles


4. Les prix

 

Noms de sel

Quantité

Prix par lot

Prix au kg

Sel du lac-Assal

(par tonne)

40$ (7120 DJF)

7 DJF

Sel de Doralé

(par sac de 50 Kg)

1000 DJF

20 DJF

Sels importés

(Par boite de 500 grammes)

250 DJF

500 DJF

 

5. Distribution du sel

a) Marché local : Le sel de Doralé est distribué vers Djibouti (à environ 9Km) par route, soit par voiture (pour 1000 FD le sac de 50 Kg), soit même à pied (par brouettes).

 

b) Exportation : Une importante quantité de sel artisanal produit à Doralé et celui du lac-Assal sont exportés notamment en Ethiopie.

- Pour le sel de Doralé, ce sont des femmes charcharis qui exportent des sacs par train, sans recourir d’ailleurs aux conteneurs. C’est un réseau important qui exporte environ 6 000 à 7 000 tonnes par an de sel artisanal.

- Quant aux caravanes qui passaient souvent par le lac Assal, où une activité d’extraction de sel existait réellement, elles deviennent plus rares.

- Mais aujourd’hui ce sont les entreprises de sel qui sont à la tête de ce marché et dominent ce marché.

 

III. LES MOYENS DE PRODUCTION

A)    Les ressources humaines

1. Entreprises d’exploitation de sel

On trouve en général dans chaque entreprise, environ 125 à 175 ouvriers (« les dockers »), qui sont payés journalière ment à 70 DJF par sac ; et 10 à 15 employés permanents (comptable, secrétaire, magasinier…).

Les dockers n’ont pas de couverture sociale mais, si l’un tombe malade, c’est l’entreprise qui se charge de tous les frais médicaux. Les autres sont couverts par la sécurité sociale.

 

2. Les petits producteurs.

A Doralé, les petits producteurs sont environ une centaine et chacun d’eux a 3 à 4 ouvriers qui exploitent le sel et les vendent au marché. Ces derniers sont payés 40 DJF par sac et ne sont pas déclarés également.

 

B)    Les équipements

1. Les entreprises.

 

Voici la liste et le coût des matériels pour une entreprise moderne, mais la plupart des entreprises n’ont pas tous ces équipements.

 

Les matériels

Les prix (DJF)

Convoyeur à bande de sacs

775 000

Unités de traitement de sel

140 000 000

Machine de moulage de plastique

30 000 000

Ensacheuse

2 000 000

Station électrique de carburant

12 500 000

Elévateurs sur palette

800 000

Camion de transport du sel

 15 000 000

Bulldozer

33 000 000

Voiture de personnels ou de direction

5 500 000

Groupe électrogène (2000 KVA)

27 000 000

Réservoir d’eau citerne (‘1000 litres)

64 000 000

Camion pour approvisionnement

19 500 000

 

2. Les petits producteurs de Doralé.

 

Les matériels

Les prix (DJF)

Les pelles et les pioches

2000

Les brouettes

6 000 à 10 000

Un groupe électrogène

200 000 à 700 000

 

Les matériels d’iodation s’élèvent à 140 000 DJF environ.

 

IV. EXPLOITATION

A)    Chiffre d’affaires

Les entreprises d’exploitation de sel du lac Assal :

Comme le montre le tableau ci-dessous relatif à la répartition de la production entre les entreprises, 3 entreprises dominent le secteur.

 

Noms des sociétés

CA (%)

S. Saline de Djibouti

25

S. d’exploitation du Lac

24.5

S. d’exploitation de sel

22

S. Ardoukobané

9.3

S. Moussa Ali

9

S. Djib-salt

4.4

S. Kalou

3

S. Mahad

1.6

C. de sel de Djibouti

1

S. Ousbo

0,2

TOTAL

100

Source : Ministère des ressources naturelles

 

B) Charges

Dans les entreprises d’exploitation du sel, les charges sont :

- les frais d’énergie : électricité, carburant

- les matières : emballages ,produits chimiques pour l’iodation de sel…

- les charges de personnel : 45 % du total

- la patente, les amortissements…

 

Pour les producteurs de Doralé les dépenses sont le salaire des ouvriers, la location de voiture pour le transport du sel à la ville, l’achat des sacs et de petit matériel : brouettes, pelles et pioches. Contrairement aux entreprises, ils ne payent ni patente, ni taxes.

 

V. REGLEMENTATION

A) Déclaration

L’exploitation du sel est très réglementée (sauf pour les producteurs de Doralé qui ne sont soumis à aucune législation).

 

Article 5 : Permis d’exploitation à petite échelle et à grande échelle.

Une demande de permis d’exploitation à petite ou grande échelle doit comporter les renseignements suivants :

- les références de tout permis d’exploitation sur lequel la demande est basée,

- la durée pour laquelle le permis est demandé,

- le détail des gisements,

- le programme de développement et de production proposée,

- une étude de faisabilité et une étude sur l’impact de l’exploitation sur l’environnement, le plan d’emploi et de formation de personnel djiboutien.

 

Article 6 : Une demande de renouvellement d’un permis d’exploitation  à petite ou grande échelle doit comporter les renseignements suivants :

- l’identité du titulaire et de son permis,

- renseignements sur les réserves et les quantités.

 

Article 9 : Permis d’exploitation artisanale

Lorsque que celle-ci s’effectue d’une manière traditionnelle utilisant le dos de chameaux comme moyen de transport.

- le nom, l’adresse et la preuve de la nationalité du demandeur,

- la preuve de l’âge du demandeur, sa capacité légale, son expérience et sa moralité,

- la description de la superficie pour laquelle le permis est demandé.

 

B) Fiscalité

1. Taxes :  Les entreprises d’exploitation du lac-Assal payent aussi des taxes. Cette taxe est de 500 DJF/par sac.

 

2. Patente :

CLASSE

DROIT FIXE

DROIT PROPORTIONNEL

6

200 000

20% valeur locative des locaux commerciaux

15% valeur locative des entrepôts

10% valeur locative des locaux industriels

 

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL

A) Organisation des producteurs de sel

1. Association des petits producteurs 

Actuellement les petits producteurs de Doralé ne sont pas bien organisés entre eux et travaillent dans des conditions très pénibles (certains d’entre eux transportent leur sel par brouette jusqu'à Djibouti, sur environ 9 km).

Une expérience d’association des petits producteurs de sel artisanal a été tentée, mais sans succès, malgré l’aide accordée par l’UNICEF pour la formation de ces producteurs en matière d’iodation le sel extrait.

 

2. Association AESLA

Les entreprises sont au contraire bien organisée par cette association, elles se réunissent une fois par semaine. Cette association regroupe toutes les entreprises d’exploitation de sel du lac Assal. Elle a pour objectif de s’unir et défendre leur intérêt commun. Mais elles cherchent surtout des subventions de l’Etat (qui répartit aussi les parcelles) afin d’améliorer leur travail. Elle cherche également à pratiquer la même politique de prix.

B) Formation

Pour extraire et entasser le sel, les dockers n’ont pas besoin de formation. Mais pour l’iodation de sel, il faut les former. L’UNICEF a formé un certain nombre de jeunes à l’iodation du sel en leur offrant des produits chimiques et certains outilages.

 

C)    Bibliographie

- Le sel C. Audibert - Hatier, 1997

- Les voyageurs du sel - E. Valli, D. Summers Editions de La Martinière, 1994

- Etude sur l’iodation du sel

- Ministère de Ressources Naturelles : les entreprises d’exploitation

  

CONCLUSION :

La nouvelle donne régionale a entraîné un regain d’activité pour l’exploitation du sel du Lac Assal, qui est passée d’une exploitation artisanale à une production semi-industrialisée. Cette nouvelle vitalité du Lac Assal s’est traduite en 1999 par une forte demande en provenance de l’Ethiopie, le nombre de sociétés opérant sur la banquise du Lac Assal  s’élevant à 22 contre 4 seulement en 1998. Cela a permis la création de 2 000 emplois, essentiellement des ouvriers.

Cependant :

- Le nombre des entreprises d’exploitation du sel augmente de plus en plus, ce qui entraîne une forte concurrence sur le prix, et une pression sur la rentabilité.  Ainsi les entreprises existantes demandent à l'Etat de limiter le nombre des entreprises exploitantes.

- L’exploitation de la banquise du site d’Assal est rendue difficile par des bandes sableuses et argileuses qui en souillent la surface.

- Enfin, la fin du conflit de l’Ethiopie et de l’Erythrée risque de diminuer l’intérêt de l’exploitation de ce gisement et d’en freiner la production.

 

Certes, les entreprises d’exploitation du sel du lac-Assal valorisent une ressource naturelle locale, il ne faudrait pas cependant pas compromettre l’environnement et la beauté du site, qui est aussi une ressource touristique.

 

C’est en effet la question principale :

 

- d’un côté, le prix dérisoire du sel du lac Assal, qui ne fait l’objet d’aucune plus-value et donc la faible portée économique de l’exploitation du sel, sinon à très court terme pour quelques opérateurs privilégiés ;

 

- de l’autre la destruction d’un site exceptionnel à valoriser dans le cadre d’une politique nationale du tourisme et qui pourrait rapporter bien plus en termes économiques à Djibouti sur le long terme.

 

Par contre, les conditions climatiques sont très favorables pour une exploitation salinière par évaporation solaire, avec une capacité de production très importante et sans destruction. Il faudrait réfléchir davantage sur les possibilités de valorisation du produit, d’amélioration de sa distribution, son conditionnement, voire son exportation à partir de la zone franche…, plutôt que le brader à la tonne.

 

En matière de sel, les autorités n’ont, semble-t-il, pas fait le choix du développement durable.

Cette étude a été réalisée avec la collaboration de

Amina Ali Mohamed et Kadidja Halloyta Mohamed