REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

PÔLE UNIVERSITAIRE DE DJIBOUTI

Établissement d'Enseignement Supérieur

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INSTITUT SUPERIEUR DES AFFAIRES DE DJIBOUTI

Collection "Études de métiers"

PHOTOGRAPHIE

- SOMMAIRE -

I. DEFINITION DE LA PROFESSION ................................................

A) Activités

B) Aptitudes

II. LE MARCHE ..................................................................................

A) La demande

1. Les besoins

2. Typologie de la clientèle

B) L'offre

1. Les types d'entreprises

2. Les prix

3. La concurrence

III. LES MOYENS DE PRODUCTION ................................................

A) Ressources humaines

B) Equipements

IV. EXPLOITATION ...........................................................................

A) Chiffre d'affaires

B) Charges

V. REGLEMENTATION .....................................................................

A) Normes commerciales

B) Fiscalité

VI. LE MILIEU PROFESSIONNEL .....................................................

A) Syndicat

B) Formation

C) Bibliographie

CONCLUSION ..................................................................................

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I DEFINITION DU METIER

A) Activités

L'activité du photographe est mixte : prise de vue et/ou laboratoire.

 

- Le photographe prépare et réalise des prises de vue photographiques dans une ou plusieurs spécialités (mode, portrait, reportage...). Il choisit le sujet, le thème ou le reportage qu'il traite ou répond le plus souvent à la commande d'un client ou du service photo qui l'emploie.

- En laboratoire, il développe les films photographiques pour obtenir des négatifs. Il utilise une machine, appelée développeuse, contenant des produits chimiques. Il vérifie que la température et le niveau des bains sont corrects. Puis il classe les films et met en route le développement en série. Il contrôle la qualité des négatifs. Il effectue le tirage des négatifs pour obtenir des photographies, avec une machine appelée tireuse. Il approvisionne la machine en papier et effectue les réglages nécessaires.

Selon la demande du client, il peut réaliser différents tirages : format normal, agrandissement, correction des couleurs, etc.

A la finition, il contrôle la qualité et la quantité des photographies. Il peut refaire des photographies qui ne sont pas bonnes. Puis il place les photographies et les négatifs dans des pochettes.

Il accueille les clients, réceptionne et rend les travaux. Il assure la vente de pellicules et d'appareils photo. Il tient la caisse. Il a un rôle de conseil auprès des clients.

Enfin, il assure la maintenance des machines (entretien) et contrôle les préparations chimiques. Il gère les stocks de pellicules, de papiers, de produits chimiques. Il veille à la propreté du laboratoire.

B) Aptitudes

Dans les laboratoires comme dans les autres secteurs de la prise de vue, une très bonne technique photographique s'avère indispensable. Cette compétence s'acquiert par une bonne formation suivie d'une expérience diversifiée.

Mais la créativité s'impose. Celle-ci est primordiale dans la photo d'art ainsi que dans la photo commerciale. Elle s'exprime à travers la composition (avoir le sens de la présentation des objets), la valeur symbolique des objets ou des personnages choisis, le choix du cadrage, l'utilisation de l'éclairage, la réalisation du décor, etc.

Le travail s'effectue souvent debout. Dans tous les cas, la rapidité d'exécution est de règle afin de respecter les délais assez courts imposés par le client.

II. LE MARCHE

A) La demande

1. Les besoins

- La photographie à Djibouti est destinée presque exclusivement aux particuliers. La photo, c'est le souvenir gravé d'événements familiaux (anniversaire, mariage), de fêtes. Un autre besoin, plus utilitaire concerne les photos d'identité pour diverses formalités : carte d'identité, visas, inscriptions...

- La photo professionnelle est quasi inexistante : presse (actualité), publicité, mode, édition, industrie (usines, chantiers, architecture), photo naturaliste, aérienne et sous-marine, marché de l'art...

2. Typologie de la clientèle

En schématisant, on peut distinguer deux catégories de clientèle : les clients nationaux et les clients européens.

a) Les clients nationaux

La photo fait partie de la sphère des loisirs dont le budget est réduit pour la plupart des familles. D'autre part, l'usage de la photo étant relativement exceptionnel, les Djiboutiens sont peu équipés en appareil photographique et s'en remettent dès lors à des professionnels (studios, photographes indépendants). L'apparition des appareils jetables prêts à photographier n'a pas changé cet état de fait.

Les jeunes sont plus intéressés par la photo que les anciens. La clientèle est davantage féminine, peut-être parce que les femmes s'impliquent plus dans l'organisation des fêtes.

b) Les clients européens

Par opposition, beaucoup de familles européennes possèdent un appareil photo plus ou moins sophistiqué. La prise de photo est peut-être plus régulière, alimentant des albums, mais elle est aussi largement liée à des événements à fêter.

La clientèle européenne (civils et militaires) consomme plus, sa demande correspond à plus de 60 % de la demande totale du développement de négatifs et des tirages.

B) L'offre

1. Les types d’entreprises

On peut distinguer trois formes d'exercice plus ou moins complémentaires dans ce métier de la photographie : le laboratoire, le studio, le photographe indépendant.

a) Laboratoire

Il n'y a pas de laboratoire industriel à Djibouti, mais des laboratoires rapides ou "minilabs". Ceux-ci sont spécialisés dans le développement de négatifs et le tirage d'épreuves couleurs en format standard dans un temps record : une heure théoriquement. De plus, le labo développe souvent les diapositives et propose des formats spéciaux pour les tirages.

Les véritables laboratoires sont au nombre de trois :

 

DENOMINATION

ADRESSE

TELEPHONE

B.P.

RESPONSABLE

 

ABCO KONICA

 

Hôtel Bellevue

 

35 41 72

 

 

Ihab Souleiman

 

QUICK PHOTO

 

Rue Clochette

35 56 49

35 23 63

 

4317

 

M. Kenedid

 

PHOTO EXPRESS

Saline ouest, face à l'ex Prisunic

 

35 00 25

 

2659

 

M. Jean-Jacques Sellen

b) Studio

Le studio est spécialisé dans la prise de vue (notamment des portraits et des photos d'identité) et sous-traite le plus souvent le tirage des photographies, tout en offrant des services : conseils, ventes de matériels, d'albums, photocopies, plastification...

- au centre-ville :

La plupart des studios sont installés en centre-ville commercial. Voulant capter une clientèle diversifiée et notamment européenne, ils ont en général les éléments professionnels en matière de local, d'agencements, de matériels de prise de vue et de savoir-faire.

 

DENOMINATION

ADRESSE

TELEPHONE

B.P.

RESPONSABLE

CHEZ ALI

32, Rue de Paris

35 18 27 ou 35 17 91

149

M. Fouad Ali

CHEZ MAROUF ABOUBAKER

27, Rue de Paris

35 09 61

45

M. Marouf

COULEUR LOCALE

Rue de Paris

35 21 21

3500

Mme Carton

PHOTO SOUVENIR

Face à Djib-net

35.60.93

211

 

SONY

Place du 27 Juin

35 19 91

2500

M. Abdourahman Nour Al Din

STUDIO JEUNESSE

Place Rimbaud

rue des Afars

 

111

M. Mansour Mohamed Abdoul-Hayed

STUDIO PHOTO

Hôtel Djibouti

 

 

M. Abdillahi Saïd

STUDIO PHOTO DE LA MER ROUGE

Rue de Rome

 

1540

M. Ali Mohamed Honed

 

Il s'agit de studios beaucoup plus modestes, travaillant avec une clientèle de proximité. Certains cependant payent la patente de photographe :

 

NOM

LOCALISATION

Ahmed Ismail Ibrahim

Quartier 3, bd 20 av 26

Ahmed salah Naam

Quartier 4, rue des Issas

Hachim Doualeh Bouh

Quartier 6, av 26

Idriss houssein Doualeh

Quartier 7, av Nasser

Mohamed Hassan Dirieh

Quartier 2, av 13

Omar Issa Doualeh

Balbala Cheick Moussa

Ratilal Rambai

Quartier 4, rue des Issas

Said Affasseh Ismael

Balbala Cheick Moussa

c) Photographe indépendant

Par définition, il n'a pas de local de type studio et il se déplace fréquemment pour faire de la prise de vue sur place chez le client. Il est parfois directement en relation avec un labo pour le tirage de ses photos. C'est l'artisan du secteur informel, qui touche une clientèle populaire localisée dans sa zone d'intervention. Certains sont aussi cameramen, la vidéo est en effet de plus en plus demandée pour couvrir les événements (mariages, manifestations sportives, par exemple).

2. Les prix

Voici la listes des différents produits et services, ainsi que les tarifs pratiqués dans les labos et les studios :

 

CATEGORIE

PRODUIT

PRIX (en DJF)

 

Avec tirage

400

DÉVELOPPEMENT FILM

Sans tirage

700 à 1 000

 

Diapos

1 000

 

 

 

 

10 x 15

75 à 100

 

Retirage 10x15

75 à 130

 

13 x 18

500 à 900

TIRAGE FORMAT

18 x 24

1 500

 

20 x 30

1 700

 

30 x 40

2 500 à 2 700

 

40 x 70

3 500

 

40 x 70

3 700

 

50 x 70

4 000

 

 

 

 

Carte postale

150

EDITION

Poster sous verre

1 500

 

Poster seul

500

 

 

 

 

Album photos 24 poses

600

 

Album photos 36 poses

1 000

DIVERS

Film couleur 36 poses

400 à 1 000

 

Caméra jetable sans flash

2 900

 

Caméra jetable avec flash

3 900

 

Appareil sous-marin

4 900

 

Piles

1 950 à 2 700

 

 

 

 

Photo minute

600 à 700

PHOTO D'IDENTITÉ

6 photos ordinaire

500

 

4 photos ordinaire

300

 

 

 

 

Photocopie

50

 

Photocopie recto-verso

100

REPRODUCTION

Reproduction carte nationale

600

 

Reproduction permis de conduire

800

 

Reproduction carte étrangère

800

 

 

 

PLASTIFICATION

Format 13 x 24

700

 

Format 6 x 9

300

3. La concurrence

a) Différenciation

- Les entreprises de photo essaient de s’améliorer sur le plan technique afin de pouvoir faire face aux exigences de la clientèle. La concurrence est vive mais elle porte peu sur les prix qui sont à peu près identiques partout et le système de promotion est généralisé : développement et tirage de 36 poses = 1 petit album, si 2 tirages = 1 pellicule en plus.

- La différence entre chaque studio ou labo tient au magasin, son agencement et sa décoration, qui doivent inspirer confiance, professionnalisme et à la qualité de l'accueil.

- Les studios et labos rivalisent aussi en offrant des services annexes à leur service de base comme la vente de matériels, de pellicules, d'albums, de cartes postales, la photocopie, la plastification de papiers d'identité...

b) Nouvelles tendances

- L'équipement progressif des particuliers en appareils photographiques diminue les besoins en intervention d'un photographe professionnel, il crée même des concurrents amateurs. Par contre, le marché se développe quant au tirage des photos.

- Après les automates bancaires, les cabines automatiques de photo pourraient faire leur apparition à Djibouti. Installées dans les lieux publics, elles accapareraient une partie de la clientèle des studios.

- Enfin, il existe de constantes innovations dans ce qu'on appelle les nouvelles technologies et qui pourraient à terme bouleverser sur la profession : outre le scanner, il s'agit surtout de la photo numérique : numérisation des photos, chargement immédiat sur micro-ordinateur, tirage sur imprimante, système de consultation et d'impression à distance...

III. LES MOYENS DE PRODUCTION

A) Ressources humaines

1. Types de postes

On peut distinguer les personnels de gestion et les techniciens  :

2. Recrutement

La formation du personnel chargé du fonctionnement, comme de l'entretien de la machine est déterminante. Il faut respecter les consignes des fabricants, éviter de réaliser des économies (par exemple, abuser des bains à durée de vie trop longue, mal régénérés), préjudiciables à la qualité des photos. Il faut corriger certaines photos (sous exposées ou sur exposées, par exemple).

B) Équipements

- Local : Il comporte une pièce avec une toile de fond, un espace pour les machines, un comptoir, un réfrigérateur pour stocker les pellicules. Il est nécessaire d'avoir un groupe électrogène pour ne pas être arrêté en cas de coupure.

- Machines de développement, matériels de prise de vue.

Un minilab complet coûte: de 12 à 16 millions DJF :

- tireuse : 7,5 à 9 millions DJF

- développeuse : 5 à 6,5 millions DJF

Il existe en Europe un marché de l'occasion qui est accessible, par contre l'usage du crédit-bail n'est pas possible. Les matériels des entreprises djiboutiennes sont achetés en France ou à Dubai.

IV. EXPLOITATION

A) Chiffres d’affaires

- Pour rentabiliser un laboratoire, vu le coût élevé des matériels, les professionnels estiment qu'il faut tirer et développer environ 7500 films par an, soit 25 films par jour ouvrable. Les entreprises de la place reçoivent de 20 à 35 clients par jour, la rentabilité est assurée à 20 % par la vente de produits accessoires.

- Les prix de vente sont en général fixés en fonction du marché et de la concurrence ; certains préfèrent appliquer la structure des prix en France multipliés par un coefficient (1,3).

B) Charges

Les principaux postes de charges sont les suivants :

 

- Les achats matières consommables : papiers, produits chimiques...

- Les frais généraux : location, électricité pour les machines, eau, carburant éventuellement pour le groupe électrogène, entretien des machines, patente, publicité...

- Les charges de personnel : salaires et charges d'OPS.

Ces trois postes représentent chacun environ un tiers des charges totales (hors amortissement).

V. REGLEMENTATION

A) Normes commerciales

- Responsabilité : Le client confie au photographe des films ou négatifs, que ce dernier doit donc restituer après traitement. Si le film est perdu ou abîmé par le commerçant, le dédommagement pour le client est un nouveau film avec tirage et développement gratuit ; mais il n'y a pas de règle précise, plutôt une négociation de gré à gré.

- Respect de la vie privée : le consommateur peut se défendre contre certains usages abusifs des photos qu'il a confiées (montages, exploitation commerciale...).

B) Fiscalité

1. TIC : Le matériel photo est taxé à 40 % en matière de taxe intérieure de consommation (TIC) ; la douane ne fait pas de distinction entre le caractère professionnel ou amateur du matériel importé.

2. Patente : L'administration fiscale distingue les catégories suivantes :

 

CATEGORIE

CLASSE

DROIT FIXE

DROIT PROPORTIONNEL

Photographe d'art (exploitant un studio de), travaux photographiques (exploitation d'un atelier)

7

120 000

15 % valeur locative

Photographe

8

70 000

10 % valeur locative

Photographe ambulant

9

30 000

10 % valeur locative

 

VI LE MILIEU PROFESSIONNEL

A) Syndicat

Il n'existe pas d'organisation professionnelle dans ce secteur, qui pourrait promouvoir les activités photographiques, par des expositions, par exemple, ou organiser des approvisionnements en commun d'intrants nécessaires à tous : papier, film, produits... auprès de centrales d'achat.

A défaut, on peut se connecter sur le Guide internet des photographes et de la photographie : http://www.itisphoto.com/ . On y trouve de nombreuses adresses de studios, de fournisseurs, d'agences, d'écoles, de clubs, de galeries et des petites annonces.

B) Formation

A Djibouti, l'apprentissage se fait principalement sur le tas. La photographie est pourtant un métier et il existe des formations à plusieurs niveaux qui peuvent se préparer en dehors du système scolaire:

- le CAP de photographe est la formation de base de l'ouvrier photographe, il prépare à la prise de vue, aux travaux de laboratoire...,

Erreur! Source du renvoi introuvable.- le baccalauréat professionnel artisanat et métiers d'art, option photographie.

Pour plus d'information, on peut consulter les carnets du CIDJ : Les métiers de la photographie, CIDJ, 101, quai Branly, 75740 Paris Cedex 15, tél. 01.44.49.12.00.

http://www.cidj.fr ou les cahiers d'Avenirs ONISEP sur l'image et le son, ONISEP, 75635 Paris Cedex 13, tél. 01.64.80.35.00, http://www.onisep.fr.

C) Bibliographie

- Guide pratique : CECOD, mini-laboratoire de photographie, collection mini-guide

- Annuaire : Annuaire de la photographie DIXIT (tél.01.46.22.52.52).

- Revues : Le photographe (tél.01.41.86.16.00), Phot'argus (tél.01.42.27.25.44), Vente photo-vidéo (tél.01.53.80.80.00)...

CONCLUSION

Outre à rappeler les facteurs-clés de succès dans la profession : rapidité, prix, accueil et fiabilité (qualité des tirages), on peut faire les suggestions suivantes :

En ce qui concerne les petits studios et les photographes indépendants qui doivent travailler sur une zone de chalandise, voire avec certaines communautés, le centre-ville commercial est saturé, alors que les quartiers offrent des opportunités.

Outre les services annexes décrits plus hauts et offerts par tous à Djibouti, il faut être innovant, par exemple :

- Avoir une activité d'édition, comme Photo Express ou la librairie Couleur Locale pour qui la photo est un produit de diversification : livre de photo touristique, posters, cartes postales, cartes de voeux...

- Avoir une activité de production et entrer en contact avec les agences de presse photo : Gamma, Sygma 1 et 2 (les deux premières agences mondiales), Sipa, , Magnum, AFP Photos, Associated press, Cosmos et de nombreuses agences spécialisées (animaux, arts, économie, histoire, mer...)... sans oublier l'agence diiboutienne de presse.

- Se lancer dans la vidéo : Elle est complémentaire de la photo pour les fêtes (anniversaire, mariages). Outre les particuliers, d'autres clientèles existent : les entreprises (publicité), les institutionnels, le secteur associatif...

- Se faire connaître : faire de la publicité (presse, prospectus...), mais aussi organiser une exposition, créer un site web, lancer un concours...

- Se rapprocher des consommateurs : comme Photo Express avec la supérette Bambis située route de l'aéroport, s'associer pour créer des points de ramassage des pellicules (tirage en 24 heures).

 

Cette étude a été réalisée avec la collaboration de

Chada Soliman Saleh, Mirvat Amin Ali et Nadine Ahmed Mohamed

et le financement du Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France