Historique
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Le
NEPAD (dont la traduction en anglais du sigle signifie New
Partnership for AfricaUs Development),
Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique,
a pris une assise officielle en juillet 2001 lors du Sommet
du G8 à Gênes en Italie où les quatre Chefs
d’Etat africains mandatés pour négocier
par le Sommet de l’OUA de Lusaka (OBASANJO du Nigéria,
MBEKI de l’Afrique du Sud, BOUTEFLIKA de
l’Algérie, WADE du Sénégal)
présentèrent le nouveau plan de l’Afrique.
L’idée
d’un plan de développement pour l’Afrique
a commencé à germer au cours de l’année
2001 lorsque, prenant conscience de l’énorme retard
de l’Afrique et de la situation désastreuse de
ses populations, le Président sud-africain Thabo MBEKI
a lancé le projet de la Renaissance Africaine
comme devant être le souffle nouveau de l’Afrique
à l’entrée du 21ème siècle.
Sur le même élan, les présidents nigérians
(OBASANJO) et algérien (BOUTEFLIKA) initièrent
le Millénium African Plan (MAP). De son côté,
le Président sénégalais (WADE) proposait
le Plan OMEGA.
Après
de nombreuses réunions de travail d’experts, la
fusion des deux plans fut réalisée pour donner
naissance à la Nouvelle Initiative
Africaine, rebaptisée (en juillet 2001) Nouveau
Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).
Le quatuor présidentiel n’a pas ménagé
ses efforts pour ensuite sensibiliser les principaux acteurs
de la communauté internationale sur cette nouvelle initiative
africaine.
La Conférence des Chefs d'Etat de
Dakar du 15 au 17 avril 2002 a été
une des plus importantes manifestations, en attendant le
Sommet du G8 d'Ottawa (Canada) en juin prochain où
il sera largement question de la mise en œuvre du NEPAD
et des ressources nécessaires.
PRESENTATION
ET OBJECTIFS DU NEPAD
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L’objectif
affiché du NEPAD est de combler le retard qui sépare
l’Afrique des pays développés, partant du
constat que le continent noir a été marginalisé
par l’évolution historique (moins de 1% de l’investissement
mondial, 1.7% du commerce international) et offre l’image
désolante du continent le plus en retard et le plus pauvre
sur le plan du développement économique et social.
La
principale revendication formulée par le NEPAD est que
les pays développés devront réaliser des
investissements massifs en Afrique sur la base de mécanismes
de coopération non encore arrêtés mais en
évitant le choix binaire « aide/crédit »
dont les conséquences sur le développement des
pays africains ont été désastreuses. L’objectif
n’est donc pas de susciter la compassion des pays développés
mais plutôt de nouer un véritable partenariat entre
l’Afrique et la communauté internationale, étant
entendu que l’interdépendance entre les économies
est une réalité intangible et le continent africain
a beaucoup à apporter dans ce vaste courant d’échanges.
Le
NEPAD se veut une vision à long terme du programme de
développement de l’Afrique par les africains eux-mêmes.
L’objectif du NEPAD est d’imprimer un nouvel élan
au développement du continent en comblant l’écart
actuel dans les secteurs prioritaires, afin de lui permettre
de rattraper son retard par rapport aux régions développées
du monde.
Cette
vision à long terme nécessite des investissements
massifs et importants et le défi à relever consiste
à mobiliser les ressources nécessaires dans les
meilleures conditions possibles.
Les dix secteurs prioritaires
retenus par le NEPAD sont les suivants :
Ø La bonne gouvernance
politique qui doit se traduire
par des élections multipartites, le respect des droits
de l’homme, la transparence dans la gestion du patrimoine
public et la lutte contre la corruption.
Ø La bonne gouvernance économique concrétisée
par une justice indépendante dans les différends
avec les investisseurs, la gestion transparente des sociétés
privées.
Ø Les infrastructures (routes, chemins de
fer, ports et aéroports) dont les coûts pèsent
sur la compétitivité des produits africains
exportés.
Ø Léducation dans la mesure où
la valorisation des ressources humaines est un facteur important
de la croissance économique.
Ø La santé qui constitue un défi
permanent pour l’Afrique, à cause des indicateurs
de santé alarmants (taux de mortalité due aux
maladies endémiques).
Ø Les Nouvelles Technologies
de l’Information (NTIC) permettent de faciliter
les échanges de biens et services entre les peuples
de la planète et produisent des services générateurs
de revenus élevés.
Ø L’agriculture devra permettre à
l’Afrique d’accroître sa part dans le commerce
international et d’assurer son autosuffisance alimentaire.
Ø L’énergie, de par sa place dans
les facteurs de production, a un impact direct sur la compétitivité
des économies africaines.
Ø L’accès
aux marchés des pays développés
est une condition pour augmenter la part de l’Afrique
dans le commerce international.
Ø L’environnement est une préoccupation
permanente des pays africains en raison des menaces sérieuses
qui pèsent sur la vie des populations.
Le
NEPAD est articulé en une double stratégie :
l’option centrale de la région et le
secteur privé.
En effet, le NEPAD considère que l’Afrique ne peut
s’en sortir que par la promotion de l’espace régional
qui offre un plus grand marché à nos industries
et de plus grandes possibilités pour les investissements
étrangers. Les projets seront donc intra-régionaux,
trans-régionaux et continentaux. Le NEPAD a divisé
le continent en 5 régions (Nord, Ouest, Centre, Est et
Océan Indien, Sud).
Le NEPAD, c’est une première, fait appel au secteur
privé comme étant le cœur de la croissance
économique du continent car le seul en mesure d’apporter
à l’Afrique les énormes capitaux dont elle
a besoin. Le NEPAD encourage donc le développement d’un
secteur privé africain autonome, ou associé au
secteur privé étranger sous forme de « joint
ventures ».
La nouveauté du NEPAD n’est pas dans son contenu
et du diagnostic qui en est fait sur la situation économique
et sociale du continent africain, mais plutôt dans l’approche
adoptée en matière de propositions de solutions
pour le redressement et le décollage économique
de l’Afrique. Le ton n’est plus à l’assistanat
(dons/crédits) mais à de véritables relations
de partenariat entre les pays africains et la communauté
internationale. Et cette stratégie de partenariat sera
basée sur une approche régionale et sur le rôle
fondamental du secteur privé.
De surcroît, cette initiative est purement
africaine et cela est un gage de réussite dans la mesure
où l’aspect appropriation des stratégies
par les populations africaines est pris en considération.
La prise en main par les africains de leur destin constitue
en soi une nouvelle ère dans la renaissance du continent.
DECRET
COMITE NEPAD 2005