Résumé
La situation démographique du pays est assez complexe et évolutive, avec un taux de croissance estimé à 6% environ, ce qui correspond à un doublement de la population tous les 12 ans. Cette croissance très rapide ne proviendrait que pour moitié de l’accroissement naturel de la population (naissances moins décès), l’autre moitié étant générée par un solde migratoire largement positif. Djibouti reste en effet, avec le niveau de vie le plus élevé de la Corne de l’Afrique, la destination principale de flux migratoires traditionnellement importants dans la sous-région et amplifiés dans les années 90 par des situations de guerre dans les pays voisins (Somalie, Ethiopie et Erythrée). Ce solde migratoire élevé est également favorisé par la perméabilité des frontières et la continuité ethnique, linguistique et culturelle avec les pays voisins.
L’exode rural et la sédentarisation des nomades djiboutiens d’une part, l’immigration étrangère d’autre part, ont conduit à une hypertrophie de la capitale, qui concentre aujourd’hui les deux tiers d’une population totale estimée entre 650.000 et 800.000 personnes.
L’indice de développement humain (IDH) du PNUD est de 0,412 pour 1999, ce qui classe Djibouti au 157ème rang mondial sur 173 pays classés. Les valeurs retenues par le PNUD pour les composantes de l’indice sont les suivantes :
Espérance de vie à la naissance : 50,4 années
Taux d’alphabétisation des adultes : 48,3%
Taux brut de scolarisation (tous niveaux) : 21%
PIB réel par habitant : 1266 ppa (parités de pouvoir d’achat)
Sources, disponibilité et qualité des données
ii.1. Sources :
Etat de la population mondiale
Rapport National sur la Population
Enquête Démographique Intercensitaire (Bcr - Dinas, 1991)
Mid-term Review
Rapport de l'Enquête Djiboutienne Auprès des Ménages (Edam) – Indicateurs Sociaux (Banque Mondiale - Dinas, 1996)
Enquête Démographique Intercensitaire (Bcr - Dinas, 1991)
"Maternité sans risques" - Ministère de la Santé
Rapport Mondial sur le Développement Humain (PNUD, 1999)
ii.2. Disponibilité et qualité des données
Le 1er Recensement Général de la Population a eu lieu en 1983 (RGP-83). Seuls quelques résultats partiels ont été publiés, la qualité de l’opération ayant été jugée médiocre. Une Enquête Démographique Intercensitaire (EDI-91) a été réalisée en 1991 mais, là encore, les résultats étaient peu fiables et n’ont été diffusés qu’avec parcimonie. Quant au 2e Recensement Général, initialement prévu pour 2000, il accuse un retard important : la collecte ne pourra pas être réalisée avant plusieurs années, faute de moyens financiers et humains.
Les seules informations disponibles sur la situation démographique actuelle de Djibouti sont donc le résultat de projections et d’estimations, toujours imprécises et parfois incohérentes entre elles.
Mêmes les données fournies par l'Etat civil (source Direction de la Population) sont disponibles partiellement et présentent des incohérences en ce qui concerne les naissances déclarées dans le district de Djibouti pour l'année 1998. Par ailleurs, la baisse des naissances enregistrée à partir de 1996 est certainement due à une défaillance du système de suivi.
Perspectives
iii.1. Programme d'enquêtes statistiques
Face à cette pénurie d’informations socio-démographiques préjudiciable à toutes politiques en matière de population, la Direction Nationale de la Statistique se propose de produire dans un premier temps (2000-2001) une base de sondage nationale – qui serait complétée ensuite par un échantillon-maître –, dans le cadre d’un projet spécifique préalable aux enquêtes statistiques prévues. Il s'agit entre autres :
L’enquête PAPFAM qui s’inscrit dans un programme régional d’enquêtes concernant la situation démographique et sanitaire, sur un financement de la Ligue Arabe.
L'enquête EDAM2 sur les indicateurs sociaux (EDAM2-IS) et sur le Budget Consommation des ménages (EDAM2-BC), sur financement de la Banque mondiale.
iii.2. Renforcement de la coordination
Ce projet aurait également le mérite de constituer la première traduction dans les faits de ce qui est unanimement considéré comme une nécessité vitale pour le système statistique djiboutien : la collaboration concrète et la coordination effective entre les nombreuses entités intervenant dans le domaine de la production d’informations statistiques socio-démographiques.
La Dinas se propose en effet d’engager une véritable concertation technique avec l’ensemble de ses partenaires, qu’il s’agisse de départements ministériels (Population, Éducation, Santé, Promotion de la Femme, …), de structures spécialisées (BCR, ISERST) ou des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux.