REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTIÉtablissement d'Enseignement Supérieur
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INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTICollection "Études de métiers"
GARDERIES et MATERNELLES_______________________________________________________________________________________
- SOMMAIRE -
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I. DEFINITION DE LA PROFESSION ................................................
II. LE MARCHE ..................................................................................
III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................
IV. EXPLOITATION ...........................................................................
V. REGLEMENTATION .....................................................................
VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL .....................................................
CONCLUSION .................................................................................. |
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I. DEFINITION DE LA PROFESSION
A) Activités
Premiers contacts de l'enfant hors de sa famille, les garderies sont les initiateurs de la vie en collectivité. Elles participent activement au développement de la communication et à la socialisation de l'enfant.
Les garderies et écoles maternelles (GEM) concernent les enfants d'âge préscolaire (de 2 ans jusqu'à 6 ans) qui se trouvent séparés temporairement de leur famille.
Les GEM aménagent un espace de vie sécurisant et à la dimension des jeunes enfants. Dans ce cadre, grâce au jeu, au langage parlé et à la communication non verbale, les GEM tentent de répondre à leurs besoins physiques, intellectuels et affectifs. Elles mettent en oeuvre des activités permettant le développement de l'expression, laissant naître les intérêts et les capacités de l'enfant : jeux, coin poupée, peinture, modelage, exercices d'équilibre, encastrements...
Les contacts étroits avec les parents assurent la continuité éducative avec ceux-ci dans le respect du milieu familial, social et des références culturelles de l'enfant. Lorsqu'ils repèrent des retards psychomoteurs ou des anomalies du comportement, les GEM peuvent en informer les parents.
B) Aptitudes
Pour exercer ce métier, l'amour des enfants ne suffit pas. Travailler auprès d'enfants souvent turbulents et bruyants nécessite d'avoir une bonne résistance à la fatigue, de la patience,une santé solide et un bon équilibre nerveux. Il faut rester constamment vigilant pour veiller à ce qu'aucun accident ne survienne (chute, étouffement...).
L'éducateur de jeunes enfants doit être patient et disponible. Esprit d'observation, d'initiative et sens des responsabilités sont également nécessaires. L'importance de l'éducation sensorielle de l'enfant exige d'avoir une imagination riche, un sens musical et artistique développés et de l'habileté manuelle.
Cette activité nécessite un travail d’équipe de la part des parents, du personnel éducatif et des enfants. Ce qui suppose de bonnes aptitudes à écouter et commmuniquer.
Il faut enfin être gestionnaire de tous les problèmes internes : règlement intérieur, heures d’ouverture, plannings, budgets, etc..).
II. LE MARCHE
A) La demande
1. Les besoins
Plusieurs facteurs expliquent l'expansion de la demande de GEM à Djibouti, que l'on peut résumer ainsi :
a) Évolution des mœurs, émancipation de la femme qui travaille
Les enfants restaient chez eux, "dans les jupes de leurs mères". Les mamans, qui travaillaient, laissaient leurs enfants à des proches ou à leur famille. Or la famille n'est pas non plus toujours disponible pour assurer la surveillance de l'enfant et encore moins pour lui proposer des activités éducatives.
b) Prise de conscience de l'importance du préscolaire pour l'enfant
Certains parents, analphabètes, ne connaissent pas l’existence de cet enseignement éducatif préscolaire. Par contre, de plus en plus mesurent l'intérêt de telles structures (Cf Les États Généraux de l'Éducation en Novembre 1999).
- Les GEM donnent à l'enfant son premier rapport avec la vie scolaire. Il s’accoutume à la vie en collectivité et à la socialisation.
- Ces lieux d'accueil du jeune enfant leur facilitent les apprentissages par des activités éducatives adaptées à leur âge et leur développement personnel. Grâce au jeu, le groupe éducatif tente de répondre à leurs besoins intellectuels, affectifs et physiques.
c) Les initiatives du secteur privé
La demande nationale prend de plus en plus d’importance, mais l’enseignement préscolaire éducatif public est inexistant. Les établissement français étant inaccessibles pour la plupart (nationalité, tarifs), des GEM se sont constituées, certaines avec des tarifs raisonnables. Ce phénomène de création de GEM djiboutiennes a stimulé la demande dans ce domaine.
2. Typologie de la clientèle
Le critère des revenus est déterminant, on peut distinguer :
- Les parents de jeunes enfants nationaux, à faibles revenus sont obligés de les laisser à la maison parce qu’ils n’ont pas les moyens de les intégrer dans les GEM privées. Les enfants commenceront l’école primaire à l’âge de 7ans..
- Sinon, certains à revenus moyens les inscrivent dans des écoles islamiques peu coûteuses ou d'autres écoles privées aux tarifs réduits.
- Les parents aisés, qui ont les moyens de mettre leurs enfants dans des GEM.
- Les français (militaires, organismes de coopération, privés) et étrangers (diplomates, organisations internationales) sont inscrits souvent à Dolto, La Farandole ou Saint-Exupéry alors qu’avant c’était uniquement à La Nativité.
- Les nationaux sont des cadres supérieurs fonctionnaires ou non, des membres de professions libérales (avocats, médecins ..)
3. Rythmes d'activité
- Les GEM sont fermées les après-midi sauf pour les écoles maternelles. Les horaires sont souples, adaptés aux heures de travail et de retour de travail des parents.
- Les GEM travaillent à un rythme identique toute l’année scolaire, sauf à la rentrée, période qui est plus difficile et fatigante (on apprend aux enfants comment tenir un crayon, quelques mots en français, à se prendre la main, etc. Il n’y a pas cours, pour certaines le lundi et les après-midi.
B) L’offre
Le tableau page suivante résume les principales caractéristiques des GEM à Djibouti : coordonnées (adresse, téléphone), date de création, âge d'admission, système éducatif, tarifs pratiqués.
1. Localisation
La répartition géographique des GEM est inégale. Elles sont plus nombreuses dans certains quartiers comme les quartiers 3 et 7, rares dans d'autres. Il arrive que des parents, à cause de la distance et des difficultés de transport, inscrivent puis renoncent à mettre leurs enfants dans ces écoles.
Les installations de GEM dépendent des autorisations consenties par l’Etat (bien qu’il en existe certaines dans des maisons individuelles) et les implantations ont obéi parfois à d'autres considérations que la proximité de la clientèle : propriété et normes des locaux...
2. Typologie des GEM
Les GEM peuvent être classées à partir de leur nationalité.
a) Les GEM françaises
Saint-Exupéry ou Dolto pratiquent le système scolaire et les programmes français. Elles sont subventionnées : Dolto par la France et la Nativité par l’état Djiboutien et français (à parité). Ces subventions entraînent un droit de regard, de contrôle dans l’enseignement et sur les comptes.
L'école Dolto pratique un recrutement d'enfants sélectif, donnant la priorité aux Français. Saint-Exupéry fait partie des actions sociales des FFDJ, on laisse la priorité aux militaires puis aux civils français et enfin aux nationaux.
b) Les GEM djiboutiennes
Dans ces structures, le système éducatif préscolaire est mixte ou français seulement. Il faut distinguer :
- Les écoles islamiques (Hadana Islama, AL-Dawat). L’apprentissage est basé sur les fondements de l’islam (99 noms de Dieu, l’alphabet arabe, des sourates, les chiffres arabes…) et aussi, sur la langue française. Elles s’apprêtent à réaliser et à imprimer leur propres livres.
- Les autres écoles : La Farandole, Le Club des cheminots, l'Aéroport pratiquent le système éducatif français. L’école maternelle du Héron enseigne l’anglais et le français. La base de l’anglais s’inspire du système éducatif américain (l’alphabet, les nombres, le renforcement de la prononciation avec la radio). La garderie Ayan apprend aux enfants le francais et les bases de l’slam.
CARACTERISTIQUES DES GEM
|
Noms |
Adresse |
Téléph. |
Date de création |
Age admission |
Tarif élève |
Catégorie |
Système éducatif |
|
Garderie et école maternelle Aviation |
Cite de l’aviation |
35 28 24 |
1983 |
2 à 3 ans 3 à 6 ans |
3 500 par mois |
école djibouti |
Mixte (français et arabe) |
|
Ecole maternelle Club Cheminot |
QS Avenue Maréchal Foch |
Ligne coupée |
1960 |
3 ou 4 ans à 5 ans |
8 000 par mois |
Ecole djibouti |
français |
|
Garderie Ayan |
Bd général de Gaulle |
34 02 05 |
1993 |
2 à 3 ans |
5 000 par mois |
Ecole djibouti |
Mixte (français et arabe) |
|
Garderie Aéroport |
Aéroport |
34 71 21 |
|
2 à 3 ans |
|
Ecole djibouti |
Mixte (français et arabe) |
|
Ecole maternelle du Héron |
Héron |
35 0708 |
1994 |
2 à 5 ans |
20 000 par mois |
Ecole djibouti |
Mixte (français et anglais) |
|
Garderie la Fontaine |
Marabout |
35 03 82 |
1991 |
2 à 3 ans |
10 000 par mois |
Ecole djibouti |
Français |
|
Garderie St-Exupéry |
Zone Industrielle sud |
35 13 51 Poste : 3582 |
1984 |
2 à 5 ans |
|
Ecole française |
Français |
|
Ecole maternelle Dolto |
Zone portuaire sud |
35 03 32 35 66 61 |
1978 |
3 à 5 ans |
66 000 par trimestre |
Ecole française |
Français |
|
Garderie et Ecole maternelle Nativité |
QS Avenue Maréchal Foch |
35 78 52 |
1933 |
2 à 3ans 3 à 5 ou 6 ans |
matern. 18 000 par mois garderie 14 000 par mois |
Ecole franco-djibouti |
Français |
|
Ecole maternelle Hadana Islam |
Q3 Rue Zeila |
35 08 95 |
1994 |
3 à 5 ans |
3 000 par mois |
Ecole djibouti islamique |
Mixte (français et arabe) |
|
Ecole maternelle Islamique Dawat |
Cité Q7 |
35 50 15 |
1992 |
3 à 5 ou 6 ans |
2 500 par mois |
Ecole djibouti |
Ecole privée |
|
Ecole maternelle Farandole |
Boulevard de la République |
35 25 41 |
1991 |
3 à 5ans |
15 000 par mois |
Ecole djibouti |
Français |
|
Garderie Bilal |
Q5 |
|
1992 |
3 à 5 ans |
1 000 par mois |
Ecole djibouti islamique |
Mixte (français et arabe) |
|
Garderie Al Riyaddal Islamyia |
Balbala |
|
1990 |
3 à 5 ans |
1 000 par mois |
Ecole djibouti islamique |
Mixte (français et arabe |
3. La concurrence
Les GEM ne se font pas réellement concurrence. Chacune a une part de marché spécifique. Certaines GEM ont meilleure réputation que d’autres (ex : Dolto, Nativité, Ayan, Aviation, etc.…). Les parents leur font confiance puisque leurs mérites sont vantés par les autres parents ou les rumeurs. Les enfants sont assurés dans ces dernières (Dolto, Club des Cheminots, etc.…). Dans d’autres, il n’a pas d’assurance, mais ils sont surveillés par leurs enseignantes (Al-Dawat).
III. LES MOYENS DE PRODUCTION
A) Les ressources humaines :
Dans toutes les GEM, on trouve les grandes fonctions suivantes (principalement assurées par du personnel féminin) :
1. L'enseignement
- Des institutrices sont recrutées. Certaines dans les GEM françaises sont titulaires de l'Education Nationale, elles sont rémunérées en fonction de leur diplôme, de leur expérience professionnelle ou de leur ancienneté.
- Des puéricultrices spécialisées sont également employées. Elles assurent les soins d’hygiène, d’alimentation, conseillent les mamans... Elles organisent des activités éducatives.
- Les aides maternelles sont en général djiboutiennes, elles n’ont pas de diplômes élevés (du niveau CM2 au niveau 3ème). Elles permettent de surmonter les problèmes linguistiques de certains enfants. Elles surveillent les enfants, leur apprennent à manger correctement, changent les couches, etc.…Elles les divertissent par des jeux éducatifs (modelage, peinture, etc.…).
2. La gestion
- Direction : La directrice gère et organise les activités de la GEM (plannings, programmes...).
- Comptabilité : La directrice fait ses comptes elle-même comme à la Nativité, la Farandole ; d’autres le transmettent au service comptable (Dolto, Dawat). Le comptable tient en main toute la gestion financière. Il doit veiller à sa mise à jour régulière.
- Secrétariat : La directrice peut s’occuper de la gestion administrative comme au Club Cheminot ou faire appel au service de secrétaires comme à Dolto, Dawat, Nativité. Leur fonction est d’organiser les dossiers, de répondre à la demande d'informations...
3. Les services généraux
- L’entretien est assuré par des bonnes payées à l'heure. L'essentiel du nettoyage des écoles maternelles ou garderies s’effectuent le vendredi et le lundi (Nativité) ou entre les pauses de récréation.
- Gardiennage : Les gardiens assurent la surveillance des locaux. Ce sont des Ethiopiens, Djiboutiens ou Somaliens.
B) Investissements
1. Locaux
Certains établissements sont propriétaires de leurs locaux, les écoles françaises notamment. Pour les autres, le loyer constitue une charge fixe très importante, il varie avec la taille de l'école. Les écoles islamiques se trouvent dans les quartiers et donc en dehors du centre-ville, ce qui leur revient moins cher par rapport à celles installées dans le centre-ville (Farondole, Ecole maternelle du Héron, Nativité) ou à la zone industrielle (St-Exupéry).
|
Nom des écoles |
Nombre de pièces |
Loyer |
|
Dawat |
5 salles |
50 000 DJF |
|
Club cheminot |
5 salles |
100 000 DJF |
|
La farandole |
4 salles |
100 000 DJF |
|
La Nativité, Dolto, St-exupéry |
Propriétaire du terrain |
|
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Ecole maternelle le Héron |
6 salles |
150 000 DJF |
|
GEM de l’aviation |
Financé par l’organisme islamique saoudien |
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Les locaux doivent être hygiéniques, conformes aux règles juridiques, sanitaires et éducatives. Le nombre de pièces doit être en concordance avec le nombre de places d’accueil. Sinon cela engendre des conflits, des mauvaises conditions pédagogiques.
Dans certaines écoles (Nativité, Club cheminot, Dawat), les classes sont nombreuses : 30 à 45 élèves.
2. Équipements
Plusieurs catégories d'immobilisations sont à financer pour ouvrir une GEM :
La richesse en équipements est très variable et dépend du niveau de recettes de la GEM et donc de la contribution des parents : Dawat, Dolto, et St-Exupéry sont bien équipées, La Farondole fournit le matériel éducatif, sans qu’il soit prélevé sur les tarifs scolaires. Hadana Islama n’a pas du tout de jeux éducatifs. Dans les autres écoles privées et françaises (Nativité, Club des cheminots, école maternelle du Héron), les enfants achètent leurs fournitures scolaires.
3. Les financements
La plupart des petites GEM ont été créées sur apport personnel. Les budgets d’installation varient de 4 à 10 millions à la création et peuvent augmenter avec les investissements postérieurs à l’ouverture. Les écoles françaises sont affiliées au Ministère des Affaires Étrangères (l'Agence pour l'Enseignement du Français à l'Etranger) qui peut octroyer des prêts avantageux, la comptabilité est tenue par un gestionnaire accrédité. Certaines GEM sont subventionnées par l’Etat djiboutien comme la Nativité puisque c’est une école franco-djiboutienne. D’autres GEM parrainent d’autres écoles comme l’association (école maternelle) Al-Dawat avec les associations Al-Dawat de Cheikh Moussa et d’Hahablé ou la Nativité avec l’école de La Salle.
IV. EXPLOITATION
A) Chiffre d’affaires
Il varie en fonction des tarifs d'écolage (frais d’inscription, frais de scolarité mensuels ou trimestriels) et de l'effectif total (nombre de classes x nombre d'élèves par classe).
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Nom des écoles maternelles |
Tarif (DJF) par élève |
Effectif par classe |
Effectif total |
Chiffres d’affaires par an (DJF) |
|
Ecole maternelle Dolto |
66 000 par trimestre |
16 à 18 |
240 |
12000*240=2 880 000 |
|
Ecole maternelle et garderie Nativité |
18 000 par mois en maternelle 14 000 à 15 000 en garderie |
25 à 40 |
203 (dont 103 en garderie) |
18000 * 100 = 1 800 000 14000 * 103 = 1 442 000 |
|
Al-Dawat |
2 500 par mois |
25 à 30 |
30 à 50 ou à 90 |
2500 * 90 = 225 000 |
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Hadana Islama |
3 000 par mois |
NC |
NC |
|
|
Ecole maternelle Farandole |
15 000 par mois |
20 = petite et moyenne section 30 = grande section |
50 |
50 * 15000 = 750 000 |
|
Ecole maternelle Club des cheminots |
8 000 par mois |
42 = grande section 32 = petite section |
72 |
72 * 8000 = 576 000 |
Des suppléments peuvent être demandés pour des activités ponctuelles (sorties) ou pour pratiquer plus d'activités (comme membre du Club des cheminots, par exemple : 3000F de cotisation mensuelle).
Les délais de paiement sont en général fixés au plus tard le 5 ou le 10 du mois, dans la plupart des GEM à cause des problèmes économiques que traverse le pays (les parents djiboutiens reçoivent leurs salaires avec des retards de plusieurs mois). Ces écoles connaissent un fort taux d'impayés. Dans les écoles françaises, par contre, les écolages sont payables par trimestre d'avance et les impayés, relativement rares (certains parents sont boursiers), entraînent l'exclusion de l'enfant.
B) Charges
Les salaires sont la première charge d’une GEM. Nous avons déjà signalé l’importance dans les charges du loyer, auquel il faut rajouter les autres charges de structure : eau, électricité, les assurances éventuellement. Viennent enfin l’achat des consommables pour renouveler les fonds de bibliothèque et de fournitures pédagogiques.
Voici un tableau présentant quelques charges de 3 établissements :
|
Types de charges |
Association Al-Dawat |
La Farandole |
Nativité |
|
Téléphone/par mois |
7 500 |
NC |
NC |
|
Loyer/par mois |
5 000 |
100 000 |
Propriétaire |
|
Assurances/par mois |
Surveillés par des enseignantes |
1500 /par élève |
778 000 (annuel) |
|
Salaires/par mois |
40 000 /par enseignant |
60 000F/par enseignant |
100 000 de base + 15 % de sursalaire |
|
Électricité/ par mois |
10 000 |
NC |
NC |
|
Patente/par an |
Sans |
100 000F |
Exonéré |
V. REGLEMENTATION
A) Autorisations
La loi 188/AN/81 autorise toute personne ou toute collectivité privée à ouvrir une école privée si elle répond aux conditions suivantes :
- L’école doit disposer d’un local conforme aux règlements en vigueur en matière d’hygiène ou de sécurité.
- Le directeur et les enseignants de l’école doivent disposer des diplômes correspondants au niveau des enseignements autorisés et jouir d’une bonne moralité
Voici plus en détail la procédure :
Œ La déclaration d’intention d’ouvrir une école privée
La personne ou la collectivité privée qui désire ouvrir une école privée doit tout d’abord adresser au Commissaire de la République, chef du District où est située l’école, une déclaration d’intention d’ouvrir une école privée.
Cette déclaration doit préciser :
- l’adresse exacte et un plan sommaire de l’école,
- le nom et l’adresse du directeur proposé.
Dans les quinze jours qui suivent le dépôt de cette déclaration, le commissaire de la République procède à l’inspection des locaux et à l’ouverture d’une enquête de moralité sur le directeur proposé. Le commissaire de la république, après avoir vérifié la conformité du dossier remet à l’intéressé un récépissé de dépôt (dont une copie sera jointe au dossier). Le certificat de conformité du local doit être renouvelé tous les 3 ans. Il le transmet au ministre de l’Education Nationale. Après étude du dossier, ce dernier propose un arrêté d’autorisation au Président de la République.
La demande d’autorisation d’enseigner dans un établissement privé :
Nul ne peut donner un enseignement de quelque nature que ce soit dans un établissement privé s’il n’est pas titulaire d’une autorisation d’enseigner. L’autorisation d’enseigner peut-être accordée individuellement à toute personne qui le demande et qui satisfait aux conditions de diplômes et de moralité. Une demande collective peut-être faite pour le personnel enseignant d’une école privée. La demande d’autorisation d’enseigner est déposée à la direction générale de l’Education Nationale.
Elle doit être accompagnée d’un dossier comprenant :
- Un extrait d’acte de naissance,
- Un extrait de bulletin n°3 du casier judiciaire,
- Les photocopies certifiées conformes des diplômes,
- Une photocopie certifiée conforme de la carte Nationale d’identité pour les Djiboutiens ou les photocopies certifiées conformes du passeport et du permis pour les étrangers,
- Un certificat médical d’aptitude à l’emploi d’enseignant,
- 2 photos d’identité récentes.
Le diplôme exigé pour un enseignant dépend du niveau d’enseignement dispensé :
Ici, pour la plupart du temps, c’est le Bac ou le niveau BEPC. L’âge minimum exigé pour enseigner est de 18 ans. L’âge minimum pour diriger une école privée est de 21 ans.
Après avoir obtenu le certificat de conformité du local et le certificat de bonne moralité du directeur, le directeur dépose auprès du Commissaire de la République, une demande d’autorisation d’ouverture d’un établissement privé adressée au Président de la République, sous couvert du Ministre de l’Education Nationale.
Cette demande doit préciser :
- le nom de l’établissement,
- le niveau de l’enseignement (préscolaire : garderies et écoles maternelles).
Cette demande doit être accompagnée d’un dossier comprenant :
- pour le local :
- le certificat de conformité du local,
- un plan sommaire et l’adresse exacte de l’école.
- pour le directeur :
- extrait d’acte de naissance,
- extrait du bulletin n°3 du casier judiciaire,
- photocopies certifiées des diplômes,
- une photocopie certifiée conforme et de la carte nationale d’identité pour les Djiboutiens ou les photocopies certifiées conformes du passeport et du permis de travail pour les étrangers,
- un certificat d’aptitude médical à l’emploi d’enseignant,
- un certificat de bonne moralité délivrée par la police nationale,
- 2 photographies d’identité.
B) Fiscalité
Certains établissements sont exonérés de patente parce que l’activité n’est pas considérée comme commerciale mais associative (Al-Dawat, Nativité). Mais d'une façon générale, la patente est due ; les " garderies d’enfants " sont classées en classe 8, c’est à dire qu ‘elles doivent payer un droit fixe de 70 000 DJF et un droit proportionnel de 10 % de la valeur locative des locaux.
VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL
Il n’y a pas de syndicat professionnel pour les établissements préscolaires sans doute à cause du nombre restreint de professionnels. La tutelle de l’Education Nationale n’intervient qu’à l’ouverture de l’établissement.
B) Formation :
Aucune filière de formation n’existe sur place. Les dirigeants de GEM aimeraient former davantage leur personnel. Il serait souhaitable que des formations soient organisées sur l’initiative des instances et des bailleurs voulant promouvoir l’entrepreneuriat féminin ou le secteur de l’Education : institutrices, puéricultrices, éducatrices de jeunes enfants, auxiliaires de puériculture, assistantes maternelles, sans oublier la formation à la gestion.
CONCLUSION
Les Etats Généraux de l’Education (Novembre 1999) ont permis dans un premier temps de faire un bilan/analyse de la situation scolaire et dans un second temps de déterminer les orientations à prendre.
Le diagnostic de la crise actuelle s’applique bien au secteur de l’enseignement préscolaire : crise de valeurs : l’école ne prend pas en charge les valeurs nourricières de notre identité nationale, crise de finalités : système foncièrement désajusté par rapport aux besoins socio-économiques du pays, et crise identitaire : architecture scolaire distribuée sur la base de modèles transplantés.
Les États Généraux ont suggéré entre autres de promouvoir un enseignement préscolaire dès l’âge de 4 ans. Voici le discours officiel dont on attend qu’il soit suivi de projets concrets :
" Le manque de culture préscolaire constitue, au début de la scolarité obligatoire, un handicap pour beaucoup d ‘élèves. Même si la loi d’orientation intègre l’enseignement préscolaire dans l’éducation de base comme étant facultatif, il n’en demeure pas moins que le renforcement de l’enseignement préscolaire reste d’une importance capitale pour l’éveil de la petite enfance. En effet, savoir ce qu’est d’aller à l’école, vivre en société, partager le jeu à un âge précoce, sortir du cercle familial présentent un aspect positif pour la suite de la scolarité et permet d’acquérir des automatismes cognitifs et psychomoteurs qui peuvent être utilisés dans les apprentissages ultérieurs ".
L’enseignement préscolaire privé est un secteur prometteur et il existe de réelles opportunités de s'installer sur ce marché à forte demande non satisfaite.
Cette étude a été réalisée avec la collaboration de
Naghad Saleh et Nima Djama