REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTI

Établissement d'Enseignement Supérieur

______________________________________________________________________________________

INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI

Collection "Études de métiers"

- SOMMAIRE -

I. DEFINITION DE LA PROFESSION ................................................

A) Activités

B) Aptitudes

II. LE MARCHE ..................................................................................

A) La demande

1. Le parc de véhicules

2. Typologie de la clientèle

3. Variations saisonnières

4. Tendances de la consommation

B) L'offre

1. Classification et localisation des garagistes

2. La concurrence

3. Les prix

III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................

A) Ressources humaines

B) Équipements

C) Les fournisseurs

IV. EXPLOITATION ...........................................................................

A) Chiffre d'affaires

B) Charges

C) Gestion

V. REGLEMENTATION .....................................................................

A) Autorisation

B) Fiscalité

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL .....................................................

A) Le syndicat

B) Formation

CONCLUSION ..................................................................................

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I DEFINITION DE LA PROFESSION

A) Activités

Les réparateurs automobiles, appelés familièrement garagistes, sont classés à travers 3 catégories principales :

- la réparation des parties mécaniques ou électriques de la voiture, et la réparation de la carrosserie (peinture, soudure), qui sera la principale catégorie étudiée ici,

- le remorquage et dépannage routier, activité accessoire,

- l’entretien courant des véhicules automobiles : lavage, vidange, remplacement des pneumatiques, réparation des chambres à air. Cette dernière activité est également assurée par les stations-service et dans le cadre d’activités informelles quasi domestiques.

Le mécanicien réparateur automobile est responsable de la sécurité de la voiture qui lui est confiée, il effectue les révisions et les contrôles périodiques : vidange, examen du degré d'usure de certaines pièces.

S'il s'agit d'un véhicule en panne ou accidenté, il établit un diagnostic, localise la panne ou les organes mécaniques défectueux et détermine le mode de réparation. Il répare ou le plus souvent change la pièce endommagée.

Il intervient aussi sur la mise au point du moteur : allumage, carburation, injection, transmission et systèmes de sécurité. Il règle la plupart des parties mécaniques, électriques, hydrauliques et pneumatiques, effectuant les premières réparations des systèmes électriques et électroniques. Il teste le véhicule avant de le remettre au client.

Le travail n'est pas routinier, certains dépannages nécessitent des déplacements à l'extérieur. Le mécanicien est en contact avec les clients au garage, mais aussi avec le magasinier qui lui fournit les pièces nécessaires à ses interventions.

B) Aptitudes

II. LE MARCHE

A) La demande

1. Le parc de véhicules

Il est difficile à évaluer ; les statistiques des immatriculations présentées page suivante donnent une idée de son volume, de sa composition et de son évolution. Il s’agit de flux de véhicules entrant dans le parc. On ne connaît pas le nombre de véhicules qui en sortent (mis en épave).

Il ressort de ces chiffres :

- Une tendance générale à la baisse sur la décennie 90, avec une chute des entrées dans le parc en 1996, 1997 et 1998. La reprise est forte en 1999 dans tous les compartiments.

- Pour les véhicules professionnels, la reprise est très forte, dépassant son niveau de début des années 90.

- Pour les véhicules privés (650 – 700 voitures par an), on note une tendance à une diminution des achats neufs au profit des achats d’occasion de véhicules, importés par leurs propriétaires.

- Le parc public et assimilé est important : Présidence (10 à 15 véhicules par an), entreprises publiques (60 à 120 véhicules), entreprises parapubliques (environ 40) et les organismes internationaux (près d’une centaine)

2. Typologie de la clientèle

a) Clientèle privée

La crise et les difficultés financières ont affecté non seulement les automobilistes, mais par contrecoup aussi les garagistes, qui sont obligés de baisser leurs prix. Autre phénomène de pression sur les prix : le développement du secteur informel  avec les garagistes " pirates ".

b) Clientèle professionnelle

Notons que certaines entreprises possèdent en interne leur propre garage, comme Marill, Coubèche, Massida, et d’autres établissements publics comme l’OPT, le Port (P.A.I.D) et l’aéroport (l’A.I.D.).

L’armée nationale (y compris la gendarmerie), et la FNP ont leurs propres garages dans leurs camps.

IMMATRICULATION DE VEHICULES ( 1990 - 1999)

CATEGORIES

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

VEHICULES à QUATRE ROUES

1 280

1 198

1 155

1 062

830

1 025

823

847

832

1 005

dont : A . neufs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. voitures particulières

487

535

434

370

237

263

223

267

240

264

2. Transport en commun de personnel

163

196

130

67

11

19

21

37

41

56

3. Camion, Camionnette, poids lourds et véhicules spéciaux

20

29

141

81

65

25

40

51

90

91

B. importés par leurs propriétaires (*)

403

273

362

354

426

570

356

325

281

407

C. ayant changé de série

207

169

88

190

91

148

183

167

180

187

dont : 1. Voitures particulières

943

822

737

744

638

657

585

607

534

663

2.Transport en commun de personnel

262

284

174

113

34

126

61

91

82

108

3. Camions, Camionnettes, poids lourds et véhicules spéciaux

75

92

244

205

158

242

177

149

216

234

MOTOCYCLETTES

80

84

91

51

45

38

36

42

26

29

A. neuves

24

34

42

21

7

3

9

22

3

5

B. importées par leurs propriétaires (*)

53

41

45

30

26

35

26

19

23

24

c. ayant changé de série

3

9

4

0

12

0

1

1

0

0

TOTAL des IMMATRICULATIONS DELIVREES

1 360

1 282

1 246

1 113

875

1 063

859

889

858

1 034

Moins changement de séries

207

169

92

190

103

148

184

168

180

187

Total des nouvelles immatriculations

1 153

1 113

1 154

923

772

915

675

721

678

847

Source : District de Djibouti: Service des Mines et Réglementations

(*) y compris les véhicules militaires réformés.

IMMATRICULATIONS DELIVREES PAR SERIE

SERIE A

SERIE B

SERIE C

SERIE D

AUTRES

TOTAL

PERIODE OU DATE

Administration (Présidence) introduite en Avril 1969

Administration publique introduite en mai 1959

Administration para-publique introduite en mai 1959

Secteur privé introduite en janvier 1952

SERIES (TT CD CC IT) introduites en Septembre 1977

Immatriculations délivrées depuis l'origine

au 31/12/92

260

2 528

888

33 524

2 514

39 714

au 31/12/93

268

2 589

922

34 352

2 683

40 814

au 31/12/94

276

2 698

969

35 005

2 754

41 702

au 31/12/95

283

2 829

1 005

35 601

2 849

42 567

au 31/12/96

290

2 877

1 034

36 282

2 945

43 428

au 31/12/97

300

2 989

1 063

36 959

3 006

44 317

au 31/12/98

308

3 042

1 104

37 622

3 100

45 176

au 31/12/99

324

3 118

1 150

38 415

3 203

46 210

Immatriculations délivrées durant l'année

1992

14

198

55

933

131

1 317

1993

8

61

34

828

169

1 100

1994

8

109

47

653

71

888

1995

7

131

36

596

95

865

1996

7

48

29

681

96

861

1997

10

112

29

677

61

889

1998

8

53

41

663

94

859

1999

16

76

46

793

103

1 034

Source : Service des Mines et Réglementations

3. Variations saisonnières

- On remarque d’une façon générale qu’en saison des pluies la demande de réparations est plus forte auprès des garagistes.

- Pour la clientèle aisée, l’entretien des véhicules est plus régulier et donc peu saisonnier. Cependant, dans certains grands garages l’activité croît au moment des départs pour les vacances d’été, du fait des européens (coopérants, par exemple) en congés à l’étranger ou en départ définitif de Djibouti et qui font réviser ou remettre en état leur véhicule.

- Pour la classe moyenne, les prestations sont plus irrégulières quant à l’entretien préventif, elles ne concernent que les réparations.

4. Tendance de la consommation

Le secteur de l'automobile connaissant une forte évolution technologique, le métier de mécanicien évolue. Les équipements électroniques se généralisent sur les véhicules : contrôle de l'injection et de l'allumage, système anti-blocage des roues (ABS), direction assistée, ordinateur de bord, airbag... Les voitures étant de plus en plus fiables, les travaux d'entretien et de vidange sont plus espacés. Les réparations sont différentes, on change des ensembles, on remplace un organe défectueux, ce qui est plus rentable.

Les garages de Djibouti ne répondent pas bien à cette évolution et certaines réparations sont impossibles faute des matériels spécifiques à certaines réparations ou types de véhicules.

  1. L'offre
  1. Classification et localisation des garagistes

On peut classer les garages en deux catégories :

Le tableau ci-dessous récapitule l’ensemble des ventes réalisées par les concessionnaires nationaux pendant l’année 1999 :

Les concessionnaires

Nombre de voitures

MARILL

143

ANCIENS COMPTOIRS RIES

62

ETS IDRISS

21

SVAMC

65

TOTAL

291

Source District, Sce réglementation

Cette profession compte au total 56 garages à l’intérieur de la ville de Djibouti. Le tableau page suivante montre leur répartition géographique ; les quartiers zone industrielle sud et Gabode - Ambouli regroupent la plupart des garages, du fait de la nécessité d’avoir un terrain assez grand pour stocker épaves et voitures à réparer.

2. La concurrence

- Il existe une concurrence classique entre les différents garages. Chacun possède un clientèle fidèle et une clientèle flottante.

- Certains ont ciblé les clients les plus solvables (expatriés et Djiboutiens à haut niveau de vie), ce sont des garages de taille moyenne ou grande (plus de 8 salariés avec un chiffre d’affaires conséquent). Les petits garagistes (moins de 5 salariés) récupèrent la clientèle restante qui présente parfois des problèmes de solvabilité. Ils comptent beaucoup sur leurs relations " tribales " et ne se soucient pas d’une approche commerciale.

- Sur le plan de la légalité, la concurrence déloyale du secteur informel n’est pas négligeable, car elle ne se limite pas au dépannage rapide et mobile et est le fait de garages installés qui ne payent même pas la patente.

D’autres facteurs limitent la concurrence :

- le niveau de maîtrise technologique des garages. Les voitures sophistiquées qui demandent de l’électronique ne sont pas réparables par tous les garagistes de la place.

- la collaboration entre mécaniciens. Par exemple, en cas de rupture de pièces détachées introuvables chez les revendeurs, un réparateur contacte un concurrent pour l’échange de la pièce ou lui renvoie le client moyennant une commission. De plus, certains gros garages pratiquent la sous-traitance à des petits garages.

  1. Les prix

Il n’y a pas pratiquement de prix formels au niveau des garages. Les prix dépendent :

Une pratique moins comptable est de se payer sur la commission (ou la remise) obtenue lors l’achat de la pièce détachée. Par exemple, pour un pot d’échappement officiellement vendu à 130 000DJF en magasin, le garagiste va payer 100 000 DJF. Il le facture 130 000 DJF à son client, la marge/remise de 30 000 DJF couvre ses autres frais (main d’œuvre, consommables…) et laisse son bénéfice.

L’heure de main d’œuvre fluctue de 2000 à 2500 DJF quand elle est facturée aux assureurs. Mais les prix aux particuliers sont souvent estimés au jugé.

Les garagistes de l’informel n’effectuent pas de travail de qualité, mais ils sont moins chers.

C’est pour ces raisons que les garagistes invoquent la création d’un syndicat pour mettre en place une tarification standard et lutter contre les garagistes " pirates ".

LISTE DES GARAGISTES DE DJIBOUTI-VILLE

QUARTIER

DENOMINATION

SPECIALITES

LOCALISATION

Quartier 1

Haricot

Mécanique générale

Place Mahamoud Harbi

Marseille

Réparateur carrosserie

En face de la poissonnerie

Mer Rouge

Réparateur carrosserie

A côté de Marseille

Quartier 3

Dabar

Mécanique générale

Avenue 13

Adil Turquie

Electricité soudure

Avenue 13

Quartier 4

Saline

Mécanique générale

Rue de Houmed Watta

Yacin Bilal

Mécanique générale

Route d’Arta

Mahfoud Moud

Réparateur carrosserie

A côté de Yacin

Aden Dhereh

Soudeur

Rond point d’Eingueila

Quartier 5

Ibrahim

Mécanique générale

A côté de la boulangerie

Mahamoud

Réparateur carrosserie

A côté de l’école primaire

Q6

T.I.C.

Soudure

En face du C.F.P.A

Yahya Elmi

Soudure

AV 26 à côté du petit marché

Quartier 7

Abass

Mécanique générale

A côté de l’Institut Islamique

Ina Maaline

Réparateur carrosserie

Avenue Nasser

OLAD

Tol., peint., mécan.,élect.

Guelleh Batal, menuiserie Sultan

Djama

Electricité soudeur

A côté de Ina Maaline

Awil

Réparateur carrosserie

A côté de la poste

Ahmed Gouled

Réparateur carrosserie

Guelleh Batal

Zone Industrielle Sud

Gachamaleh

Mécanique générale

En face de l’école primaire

Bleu Marine

Réparateur carrosserie

A droite des Travaux Publics

Abdo Katabi

Tôlerie / Peinture

Route de l’EDD

Pipo

Mécanique / Eléctrique

Au sein de S.A.V.I.R

Marill

Mécanique / Electrique

Route de l’aéroport

Zaki

Mécanique

Rte vers l’EDD, près de NISSAN

Guelleh

Mécanique

Ancienne maison du BES

Roberto

Mécanique générale

BP 248

Aldo

Mécanique générale

BP 419

Suzuki

Mécanique générale

En face des Travaux Publics

Awad

Mécanique générale

BP 7361

Omar Hassan Khalaf

Réparateur carrosserie

BP 6165

Hassan Sadick

Mécanique générale

A côté de Awad

Guedi

Réparateur carrosserie

En face de SOGIK

Frado

Mécanique générale

A côté de Blue Marine

Fratacci

Mécanique générale

En face de Bouffard

Djib – garage

Réparateur carrosserie

A côté Omar Khalaf

Anciens Comp° Ries

Mécanique générale

Route de l’aéroport

Station

Réparateur carrosserie

A côté de Comptoirs Ries

Gabode – Ambouli

Omar Youssouf

Mécanique générale

BP 1607

Idriss

Mécanique générale

A côté du centre Mère Enfant

Mohamed Sadick

Mécanique générale

A côté de la brigade

Gabode 5

Mécanique générale

Route de la cimetière

YAMAHA

Yamaha / Toyota

A côte du Prison Civile Gabode

Sahal

Mécanique générale

A côté de Gabode 5

Dahir

Mécanique générale

Route du cimetière

Entreprise Chinoise

Mécanique générale

A côté de Colas

SVAMC

Réparateur carrosserie

BP 191

Hobog

Réparateur carrosserie

Derrière cinéma Lumière

Darwich

Réparateur motos

A côté de Hobog

Italo

Réparateur carrosserie

Route Nelson Mandela

Top niveau

Mécanique générale

A côté de Italo

Balbala

Abdi Badar

Réparateur carrosserie

En face de la mosquée

Faratague

Mécanique générale

Au 1er virage de Ch° Moussa

Djama Miguil

Mécanique générale

Dans le quartier Bahache

Arablow

Mécanique générale

A côté du grand phare

Mogueh

Réparateur carrosserie

En face de la grande mosquée

III. LES MOYENS DE PRODUCTION

A) Ressources humaines

Il n’y a pas d’organisation bien formalisée dans les garages. Elle s’adapte au travail à réaliser, dans les délais qui sont impartis, car toutes les réparations ont un caractère urgent.

On retrouve cependant les spécialités suivantes dans chaque garage :

- la tôlerie-peinture,

- la carrosserie,

- la mécanique proprement dite,

- l’électricité.

Dans cette organisation de type artisanale, c’est le patron qui est souvent le plus qualifié techniquement.

En matière de gestion du personnel, presque tous les garages pratiquent la rémunération journalière (excepté les grands garages comme Marill par exemple).

Plus de 75 % des garagistes ne sont pas déclarés à l’O.P.S., soit pour échapper à un prélèvement obligatoire, soit parce que le personnel est étranger en situation irrégulière.

B) Équipements

- Les locaux sont des concessions en général louées, avec une partie pour stocker des voitures accidentées qui fournissent des pièces détachées et une partie pour les réparations et qui est plus aménagée : toiture, fosse, installation électrique…

- Les équipements et outillages des garages sont très variables : de l’outillage traditionnel de mécanique et de carrosserie : clés, tournevis, cliquets et douilles, marteaux, pinces… aux outillages plus onéreux : postes de soudure, systèmes élévateurs, compresseur. Pas de matériels sophistiqués : bancs de contrôle…

  1. Les fournisseurs de pièces détachées

Tous les garagistes s’approvisionnent chez les fournisseurs locaux :

  • Ets ABDI
  • Ets MARILL
  • Anciens Comptoirs Riès
  • Rallye

  • BRIDGESTONE

  • SUZUKI
  • STC ATO (avenue 13)
  • AL GAMIL
  • KINAUTO

Les garagistes ne trouvent pas toujours la pièce qu’ils recherchent et sont obligés, soit de la faire usiner, soit de la commander ou de faire le voyage à Dubaï ou encore de  bricoler  la voiture si la pièce n’est pas trop technique.

Le prix des pièces détachées peut varier du simple au triple d’un équipementier à un autre.

IV. EXPLOITATION

A) Chiffre d'affaires

On a dit plus haut que l’activité est assez saisonnière, selon le schéma suivant :

Saisons

Activité

% activité

Avril – Juin

Réparations, peinture pour la revente.

45 %

Juillet - Août

Période creuse

10 %

Septembre - Décembre

Saison des pluies : problèmes électriques, échappement….

30 %

Janvier - Mars

Période creuse

15 %

Le chiffre d’affaires dépend surtout de la taille du garage. Un petit garagiste indépendant gagne environ 3000 DJF de l’heure, soit 500 à 600 000 DJF par mois. Le chiffre d’affaires moyen déclaré des entreprises en société est, selon des données des contributions directes, de 1 600 000 DJF par mois.

Le taux de marge brute, soit le ratio chiffre d’affaires / achats de pièces est de l’ordre de 30 %, toujours pour les entreprises en société.

B) Les Charges

La structure des charges moyenne est la suivante :

 

POSTES

%

Achats

75

Electricité, eau, frais divers

5

Salaires

9

Loyers

11

Total

100

Source : Contributions directes

C) La Gestion

- Comptabilité : La plupart des garagistes, s’ils font des devis et des factures ne tiennent qu’une comptabilité au jour le jour appelée "babou Allah" (à la porte de Dieu). Les employés sont payés quotidiennement (1000 à 2000 DJF au maximum), l’essentiel passe en achats de pièces.

- Trésorerie : Plus de 3/4 des garagistes affirment que les clients payent au comptant une fois que les réparations sont terminées. Il y a donc peu de paiement à crédit. Certains garages demandent par contre une avance, surtout s’il faut acheter des pièces.

V. REGLEMENTATION

A) Autorisation

Il n’y a aucune réglementation concernant le métier de garagiste, contrairement à beaucoup de pays qui ont des règles de sécurité et de protection de l’environnement (contrôle de l’utilisation des peintures et vernis, des déchets toxiques).

Les véhicules en mutation doivent être présentés au Service technique du District pour contrôle. Les véhicules destinés au transport en commun passent ce contrôle

tous les 3 mois pour les taxis et tous les 6 mois pour le bus, les camionnettes et les camions.

B) Fiscalité.

Pour le calcul de la patente, la réparation automobile est classée par le fisc en deux catégories : réparateur en mécanique (classe 7) et réparateur en carrosserie (classe 8). Les garages payant patente sont au nombre de 56 en 1999 pour l’ensemble du pays.

 

CATEGORIE

CLASSE

DROIT FIXE

DROIT PROPORTIONNEL

Réparateur en mécanique

7

120 000

15% valeur locative

Réparateur en carrosserie

8

70 000

10 % valeur locative

VI LE MILIEU PROFESSIONNEL

  1. Le Syndicat
  2. Toutes les garagistes sont d’accord sur l’utilité d’un syndicat. Un syndicat a déjà existé et avait comme nom : la G.P.R.A. (Groupement Professionnel des Réparateurs d’Automobile), où chaque membre payaient 15000 DJF de cotisation annuelle. Mais ce syndicat n’a pas duré longtemps.

    Les garagistes souhaitent un syndicat pour fixer un prix standard pour les prestations, afin de lutter contre la concurrence du secteur informel et être davantage représentés au niveau national (à la CICID par exemple).

  3. Formation

Une forte capacité d'adaptation est nécessaire, car le mécanicien doit se tenir informé des évolutions technologiques ; pour cela les revues et les fiches techniques distribuées par les concessionnaires ne peuvent suffire et les stages assurés par des constructeurs et différents organismes professionnels : diesel, mise au point, électronique, gestion... sont inaccessibles.

Ce sont les patrons qui ont bénéficié d’une formation.

- certains sont titulaires d’un C.A.P mécanique obtenu à l’ancien Lycée d’Ensei-gnement Professionnel,

- certains ont suivi une formation à l’intérieur du garage même (apprentissage),

- enfin d’autres ont eu des formations à l’étranger (en Somalie ou en Ethiopie).

Mais à Djibouti depuis 1992, la formation se fait au Lycée Industriel et Commercial. Les élèves peuvent y préparer un BEP option "Automobile Technique Service " en deux ans. Ces élèves ont le choix entre poursuivre leurs études en France jusqu’en classe de BTS (cas rare jusqu’à présent), ou l’insertion dans la vie professionnelle.

L’apprentissage est le mode traditionnel de formation des aides garagistes. Mais certains garages n’acceptent pas d’apprentis, estimant qu’il est difficile de les contrôler et de s’assurer de la qualité de leur travail.

CONCLUSION

- la disparition progressive des mécaniciens généralistes qui font place à des mécaniciens spécialistes de la mécanique et de l'électronique ; ceci pose non seulement le problème de la formation mais aussi des équipements correspondants (banc électronique) pour le diagnostic, le réglage, le contrôle de fonctionnement, de performance et de sécurité. Ce type d’investissement est de l’ordre de 5 millions DJF à l’achat hors frais d’importation (et donc hors d’atteinte de nombreux garagistes).

- un changement dans les activités : les travaux de réparation diminuant, la vente (véhicules neufs ou d'occasion, accessoires, équipements, pièces détachées) prend de plus en plus d'importance.

Cette étude a été réalisée avec la collaboration de Gouled Doualeh Kaireh