REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTI

Établissement d'Enseignement Supérieur

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INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI

Collection "Études de métiers"

CINEMA - VIDEO

- SOMMAIRE -

I. DEFINITION DE LA PROFESSION ................................................

A) Activités

B) Aptitudes

II. LE MARCHE ..................................................................................

A) La demande

1. La clientèle selon sa nationalité

2. Les variations saisonnières

B) L'offre

1. Les cinémas

2. Les salles vidéo

3. Les vidéothèques

4. Les prix

5. La concurrence

6. La communication

III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................

A) Ressources humaines

B) Locaux et équipements

IV. EXPLOITATION ...........................................................................

A) Chiffre d'affaires

B) Charges

V. REGLEMENTATION .....................................................................

A) Droits d’auteur

B) Déontologie

C) Fiscalité

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL .....................................................

A) Tutelle

B) Syndicat

CONCLUSION ..................................................................................

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I DEFINITION DE LA PROFESSION

A) Activités

Cette étude a pour objet l’activité de projection de films en salles de cinéma et vidéo. Cela suppose le rassemblement de personnes en un lieu précis, aménagé, à un moment défini, pour une activité commune, à savoir assister à la projection d’un film.

Cette activité est liée au temps de loisir pour la distraction, seul ou le plus souvent à plusieurs, entre amis ; mais elle permet aussi au public, dans le cas de salles vidéo, de s’informer par le biais de documentaires, journaux télévisés, de retransmission de grands événements sportifs et de matchs, etc.

On constate deux types d’espaces précis dans lesquels se pratiquent les projections :

Une autre catégorie d’opérateur est concernée par cette activité : la vidéothèque, qui fournit particuliers et salles de vidéo en cassettes de films.

B) Aptitudes

Aucun diplôme n’est exigé. Néanmoins, ce métier requiert les compétences nécessaires à toute entreprise commerciale :

II. LE MARCHE

A) La demande

La clientèle est variée dans son origine, son âge et ses motivations. Son origine déterminera le type de films apprécié ainsi que le type de salles fréquentées.

1. La clientèle selon sa nationalité

a) La clientèle djiboutienne :

Elle est bien entendu la plus importante en nombre dans la plupart des salles de cinéma ou vidéo.

Elle s’intéresse avant tout à des films dont les caractéristiques sont les suivantes :

b) La clientèle étrangère résidente 

On constate que, selon sa nationalité, elle fréquentera des lieux différents  liés à la langue de projection des films :

- Les Français sont quasiment les spectateurs exclusifs du Centre Culturel Français Arthur Rimbaud (CCFAR), malgré la baisse, il y a deux ans, du prix du ticket d’entrée passé de 1000 DJF à 500 DJF qui aurait dû en favoriser l’accès à un moindre prix aux Djiboutiens.

Les civils français, en moindre nombre les militaires, fréquentent également l’Odéon.

Les anglophones fréquentaient le ciné-club de l’ambassade des Etats-Unis.

- Les Ethiopiens ne fréquentent que les salles spécialisées en films projetés en langue amharique.

c) La clientèle touristique des non-résidents 

D’après une enquête en cours réalisée pour l’ONTD sur " Le profil du touriste international à Djibouti ", 20% des 500 personnes interrogées disent, dans les questions relatives aux loisirs, avoir fréquenté le cinéma Odéon, le CCFAR ou le cinéma du Détachement Air (DA 188) des Forces françaises Stationnées à Djibouti durant leur séjour à Djibouti.

  1. les variations saisonnières 

Tous les établissements fonctionnent toute l’année sauf le CCFAR qui ferme ses portes au mois d’août et suspend sa saison de projection entre le 15 juillet et mi -septembre.

On note chaque année une baisse de fréquentation pendant la période du Ramadan.

  1. L’offre :
  1. les cinémas

Ils ont subi de profondes mutations ces vingt dernières années, dues au développement de la télévision et de nouveaux modes de communication dans ce domaine.

a) Les cinémas commerciaux

Nom

Localisation

Nombre de places

Nombre de séances

Cinéma Odéon

Carrefour de l’odéon

700

2 par jour

Le cinéma le Paris

Quartiers 7 et stade

100 -120

ponctuelles

Al Hilal

près de la place Mahmoud Harbi

100 -120

ponctuelles

- Le cinéma Odéon est un cinéma en plein air. Il a été construit au début des années 40 par une famille yéménite. Il présente essentiellement des films américains en version française. Il programme deux séances par jour :

- Le cinéma Le Paris ne fonctionne que ponctuellement pour la projection de films indiens ou pour des représentations théâtrales.

- Le cinéma Al Hilal ne projette que rarement des films indiens.

On constate donc que le seul et dernier cinéma de Djibouti fonctionnant régulièrement est le cinéma Odéon. Il faut noter que plusieurs cinémas ont cessé leur activité ces dernières années à Djibouti :

L’Odéon achète 52 films 35 millimètres par an. L’acquisition de ces films est soumise à des contraintes par les sociétés de production qui imposent des lots contenant un film vedette (connu et très commercial) et de 4 à 9 films moins intéressants que le cinéma est obligé d’accepter.

  1. Les cinémas non commerciaux 

NOM

LOCALISATION

NOMBRE DE PLACES

NOMBRE DE SEANCES

Maisons des Jeunes des quartiers

Quartiers 1 et 2 (Hadj Dideh), Balbala, Stade, Engueilla, Q7

variable

variable

Centre Culturel Français Arthur Rimbaud (CCFAR)

Salines Ouest

263

Une par semaine

- Les maisons des jeunes sont financées par le Ministère de la Jeunesse des Sports et du Tourisme et sont réparties dans les principaux quartiers de la capitale. L’accès est gratuit aux jeunes du quartier. Les projections se font soit en salles, soit à l’extérieur et sont essentiellement des vidéos.

- Le CCFAR est un établissement culturel français. Les films sont expédiés par le Ministère des Affaires Etrangères Français. Le CCFAR projette sur un grand écran, par un projecteur de marque Victoria 5, des films de type 37 millimètres.

- Le ciné-club de l’Ambassade des Etats-Unis qui était ouvert au grand public sur obtention de carte d’entrée a cessé ses activités depuis peu de temps.

- Les cinémas du DA 188 et de la Légion (13ème DBLE) sont fréquentés par les militaires français et leur familles qui habitent sur place dans les bases ou à proximité. Ils ont une programmation aussi variée que celle de l’Odéon.

  1. Les salles vidéo 

L’inventaire de ces salles est difficile à faire, de par le caractère informel, discret et volatile de ces petites salles. Les caractéristiques principales en sont les suivantes :

Notons que des salles réservent un emplacement aux femmes, séparé de celui des hommes. Enfin, certaines salles proposent le broutage en même temps que la projection.

  1. Les vidéothèques
  2. - Il existe de nombreuses vidéothèques dans les quartiers, l’offre est très large, mais CLIP (SARL) et MANHATTAN (EURL) sont les deux entreprises les plus importantes du centre ville.

    CLIP achète ses cassettes à SAVIR, unique grossiste importateur djiboutien, Manhattan les importe par les services d’un grossiste français.

    - La vidéothèque du CCFAR est ouverte toute l’année sauf au mois d’août. Elle augmente son stock d’une centaine de cassettes par année. Elle offre environ un tiers de documentaires et deux tiers de films essentiellement en français. Quelques films sont projetés en langues étrangères, sous-titrés en langue française.

  3. Les prix
  4. a) Salles de cinéma et vidéo

    Nom

    Adulte

    Jeune ou enfant

    Odéon

    300 à 500

    200 à 300

    Salle vidéo

    50 à 100

    50 à 70

    CCFAR

    500

    500

    Les prix sont fixes. Certaines salles vidéo demandent un supplément de 20 DJF en cas d’utilisation du groupe électrogène.

    b) Vidéothèques

    PRESTATIONS

    CLIP

    MANHATTAN

    Location 1 cassette

    500 (2 jours)

    600 (3 jours)

    Abonnement

    5 000 – 12 cassettes

    5 500 - 11 cassettes

    Abonnement

    10 000 – 24 cassettes

    6 500 – 13 cassettes

    Abonnement

    15 000 – 38 cassettes

     

    Durée de location

    2 jours

    3 jour – 2 jours pour les nouveautés

    Nombre de cassettes

    Environ 7 000

    Environ 4000 originaux

    Ces deux vidéothèques ne demandent pas de caution. La durée des abonnements est illimitée.

    - Dans les petites vidéothèques, le coût de location d’une cassette va de 100 à 200 DJF.

    - L’accès à la vidéothèque du CCFAR prévoit :

    Pour les particuliers : le paiement pour une année de l’accès à la bibliothèque du CCFAR (5000 DJF) plus un supplément de 5 000 DJF donnant droit à la location de 10 films et 10 documentaires.

    Pour les institutions : le paiement de 5000 DJF par année. Dans ce cas, seules sont louées des cassettes de documentaires et en nombre illimité.

  5. La concurrence 

Elle est forte et ses origines sont très diverses ;

  1. contre la profession

b) entre opérateurs

  1. La communication 

- Le cinéma Odéon informe de son programme au jour le jour au moyen d’affiches sur les murs du bâtiment qui l’abrite.

- Le CCFAR publie un programme d’activités qu’il fait parvenir par courrier à certains destinataires (abonnés, hôtels, commerces, etc.).

On constate que ni pour l’un ni pour l’autre il n’y a de présentation de programme systématique dans la presse ni par quelque moyen de large envergure.

III. LES MOYENS DE PRODUCTION

  1. Les ressources humaines :
  2. Cette activité nécessite peu de personnel.

    - Cinéma l’Odéon : le gérant assure également la fonction de caissier. Deux portiers contrôlent les tickets à l’entrée de la salle. Trois techniciens assurent le fonctionnement du projecteur et sa maintenance.

    - Salles vidéo : Dans les salles vidéo, le personnel est réduit à sa plus simple expression, à savoir le propriétaire qui assure la totalité des tâches.

    - Vidéothèques : CLIP : 2 salariés + 1 gérant, Manhattan : 1 salarié + 1 gérant.

  3. Locaux et équipements 

- Cinéma l’Odéon : salle, grand écran, fauteuils et chaises, projecteur. Il est équipé d’un groupe électrogène prenant le relais de l’alimentation en électricité en cas de coupure.

- Salles vidéo : local, postes de télévision et magnétoscopes, parfois grand écran, sièges (en général, chaises de jardin en plastique), bancs, tapis pour brouteurs.

ATERIEL

CARACTERISTIQUES

PRIX ACHAT TTC DJF

Téléviseur

36 cm

50 000

 

51 cm

85 000

 

63 cm

160 000

 

72 cm

180 000

Magnétoscope

PAL SECAM

80 000

Visioprojecteur

 

600 000 à 2 000 000

Grand écran

 

80 000 à 100 000

Le matériel audiovisuel est essentiellement importé de France et du Japon. Quelques distributeurs importent via Dubai.

IV. EXPLOITATION

  1. Chiffre d’affaires
  2. Pour le cinéma, le chiffre d’affaires est très irrégulier et dépend de la programmation. D’une façon générale, le chiffre d’affaires des opérateurs déclarés est en baisse, à cause de la baisse du pouvoir d’achat, raison qui pousse les consommateurs vers le secteur informel.

  3. Charges 

1. Charges spécifiques aux salles vidéo : Abonnement Djibnet 

Les salles vidéo projetant des films et des manifestations sportives en direct sur Canal Horizons doivent supporter la charge de la location du décodeur et de l’abonnement mensuel.

Charges

Coût

Remarques

Location du matériel

1 000 DJF par mois

Décodeur, télécommande et transformateur

Abonnement individuel        " bouquet de base "

8 000 DJF par mois

15 chaînes

Abonnement individuel            " super bouquet "

12 000 DJF par mois

21 chaînes

Abonnement entreprises         " super bouquet "

20 000 DJF par mois                (même prix " bouquet de base ")

21 chaînes

Conditions de location : une somme de 45 000 DJF doit être déposée au moment de la première installation. Les salles vidéo utilisant essentiellement Canal Horizons sont en général abonnés au tarif individuel " bouquet de base ".

2. Charges spécifiques aux cinémas : importation des films

Les films importés sont des copies qui viennent de France par l’intermédiaire de sociétés de production. Le coût d’achat de la copie est de 9 000 DJF, auquel s’ajoutent des frais de transport aérien de 1 500 DJF et l’achat des affiches et photos pour 500 DJF, soit un total de 11 000 DJF par film.

  1. Charges de structure

- électricité, (carburant pour le groupe électrogène)

- eau, téléphone

- loyer

- charges de personnel

- patente

(Chez CLIP, l’ensemble des charges représenterait 35% du CA).

V. REGLEMENTATION

  1. Droits d’auteur
  2. Le piratage va bon train, il est quasi incontrôlable et il nuit aux droits de propriété intellectuelle, puisque aucun doit d’auteur n’est ni collecté, ni reversé.

  3. Déontologie

- Notons que certaines salles vidéo sont spécialisées dans le cinéma pornographique sans grand contrôle des autorités compétentes, qui ferment les yeux.

  1. Fiscalité

- Pour les contributions directes, plusieurs rubriques concernent les entreprises de cinéma et vidéo pour la patente :

Type d’activité

Droit fixe

DF

Droit proportionnel

DP

Centimes additionnels

(CICID)

Cinéma, location audiovisuel 6ème classe -

200 000 DJF

Valeur locative annuelle x 20 %

(DF+DP) x 7%

Etablissement de spectacle 7ème classe -

120 000 DJF

Valeur locative annuelle x 15 %

(DF+DP) x 7%

Marchand de cassettes vidéo 8ème classe -

70 000 DJF

Valeur locative annuelle x 10 %

Néant

- La Taxe intérieure de consommation (TIC) est de 40 % pour les matériels et les cassettes.

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL

A) Tutelle :

Deux ministères sont concernés par ce secteur professionnel :

B) Syndicats :

Aucune association ni syndicat n’existent dans ce secteur.

CONCLUSION

Le cinéma est le loisir moderne par excellence, qui intègre toutes les innovations technologiques d’aujourd’hui.

La fréquentation des salles de cinéma semble en baisse à Djibouti comme un peu partout dans le monde sous l’effet du développement de la vidéo et de la baisse relative des prix des équipements individuels de projection privés.

Mais l’offre est-elle réellement attrayante ? Le seul cinéma de la ville est en mauvais état (matériel de projection ancien, sièges délabrés, rats …), la communication sur les films programmés n’atteint pas les quartiers (par voitures munies de haut-parleurs, par exemple), le taux de remplissage est, dès lors, très moyen amenant une rentabilité assez faible.

Entre le grand cinéma en plein air et la petite salle vidéo, n’y a-t-il pas place sur ce marché pour une ou deux petites salles de cinéma, fermées et climatisées en saison chaude, avec davantage de  séances pour en assurer la rentabilité ? La faisabilité d’une telle formule mériterait d’être étudiée.

Encore modeste à Djibouti, la publicité audiovisuelle se développe et pourrait constituer une recette d’appoint pour une salle de cinéma (mêmes spots qu’à la télévision).

C’est dans le secteur informel des salles de projection vidéo que l’on trouve le plus d’inventivité en exploitant l’événement (par exemple la Coupe du monde de football), en proposant un programme complet de deux films, en collant aux goûts de la clientèle.

Cette étude a été réalisée avec la collaboration de

Mariam Ali Mohamed et Ahmed Souleiman Mohamed