REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

 

PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTI

 

Établissement d'Enseignement Supérieur

________________________________________________________________________________________

INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI

Collection "Études de métiers"

 

PAPETERIE

 

- SOMMAIRE -

 

I. DEFINITION DE LA PROFESSION ................................................

A) Activités

B) Aptitudes

II. LE MARCHE ..................................................................................

A) La demande

1. Aspect quantitatif

2. Typologie de la clientèle

3. Variations saisonnières

B) L'offre

1. Le commerce spécialisé

2. Le commerce à titre accessoire

3. Le commerce de rue

4. La concurrence

III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................

A) Ressources humaines

B) Locaux et équipements

C) Fournisseurs

IV. EXPLOITATION ...........................................................................

A) Chiffre d'affaires

B) Charges

V. REGLEMENTATION .....................................................................

A) Autorisation

B) Fiscalité

CONCLUSION ..................................................................................

Page 3

 

 

Page 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 9

 

 

Page 10

 

 

Page 10

 

 

Page 11

 

I DEFINITION DE LA PROFESSION

  1. Activité

Une papeterie est un magasin où l’on vend des fournitures scolaires et des articles de bureau. Elle a donc d’évidence deux types de clientèle : les élèves et étudiants, d’une part et les professionnels des services administratifs d’autre part.

Dans les petites papeteries ou les grands commerces, le gérant exécute toutes les tâches liées à la vente : commande, approvisionnement, étiquetage, mise en valeur des livres ou de la vitrine, inventaire...

Il a également un rôle fondamental auprès du public qu'il accueille, conseille et guide dans son choix, en lui présentant les fournitures qui pourraient lui convenir.

Polyvalent ou spécialisé, le vendeur de papeterie peut être amené à exercer sa profession dans toutes les entreprises de distribution du livre et de la presse, appartenant à différentes formes de commerce (et même à Djibouti dans des magasins d’alimentation générale).

Cette activité est donc souvent associée à l’activité de librairie.

B) Aptitudes

Le vendeur ne doit pas seulement avoir l’esprit commercial, autrement dit savoir argumenter et vendre son produit, il faut aussi qu’il sache conseiller ses clients après l’avoir aidé à préciser ses besoins.

Outre une solide culture générale, surtout s’il est libraire, il doit gérer correctement ses stocks, les réassortiments et les retours.

Il doit aussi entretenir des contacts avec divers fournisseurs, pour qu’il sache à qui s’adresser si un client lui demande de commander un livre ou des fournitures particulières.

Etant donné le nombre des titres, des nouveautés et le cycle de vie imprévisible de chacun d’eux, la gestion d’un libraire se révèle beaucoup plus complexe que celle d’un papetier.

II. LE MARCHE

  1. La demande

1. Aspect quantitatif

Avec les réserves habituelles concernant les statistiques et conscient que dans ce secteur les circuits informels sont importants, l’étude des chiffres disponibles peut donner la tendance de la consommation

Papier, carton, livres (en valeur : millions de DJF)

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

1 003

 

887

891

918

763

733

714

436

409

701

dont:

édition, presse

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

453

368

360

426

418

371

342

147

164

446

Source : site web DINAS

Le secteur a connu une baisse de 1994 à 1998, la reprise est ensuite spectaculaire, profitant notamment à l’édition. Les achats de papeterie apparaissent (par différence), relativement stables.

Papiers, cartons et applications (en volume : tonnes)

 

93

94

95

96

97

98

TOTAL

2364

2711

653

1249

1171

2580

Articles de papeterie

-

-

-

386

315

589

Produits de l’édition

-

-

-

223

91

265

Autres cartons

-

-

-

640

765

1726

Source : statistiques portuaires

Ces chiffres montrent une nette reprise des importations en 1998, où l’on retrouve un niveau d’activité dans ce secteur correspondant au début des années 90.

Cette reprise correspond peut-être au redressement conjoncturel de l’économie, avec l’augmentation du volume des affaires et donc de la consommation de papeterie pour la clientèle professionnelle et un effet-revenu favorable pour la clientèle scolaire.

Sur ce dernier point, l’enquête djiboutienne auprès de ménages évaluait à 6777 DJF en moyenne les dépenses annuelles familiales pour les frais de livres et de fournitures scolaires (avec une fourchette de 3417 à 9958 DJF)

Toujours sur le plan de la demande scolaire, rappelons le faible taux de scolarisation, notamment après l’école primaire  (EDAM – 1996) :

6-12 ans : 67,5 %

13-19 ans : 27,7 %

2. Typologie de la clientèle

  1. selon le type de consommateur

Nous avons déjà identifié les deux grandes catégories de couples produits/marché : - les scolaires : cahiers , classeurs, crayons, fournitures diverses…

- les entreprises : papier, chemises, registres, livres comptables, carnets et autres fournitures de bureau… auxquels s’ajoutent de plus en plus des consommables de bureautique.

 

b) selon le type d’acteur

Le marché des librairies et des papeteries fait intervenir dans l’acte d’achat plusieurs types d’acteurs :

- l’acheteur : n’achète pas pour son propre compte. Ces personnes peuvent être des parents ou l’Etat qui achète des fournitures qui seront distribuées dans les écoles ou les administrations.

- le consommateur : il décide de l’achat, le réalise et enfin consomme le produit. Dans ce cas, on peut prendre pour exemple, les étudiants, les professeurs, les entreprises publiques et privées.

- le prescripteur : c’est celui qui influence l’achat en conseillant le consommateur. Les prescripteurs pour le marché du scolaire sont en général les enseignants.

c) selon l’âge

- Les moins de 12 ans : ils viennent en général dans les papeteries accompagnés par leurs parents.

- 12 à 20 ans : ils achètent en général des livres et des fournitures scolaires, mais ils achètent aussi des livres de lecture.

- 20 à 28 ans : ils viennent occasionnellement dans les papeteries.

- Les plus de 30 ans : ils iront souvent dans les papeteries puisque ce sont des parents et qu’ils doivent acheter des fournitures pour leurs enfants.

  1. Les variations saisonnières :

Sur ce marché, on remarque qu’il existe des périodes " creuses " et des périodes " chargées ". Pour les papeteries, le nombre de clients augmente évidemment au moment de la rentrée scolaire (septembre - octobre). A partir de décembre, l’activité des papeteries commence à stagner. Mais ce n’est que vers la fin du mois de janvier qu’elle reprend peu à peu. Enfin, la vente des fournitures scolaires reprend vers Mai lors de la période des examens. A contrario, les périodes les plus " creuses " sont les mois de juin, juillet et août (vacances scolaires).

  1. L’offre

On distingue dans l’offre, plusieurs types de papeteries et de librairies. On peut les regrouper en trois catégories : le commerce spécialisé, le commerce à titre accessoire et le commerce de rue.

1. Le commerce spécialisé

Ce sont des magasins spécialisés et installés. Ils ont une patente et la vente de fournitures scolaires, bureautiques et la vente de livres est leur activité principale. Ils ont donc en conséquence des vendeurs spécialisés.

a) Liste des entreprises

LISTE DES PAPETERIES

RAISON SOCIALE

ADRESSE

DATE DE CREATION

NOM DU GERANT

AL ZOUREKI

Rue de Paris

Sept 1999

Ali Zoureki

COULEUR LOCALE

Rue Ras Makonen

/

Mme Carton

DJIBSHOP

Av. G. Clemenceau

Sept 1999

DOXIADIS FRERES

Rue d’Ethiopie

/

Michel Catroun

GEORGES KOUROS

6, rue de la jetée

/

Toni Collaros

LA CORNE SARL

Rue d’Athènes

Sept 2000

LIBRAIRIE EMMANUEL

Cité Einguela

1994

Mr Youssouf

LIBRAIRIE OMAR KAYAME

Place du 27 juin

/

Omar Kayame

MAISON DE LA PRESSE

A côté de l’Historil

POUNT

Boulevard de Gaulle

1985

Elmi Houssein

SADO

Rue de Rome

1998

SANDON

Avenue 13

1989

TIP TOP

Rue de Rome

1986

Safia Youssouf

VICTOR HUGO

Rue de la Pharmacie

Sept 1998

Mme Arafad

  1. La clientèle des papeteries 

- La demande des librairies et des papeteries habite la ville de Djibouti et ses proximités (Balbala, Doralé, PK 12…).

- L’offre, au niveau des papeteries est, quant à elle, plutôt située dans le centre ville et quelques unes dans les banlieues de Djibouti.

- Les classes moyennes iront dans des papeteries qui vendent des articles importés des pays arabes ou asiatiques, parce qu’ils reviennent moins cher à cause de leur qualité moyenne.

- Quant aux autres, ils préfèreront aller dans les papeteries qui importent de France ou d’Allemagne. Ces articles sont des articles de qualité, mais ils coûtent un peu plus chère à cause du droit de douane très élevé pour les importations vers Djibouti.

On remarque qu’il n’existe que sept magasins qui vendent des livres. Ils sont tous situés dans le centre ville :

  • Couleur Locale
  • Librairie Omar Kayad
  • Victor Hugo
  • Maison de la Presse
  • Kouros
  • Tip Top
  • Le Pount

Mais on ne peut pas considérer le Pount et Tip Top comme des librairies puisque leur principale activité reste la vente d’articles de papeterie. Ils vendent néanmoins des livres, mais ce ne sont que des ouvrages liés à l’école. On y trouve par exemple des livres parascolaires comme des livres de lecture pour les enfants ou des annales pour les examens de fin d’année.

Les librairies pures sont donc limitées au nombre de cinq. On remarque donc que la typologie de la clientèle des librairies est très variée à cause du nombre restreint de ces dernières.

2. Le commerce à titre accessoire

Mais dans certains cas, ces rayons prennent des proportions importantes. On peut prendre l’exemple du Kiosque Napoléon qui organise des animations et des promotions lors de la rentrée scolaire. Même les papeteries et librairies pures ne font pas autant de promotion. Cela est peut être dû au fait que ces dernières sont implantées depuis longtemps et sont donc assez connues. Alors que le rayon " papeterie " du kiosque Napoléon existe depuis assez peu de temps.

LISTE DES KIOSQUES

RAISON SOCIALE

ADRESSE

NOM DU GERANT

ABDOULKARIM

Cite Engueila

M. Abdoukarim

BONAPARTE

Boulevard De Gaulle

M. Omar

BALGASH

Avenue 13

Awad Balgash

GODORIA

Cite Engueila

Ahmed Dini

KIOSQUE ATLANTA

Cite Cheik Moussa

Mohamed Djama

KIOSQUE CCO

Quartier Balbala

Omar Hassan

KIOSQUE COLLEGE FUKUZAWA

Quartier Balbala

Abdoulkader Abdi

KIOSQUE MIKO

Cite Cheik Osman

Yonis Mohamed

KIOSQUE NEW GENERATION

Cite Engueila

Aicha Robleh

KIOSQUE NOUR

Quartier 2

Nour Ahmed

KIOSQUE OMAR HASSAN

Cite Cheik Osman

Omar Hassan

KIOSQUE Q.7 bis

Quartier 7 Bis

Mariam Abdillahi

SUPERETTE BALBALA

Cite Cheik Moussa

Mohamed Mahamoud

KIOSQUE QUARTIER 1

Quartier 1

Said Omar

BOUTIQUE DE LA VILLE

Quartier 4

Bouh Gouled

3. Le commerce de rue

Ils sont assez nombreux surtout pendant la période de la rentrée. Il existe deux types de petits commerces de ce type :

L’avantage avec ces marchands ambulants est qu’on peut marchander les prix, chose impossible dans les magasins.

En résumé les magasins du secteur informel ne vendent que des articles de base, tels que des cahiers, des stylos, des classeurs…On s’adresse généralement à ces magasins pour des " dépannages " en cas d’oubli si on a des examens le lendemain.

On remarque aussi que le secteur informel pour ce qui concerne les librairies est quasi inexistant. Le secteur formel est plutôt localisé dans le centre ville, tandis que le secteur informel est situé dans les quartiers de la ville.

  1. La concurrence :
  2. Pour ce qui est des librairies, la concurrence n’est pas forte car il n’y a que 4 librairies mais qui sont toutes situées dans le centre ville.

    Par contre, pour ce qui est des papeteries, la concurrence est plus soutenue. Mais, ces deux dernières rentrées scolaires, les papeteries ont subi une très forte concurrence de la part d’une nouvelle papeterie (Al Zoureki). Cette papeterie était à l’origine un magasin de vente de fournitures en gros. Il importe ces marchandises de Dubai. Ces articles sont fabriqués dans les pays d’Asie et sont donc de qualité moyenne. Cette papeterie vend ces articles à des prix qui défient toute concurrence.

  3. La communication

La communication n’est pas très développée en ce qui concerne les papeteries et les librairies car la plupart existent depuis longtemps et sont donc assez connues.

La communication se résume à des prospectus distribués devant les écoles pendant la période de la rentrée scolaire. Il y a parfois aussi des annonces à la radio locale. La publicité à la télévision se faisait, il y a quelques années, mais revenant assez cher, les magasins préfèrent pratiquer la communication écrite.

Ce ne sont que les nouvelles papeteries qui ont besoin d’une communication assez soutenue pour se faire connaître au grand public. On remarque aussi que dans ces documents publicitaires, on insiste davantage sur les prix que sur la qualité. Les promotions telles que les remises sont toujours indiquées.

III. LES MOYENS DE PRODUCTION

  1. Ressources humaines :
  2. On dénombre 1 ou 2 vendeurs selon la taille du magasin et 1 caissier. Le responsable s’occupe de la gérance du magasin, de la négociation, et des commandes. Si la comptabilité est informatisée, il y a parfois un comptable, sinon c’est le gérant qui s’en occupe.

    Tous les employés sont soi-disant déclarés à l’OPS.

    Les employés ne sont pas engagés sur des qualifications précises. Les entreprises à Djibouti étant le plus souvent des entreprises familiales, les employés ne sont pas engagés en fonction des diplômes. Il n’y a aucune politique de recrutement. Il faut juste avoir le sens du commerce et parler couramment les langues nationales (somalie, afar, arabe) et le français.

  3. Locaux et équipements 

Pour pouvoir s’installer, il faut avoir au minimum :

  1. Fournisseurs

Les fournisseurs principaux pour les librairies sont des maisons d’édition situées en France (Hachette, Sofidis) ;

Mais pour les papeteries, le choix des pays fournisseurs est très large : la France, l’Allemagne (voir tableau ci-après), et de plus en plus Dubai, l’Arabie Saoudite, et les pays d’Asie (Japon, Chine…).

LISTE DES PRINCIPAUX FOURNISSEURS EUROPEENS

PRODUITS

NOM

ORIGINE

Cahier

Chantelles

France

Calligraphe

Stylo

Bic

France

Pentel

Stypen

Pelikan

Allemagne

en plexiglas (règles…)

Muler et forestier

France

Cartables / sacs

Viquel

France

Ulmann

IV. EXPLOITATION

  1. Chiffres d’affaires

- Magasin spécialisé

D’après l’enquête menée auprès de plusieurs papetiers et libraires, on retrouve un chiffre d’affaires annuel qui varie de 50 à 90 millions DJF.

- Commerce accessoire et de rue 

Ces commerçants calculent leur chiffre d’affaires globalement pour l’opération de rentrée scolaire : la fourchette va de 100 000 DJF à 400 000 DJF environ. Depuis quelques années on remarque de plus en plus de papeteries qui apparaissent sur le marché. C’est pourquoi on peut parler d’explosion dans cette profession.

B) Charges

- Magasin spécialisé

La structure des charges moyenne est la suivante :

POSTES

%

Achats

75

Electricité, eau, frais divers

5

Salaires

9

Loyers

11

Total

100

Source : Contributions directes

- Commerce accessoire et de rue : Les autres modes de distribution ont beaucoup moins de charges : pas de loyer, charges déjà amorties d’un kiosque, pas de personnel supplémentaire, pas d’impôt…

V. REGLEMENTATION

A) Autorisation

Aucun diplôme n’est nécessaire pour exercer cette profession. Il suffit de respecter les réglementations commerciales ordinaires.

 

B) Fiscalité

CATEGORIE

CLASSE

DROIT FIXE

DROIT PROPORTIONNEL

- Libraire vendant des articles de papeterie

- Librairie coranique

7

120 000

15% valeur locative

- Papeterie (tenant une)

8

70 000

10 % valeur locative

- Les kiosques et supérettes qui ont pour activité annexe la vente des fournitures scolaires ne s’acquittent pas de patente propre à cette activité.

- Le secteur informel ne paye pas du tout de patente. Bref, c’est le problème classique de la concurrence déloyale.

CONCLUSION

Malgré une concurrence très vive, il existe certainement des opportunités de création de papeteries rentables.

On peut à l’issue de cette étude donner les conseils suivants :

 

 

Cette étude a été réalisée avec la collaboration de

Madina Oudoum Ali et Mouna Mahamoud